| Utilisés
pour des besoins esthétiques, les vernis permettent
d’habiller l’ongle de couleurs, de camoufler les
défauts ou de modifier ses propriétés
mécaniques en le rendant plus dur. On retrouve pour
les vernis les mêmes problèmes tribologiques
d’usures et d’altérations que ceux rencontrés
pour la surface de l’ongle.
Vernis anti-stries
Au cours de sa vie, la surface de l’ongle laisse apparaître
des imperfections telles que des lignes et des stries d’abrasion.
Ces phénomènes s’intensifient avec l’âge
du fait des modifications morphologiques et mécaniques
de l’ongle. Les vernis anti-stries ont pour fonction
de camoufler ces défauts esthétiques en comblant
les creux. L’image (1) schématise
le pouvoir camouflant d’un vernis en fonction de la
profondeur des stries. L’image (2)
montre l’effet avant et après de l’application
d’une couche de vernis anti-stries. On observe que les
défauts les plus profonds sont encore présents
et qu’il est nécessaire de renouveler l’application
pour une disparition complète.
Test
comparatif de deux vernis à ongle
L'attrait pour l'embellissement et l'expression de la beauté
sont des traits naturels du caractère humain, aussi
bien pour l'homme que pour la femme. Les vernis à ongle
y participent en mettant en beauté les mains des femmes.
Les critères esthétiques et les contraintes
d’application font qu’aujourd’hui, les vernis
doivent être performants tant sur l’aspect que
sur leur tenue dans le temps.
Comparons "tribologiquement" deux vernis de
couleur rouge présentant les mêmes revendications
marketings : résistance aux chocs, comportement élastique.
Il s’agit de deux marques différentes fabriquées
par un même groupe. Un vernis est dit haut de gamme
"vernis 1" et l’autre bas de gamme "vernis
2".
Pour les tests de résistance à l’abrasion,
nous utilisons la technique de la sclérométrie
qui consiste à réaliser une simulation d’usure
par rayage. L’image (3) montre les
rayures obtenues sur les vernis 1 et 2. La différence
des propriétés mécaniques entre les deux
vernis est très nette. Le vernis 1 présente
un comportement fragile (exemple le verre) et le vernis 2
un comportement ductile (exemple un polymère). Il faut
fournir deux fois plus d’effort pour rayer le vernis
1 par rapport au vernis 2. Ceci montre que le vernis 1 forme
une couche plus dure et donc plus résistante aux nombreux
contacts abrasifs subis par l’ongle.
Pour les tests d’usure, nous utilisons un tribomètre
dont le principe consiste à faire frotter une sphère
sur le vernis. Les images (4) et (5) montrent
respectivement les traces de frottements obtenues sur les
vernis 1 et 2. Des tests réalisés pour 1000
cycles de frottements, soit l’équivalent approximatif
de 2 jours de sollicitations d’un ongle, montrent que
la détérioration du vernis 2 est 25 fois plus
importante que celle du vernis 1.
La sensibilité des vernis à l’abrasion
et au frottement joue un rôle important sur l’aspect
des vernis. Si celui-ci a tendance à trop se rayer,
il va perdre de sa brillance et si la couche qu’il forme
sur l’ongle est trop "molle", il laissera
apparaître les marques de déformations mécaniques.
Alors, les fabriquants de produits cosmétiques ne cessent
d’innover pour couvrir l’ongle d’une couche
plus dure, plus camouflante, plus brillante.
Hassan
Zahouani et Roberto Vargiolu
Laboratoire de Tribologie et Dynamique des Systèmes
Ecole Centrale de Lyon
|