La ville-nature


Plan du site
Voir le texte intégral
Crédits

Accueil - Voir l'animation complète

Ville et biodiversité

Un anti-stress naturel

La présence de nature en milieu urbain joue-t-elle sur la santé des citadins? Une question sur laquelle se penchent les scientifiques depuis plusieurs années. En la matière, une des études pionnières fut publiée en 1984 dans la très prestigieuse revue Science. Le chercheur américain Roger Ulrich y démontrait que des patients ayant subi une opération chirurgicale de la vésicule biliaire récupéraient mieux lorsqu’ils occupaient une chambre d’hôpital avec vue sur un paysage naturel, plutôt que sur un mur de briques ! Les premiers avaient besoin de moins d’antidouleurs que les seconds, et ils pouvaient quitter l’hôpital un jour plus tôt en moyenne (1).
Depuis, les preuves scientifiques s’accumulent sur la relation positive entre bien-être, santé et espaces verts. Dans son ouvrage Une écologie du bonheur (2), Eric Lambin, enseignant les interactions entre l’homme et son environnement à l’Université catholique de Louvain et de Stanford, indique que, selon certaines études, la proximité ou la simple vue de la nature augmente le bien-être sur le lieu de travail. Ainsi, parmi les personnes qui ont un métier sédentaire, celles qui disposent d’une fenêtre avec vue sur un parking, une rue ou d’autres bâtiments souffrent plus fréquemment de maux de tête que celles dont la fenêtre donne sur des arbres, des buissons ou des fleurs !
D’autres travaux montrent que les résidents de quartiers urbains dont le cadre de vie est délabré et dépourvu de végétation naturelle, semblent plus fréquemment souffrir de symptômes de stress chronique et de problèmes de santé. A l’opposé, deux études épidémiologiques menées au Pays-Bas révèlent que les habitants des quartiers pourvus d’espaces verts abondants déclarent en moyenne moins de problèmes de santé (3),(4). Au Japon, deux autres indiquent aussi que les usagers d’espaces verts urbains ont une longévité accrue (5),(6).
Enfin, de nombreux travaux démontrent qu’un contact avec la nature est une manière efficace de récupérer face à la fatigue mentale générée par la vie moderne et son rythme frénétique.

1 - R.S. Ulrich, Science, 224, 420, 1984.
2 - “Une écologie du bonheur”, Eric Lambin, Editions Le Pommier, 2009.
3 - S. De Vries, et al. , Environment and Planning A, 35, 1717, 2003.
4 - J. Maas et al., Journal of Epidemiology and Community Health, 60, 587, 2006.
5 - T. Takano et al., Journal of Epidemiology and Community Health, 56, 913, 2002. 6 - A. Tanaka et al., Urban studies, 33, 879, 1996.

CNRS    sagascience