La ville-nature



Plan du site
Voir le texte intégral
Crédits

Accueil - Voir l'animation

Ville et biodiversité

Une alliée naturelle



On prévoit, d’ici 2050, une dégradation accrue de la plupart des services que les hommes tirent des écosystèmes. Parmi les responsables de cette situation, l’urbanisation galopante figure en bonne place. Pourtant, les citadins bénéficient très concrètement de la nature. Agriculture, épuration des eaux, espaces verts récréatifs, sont des exemples quotidiens des services écologiques rendus par la biodiversité.

Ainsi, certaines espèces "sentinelles" servent d’indicateurs de la qualité de l’environnement. Dans les années soixante-dix, des corrélations ont été établies entre l’intensité de pollution par le dioxyde de soufre et le nombre d’espèces présentes dans les peuplements de lichens. L’abeille mellifère est également emblématique. En ville, elle pollinise les plantes et produit généralement plus de miel qu’à la campagne, deux services non négligeables. Elément moins connu : l’analyse du miel ou du pollen récolté indique si l’environnement butiné est contaminé par divers polluants, tels les hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Encore mieux, la biodiversité traite l’air, l’eau et les déchets de nos villes! A la fin des années quatre-vingt dix, New York a choisi d’investir massivement dans la restauration de zones humides qui purifient naturellement les eaux approvisionnant la "grosse pomme". En France, des plantes sont testées en sortie de station d’épuration au sein de milieux humides pour éliminer plusieurs polluants comme les pesticides et les résidus médicamenteux. Et certaines espèces s’invitent même à domicile. Ainsi, les vers de terre transforment les déchets ménagers en compost; par ailleurs, ces lombriciens sont testés pour dégrader la matière organique présente dans les eaux urbaines usées. Quant à la qualité de l’air, certains conifères l’améliorent en captant les particules fines nocives émises par les pots d’échappement. Enfin, la pollution sonore n’est pas oubliée avec le développement d’écrans végétaux anti-bruit.

Mais la biodiversité offre bien d’autres services aux citadins. Selon certaines études, une augmentation des surfaces végétalisées peut réduire sensiblement les ilots de chaleur urbains. Les espaces naturels ou "renaturés" peuvent également limiter les dégâts en cas de crues. A Paris, le bois de Boulogne et le parc André Citroën permettraient par exemple de stocker les débordements de la Seine. Et en amont de la capitale, les zones humides protègent directement la ville en participant à la régulation du régime des eaux. La végétation réduit aussi le phénomène d’érosion et les risques de glissement de terrain. Enfin, selon certaines estimations, 800 millions de personnes dépendent de l'agriculture urbaine et périurbaine à travers le monde.

Plus largement, la biodiversité contribue au bien-être et à la santé des citadins. Outre leur aspect esthétique, récréatif et apaisant, les parcs, squares et jardins constituent des lieux d’échanges, d’apprentissage et de lien social.

CNRS    sagascience