Sonde tribo-acoustique pour cheveux

 


En matière de coiffure, la tendance actuelle des femmes est aux cheveux doux, lisses et brillants. Pour mettre en forme les cheveux, les techniques utilisées peuvent être de deux types : chimique ou mécano-thermique. 

L’utilisation de produits chimiques a pour action de modifier l’architecture protéique de la kératine du cheveu en cassant les liaisons chimiques qui assurent l’élasticité du cheveu. Celui-ci devient déformable, il est alors possible de l’étirer pour lui donner un aspect cheveux lisses.

Le lissage des cheveux obtenu par action mécano-thermique associe les actions combinées de la température et de la déformation mécanique des cheveux. Les appareils utilisés, appelés “ fers à défriser ” ou “ crimpers ”, ont une forme de pince composée de deux plaques chauffantes entre lesquelles les mèches de cheveux sont insérées puis étirées. La température des plaques peut varier de 100 à plus de 200°C.

Un bon moyen pour évaluer le lissage, consiste à mesurer la rugosité de la cuticule des cheveux. Celle-ci est formée d’écailles empilées comme les tuiles d’un toit.  La mesure du relief des écailles est alors réalisée par un puissant microscope optique, appelé rugosimètre interférométrique, qui permet de mesurer des détails de quelques nanomètres. Associé à des outils de calcul, tels que les ondelettes, il est alors possible de suivre précisément les modifications des écailles du cheveu au cours d’un processus d’évaluation de systèmes coiffants.

Elément esthétique très important dans la perception d’une belle chevelure, la brillance est une grandeur physique mal définie, qui met en jeu un ensemble de phénomènes physiques de grande complexité.
Pour mesurer la brillance des cheveux, les chercheurs procèdent par analogie avec la diffusion de la lumière sur une surface. À partir de l’image du relief de la rugosité des cheveux, un outil mathématique simule l’impact d’un faisceau lumineux. En fonction de l’aspect du relief des écailles, la lumière sera plus ou moins réfléchie, ce qui permet de définir un paramètre de brillance.

Pour apprécier la douceur de nos cheveux, ou celle de notre peau, notre premier réflexe est de faire un geste de va-et-vient avec la main. En réalisant ce mouvement, nous activons deux de nos cinq sens : le toucher et l’ouïe. Le sens du toucher met en œuvre les nombreux capteurs de nos doigts, les sensations mécaniques dépendent du mode vibratoire lors du toucher. Ces phénomènes s’accompagnent systématiquement de la génération d’un bruit plus ou moins perceptible par notre oreille, mais dont la signature acoustique est révélatrice de l’état de douceur des cheveux ou de la peau.

L’évaluation sensorielle du toucher est réalisée par des panels d’experts entraînés, dans des protocoles bien définis. Les informations ainsi obtenues répondent à des critères de perception du produit par le consommateur, mais restent évidement subjectives : elles dépendent du facteur humain. Aussi pour objectiver la mesure de la douceur des cheveux ou de la peau, le Laboratoire de tribologie et dynamique des systèmes (LTDS) a développé une sonde tribo-acoustique (Brevet international CNRS, septembre 2005).

 

Roberto Vargiolu, Hassan Zahouani,
Cyril Pailler-Mattei

Laboratoire de Tribologie et Dynamique des Systèmes
Ecole Centrale de Lyon

Pour en savoir plus...

  Mesure de la rugosité et  de la brillance des cheveux

  Mesure de la douceur des cheveux par sonde
tribo-acoustique


 

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