(1) Pouvoir camouflant d'un vernis

 


(2) Effet d'un vernis anti-stries
 
(3) Rayures des vernis

 

 

(4) Trace de frottements sur le vernis 1

 


(5) Trace de frottements sur le vernis 2










 

Utilisés pour des besoins esthétiques, les vernis permettent d’habiller l’ongle de couleurs, de camoufler les défauts ou de modifier ses propriétés mécaniques en le rendant plus dur. On retrouve pour les vernis les mêmes problèmes tribologiques d’usures et d’altérations que ceux rencontrés pour la surface de l’ongle.

Vernis anti-stries

Au cours de sa vie, la surface de l’ongle laisse apparaître des imperfections telles que des lignes et des stries d’abrasion. Ces phénomènes s’intensifient avec l’âge du fait des modifications morphologiques et mécaniques de l’ongle. Les vernis anti-stries ont pour fonction de camoufler ces défauts esthétiques en comblant les creux. L’image (1) schématise le pouvoir camouflant d’un vernis en fonction de la profondeur des stries. L’image (2) montre l’effet avant et après de l’application d’une couche de vernis anti-stries. On observe que les défauts les plus profonds sont encore présents et qu’il est nécessaire de renouveler l’application pour une disparition complète.

Test comparatif de deux vernis à ongle

L'attrait pour l'embellissement et l'expression de la beauté sont des traits naturels du caractère humain, aussi bien pour l'homme que pour la femme. Les vernis à ongle y participent en mettant en beauté les mains des femmes. Les critères esthétiques et les contraintes d’application font qu’aujourd’hui, les vernis doivent être performants tant sur l’aspect que sur leur tenue dans le temps.

Comparons "tribologiquement" deux vernis de couleur rouge présentant les mêmes revendications marketings : résistance aux chocs, comportement élastique. Il s’agit de deux marques différentes fabriquées par un même groupe. Un vernis est dit haut de gamme "vernis 1" et l’autre bas de gamme "vernis 2".

Pour les tests de résistance à l’abrasion, nous utilisons la technique de la sclérométrie qui consiste à réaliser une simulation d’usure par rayage. L’image (3) montre les rayures obtenues sur les vernis 1 et 2. La différence des propriétés mécaniques entre les deux vernis est très nette. Le vernis 1 présente un comportement fragile (exemple le verre) et le vernis 2 un comportement ductile (exemple un polymère). Il faut fournir deux fois plus d’effort pour rayer le vernis 1 par rapport au vernis 2. Ceci montre que le vernis 1 forme une couche plus dure et donc plus résistante aux nombreux contacts abrasifs subis par l’ongle.

Pour les tests d’usure, nous utilisons un tribomètre dont le principe consiste à faire frotter une sphère sur le vernis. Les images (4) et (5) montrent respectivement les traces de frottements obtenues sur les vernis 1 et 2. Des tests réalisés pour 1000 cycles de frottements, soit l’équivalent approximatif de 2 jours de sollicitations d’un ongle, montrent que la détérioration du vernis 2 est 25 fois plus importante que celle du vernis 1.
La sensibilité des vernis à l’abrasion et au frottement joue un rôle important sur l’aspect des vernis. Si celui-ci a tendance à trop se rayer, il va perdre de sa brillance et si la couche qu’il forme sur l’ongle est trop "molle", il laissera apparaître les marques de déformations mécaniques. Alors, les fabriquants de produits cosmétiques ne cessent d’innover pour couvrir l’ongle d’une couche plus dure, plus camouflante, plus brillante.


Hassan Zahouani et Roberto Vargiolu
Laboratoire de Tribologie et Dynamique des Systèmes
Ecole Centrale de Lyon


 

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