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Ville et biodiversité

Quand les toits fleurissent


Un parterre de plantes, c’est plus plaisant à regarder que de la toile bitumée ou du gravier. "Mais les toitures végétalisées ne se contentent pas d’être belles, elles ont aussi un intérêt environnemental", insiste Raphaël Lamé, directeur chez Le Prieuré, entreprise d’horticulture spécialisée, et responsable de la commission technique de l’Adivet, une association de professionnels du secteur".
D’abord, elles sont capables de stocker 40 à 60 % des eaux pluviales d’une ville: une partie est utilisée par les plantes tandis que l’autre est évaporée. » A contrario, l’eau qui ruisselle sur les surfaces imperméables se charge en métaux lourds, hydrocarbures et autres déjections canines avant de gagner le réseau où elle sera, éventuellement, dépolluée. "Leur intérêt environnemental réside aussi dans le fait que le trop-plein d’eau s’écoule avec un certain délai, "étalant" ainsi la charge du réseau.
Les toitures végétalisées permettent ainsi de lutter, en cas d’orage violent par exemple, contre les débordements des stations d’épuration, sources de pollutions.» Selon des études préliminaires, réalisées par le Centre Scientifique et Technique du Bâtimenten partenariat avec l’Adivet, elles auraient également un "effet climatiseur". Pendant un pic de chaleur, la température du dernier étage du bâtiment serait abaissée de 1 à 3 °C par rapport à une toiture terrasse non végétalisée. "Certains constructeurs ont également mesuré un effet d’isolation phonique, reprend Raphaël Lamé, avec un volume sonore diminué de 2 à 5 décibels."

Sedum, thym, œillets, lavande, iris… Les végétaux employés sont généralement non exotiques. Les toitures sont ensuite colonisées par une flore et une faune spontanée. Des inventaires réalisés en Suisse, Allemagne, Angleterre ou au Canada montrent ainsi l’impact positif des toitures végétalisées sur la biodiversité urbaine. "Elles constituent un refuge pour des dizaines d’espèces d’invertébrés, rapporte Tanegmart Redjala-Ounnas, ingénieur Recherche et Développement chez Le Prieuré. En Suisse, des oiseaux comme le petit gravelot, le vanneau huppé ou l’alouette des champs, dont l’habitat est menacé, y font même leur nid!"

CNRS    sagascience