La ville-nature
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La face cachée de la biodiversité
La biodiversité présente bien des vertus pour les citadins. Toutefois, plusieurs espèces évoluant en milieu urbain peuvent nuire à la santé humaine. Deux exemples emblématiques l’ont récemment rappelé : le virus de la grippe aviaire transmis par des oiseaux, et celui du chikungunya véhiculé par des moustiques du genre Aedes. Mais au-delà de ces cas fortement médiatisés, d’autres animaux sont vecteurs de maladies en ville.
Ainsi en est-il des pigeons qui peuvent transmettre certains germes à l’homme, à l’origine de diverses pathologies : salmonellose, chlamydiose, toxoplasmose, ornithose ou bien encore des mycoses profondes comme la cryptococcose. Une thématique sur laquelle se penchent plusieurs scientifiques impliqués dans le programme de recherche « Le pigeon en ville - Écologie de la réconciliation » auquel participe le laboratoire Ecologie, systématique et évolution. Enfin, leurs sites de nidification peuvent regorger de parasites (tiques, acariens, punaises, puces) provoquant des réactions allergiques.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, des personnes directement infectées par contact avec des oiseaux urbains, ou leurs habitats, ont été recensées pour sept maladies différentes. Toutefois, les oiseaux ne sont pas les seuls responsables! Ainsi, plusieurs études ont démontré une relation claire entre une exposition domestique croissante aux allergènes véhiculés par les cafards, les souris et les acariens, et un risque accru d’asthme grave. Encore plus inquiétant, les puces de certains rongeurs transmettent parfois le typhus murin. Pouvant être infectés par un large éventail de parasites et d’agents pathogènes, les rats (Rattus norvegicus, Rattus rattus) et la souris Mus musculus représentent aussi une menace pour les personnes à la santé fragile.
Quant aux nouveaux animaux de compagnie, objets d’un engouement croissant, ils peuvent être porteurs de zoonoses virales, bactériennes ou parasitaires. Ainsi, certains rongeurs sauvages sont susceptibles de transmettre la peste, des reptiles la salmonellose, certains oiseaux la tuberculose, les macaques d’Asie l’herpèsvirose B, d’autres primates la rage... Du côté des végétaux, leur pollen entraine parfois des manifestations allergiques (rhinite, conjonctivite, asthme) tel celui de l’ambroisie, de diverses graminées, du cyprès, du bouleau… Un problème de santé qui concernerait surtout les citadins à l’organisme plus sensible que celui des ruraux dont l’environnement direct stimule davantage le système immunitaire.
En outre, la pollution rend plus sensible aux allergies et stresse les plantes qui, en réaction, pollinisent davantage. Dans les prochaines décennies, il est à craindre que le changement climatique ne provoque l’apparition de nouvelles pathologies infectieuses et parasitaires par l’arrivée en France d’espèces tropicales vectrices de maladies.