La ville-nature
Plan du site
Voir le texte intégral
Crédits
Accueil - Voir l'animation![]()
Bâtir avec la nature
L’érosion de la biodiversité a quatre causes principales : l’artificialisation des sols, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique et l’introduction d’espèces invasives. Le secteur du BTP y contribue largement, à travers l’emprise de l’immobilier sur le territoire, l’exploitation des matières premières nécessaires à la construction, le chauffage et la climatisation des bâtiments et l’introduction de végétaux exotiques pour l’ornement des jardins et des balcons.
Pour fabriquer du béton, par exemple, on exploite des carrières de craie au sein de reliefs dits " karstiques", milieux naturels riches en espèces endémiques. Parfois, les matériaux utilisés sont directement issus d’espèces surexploitées. C’est le cas, par exemple, de certaines essences de bois exotique.
Il existe aujourd’hui des bâtiments "positifs en énergie", qui produisent plus de chaleur et d’électricité qu’ils n’en consomment. Mais que serait un bâtiment "positif en biodiversité"? D’abord, il exclurait toute pollution, dès la phase d’extraction des matériaux, et y compris durant le chantier. La priorité serait, en outre, donnée aux matières produites localement et aux matériaux bénéficiant d’un étiquetage garantissant une exploitation neutre, voire positive pour la biodiversité. De tels "labels" existent déjà pour le bois.
Sur le site même tous les espaces disponibles pour servir de refuge aux espèces sauvages pourraient être exploités : murs végétaux, toitures végétalisées, balcons fleuris, jardins… Des villes comme Berlin prennent même en compte le rôle écologique des végétaux utilisés, ainsi que leur impact sur l’environnement urbain. En effet, du traitement des eaux usées d’un immeuble par "phytoépuration", à l’amélioration de la gestion des eaux pluviales grâce aux toitures végétalisées, la biodiversité peut aider à minimiser l’impact du bâtiment sur l’environnement.
En France, la certification HQE (haute qualité environnementale) est la plus connue. Celle-ci n’est abordée qu’à travers sa première exigence, intitulée « relations harmonieuses du bâtiment avec son environnement immédiat ». Moins connu en France, le label écologique britannique BREEAM, l’un des plus employés dans le monde, pose des contraintes claires en matière de biodiversité et impose des contrôles par un écologue indépendant.
Dans le cadre de l'initiative des Nations Unies pour la construction durable et le climat, une réflexion a été initiée pour unifier les labels du bâtiment existants dans le monde, autour d’impacts environnementaux significatifs. On peut penser que la préservation des espèces en fera partie ! Quant au phénomène d’étalement urbain et d’artificialisation croissante des terres, la question est entre les mains des politiques et des urbanistes.
Source
Rodolphe Deborre, directeur associé chez BeCitizen, cabinet de conseil en finances et stratégie de l’environnement, responsable du module Biodiversité du Mastère Construction et Habitat durable de l’ENSAM/ESTP.