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Ville et biodiversité



Idées reçues sur la densité


Contre l’étalement des villes qui dévore les zones naturelles et les terres agricoles, contre le développement de l’habitat individuel gros consommateur d’espace, contre l’augmentation de la circulation automobile qui en résulte, un seul remède: il faut densifier la ville. "Mais cette idée suscite des réactions négatives dans le public", souligne Eric Charmes, maître de conférences à l’Institut français d’urbanisme.

Les citoyens ont peut-être une vision erronée de la densité d’un quartier (1). En effet, contrairement aux idées reçues, les tours d’habitation des "grands ensembles" de banlieue, entourées de vastes espaces non bâtis, ne sont pas plus denses que le centre d’un village. Et ces deux types d’habitat sont quatre fois moins denses qu’un bloc d’immeubles haussmanniens du centre de Paris! "Notre capitale fait d’ailleurs partie des villes les plus denses du monde, souligne Eric Charmes. A part quelques métropoles du Sud, en Inde ou en Chine, seule New York peut rivaliser avec elle."

« La densité n’est donc pas synonyme de détresse sociale", reprend-il. « A Paris, ceux qui en ont les moyens payent cher le droit d’habiter dans un environnement très dense. C’est l’attraction exercée par le centre-ville, où il y a des services, des équipements culturels, des transports en commun… qui explique que sa densité soit acceptée, voire recherchée. Evidemment, les citadins n’ont pas envie de promiscuité si le contexte n’est pas attirant!"

Des réserves, cependant, ont été émises quant aux vertus de la densité urbaine sur l’environnement. Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l’institut d’urbanisme de la ville de Paris, pointe ainsi "l’effet barbecue", ou "mobilité de compensation", qui pousse les habitants à quitter les centres-villes lorsque arrive le week-end. "A revenus égaux, ils auraient plus tendance que ceux de la périphérie à partir loin, en utilisant des modes de transport gourmands en énergie, comme l’avion. Une étude norvégienne suggère d’ailleurs qu’un habitat intermédiaire, du type "pavillonnaire dense", serait le meilleur compromis", conclut Eric Charmes.

1 - Nombre de mètres carrés habitables rapporté à la superficie totale du quartier.

CNRS    sagascience