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La notion de couleur paraît a priori évidente, même un enfant est capable de distinguer le jaune du bleu. Pourtant, le problème n'est pas simple et deux questions fondamentales se posent ; qu'est-ce que la couleur et comment la représenter ? Pour Aristote, la couleur naît d'un mélange de blanc et de noir et pendant des siècles cette idée fausse sera la théorie officielle. Il fallut attendre le XVIIe siècle avec Isaac Newton pour s'apercevoir que la lumière blanche était en fait formé de l'ensemble des rayonnements monochromatiques qui composent l'arc-en-ciel. Et encore cette observation qui nous paraît évidente, sera combattue pendant des décennies par des cerveaux aussi brillants que Goethe. La représentation de la couleur pose aussi un problème délicat. Comment définir une couleur sachant que l'oeil humain est capable d'en discerner plusieurs milliers ! Heureusement, la découverte de la trichromie permet de rationaliser ce problème et de limiter considérablement le nombre de paramètres. Utilisée depuis le début du XVIIIe siècle par des imprimeurs tels que Jacques-Christophe Leblond, la trichromie a reçu sa confirmation avec la mise en évidence, il y a une cinquantaine d'années, des 3 types de cônes qui tapissent la rétine. De nombreux systèmes de référence ont été établis, tels que le diagramme de chromaticité défini en 1931 par la Commission Internationale de l'Éclairage. Ils permettent de définir rigoureusement une couleur à l'aide de 3 paramètres comme la teinte, la saturation et la luminosité. Couleurs physiques et couleurs chimiques
Les chocs élastiques se produisent
lorsqu'il n'y a pas d'échange d'énergie entre le rayonnement
et la matière. Ils donnent naissance à ce que l'on appelle
les "couleurs physiques" qui sont liées à la structure
intime de la matière.
Les chocs inélastiques entraînent
un échange d'énergie entre le rayonnement et la matière.
Ils sont responsables de la plupart des processus de coloration que nous
connaissons et ne se produisent que lorsque l'on a une relation rigoureuse
entre l'énergie que transporte le rayonnement et celle que la matière
est capable d'échanger. Ce processus, lié à la nature
quantique de la matière, met en jeu le mouvement des électrons
au sein du matériau. Il conduit aux trois phénomènes
élémentaires : l'absorption, l'émission spontanée
et l'émission stimulée.
L'utilisation de la couleur remonte aux origines de l'humanité. Depuis la préhistoire jusqu'à nos jours la maîtrise de la couleur a été un souci constant de nos civilisations. Il y a 30 000 ans déjà, l'homme des cavernes utilisait des pigments naturels pour réaliser les fresques qui ornaient les parois des grottes. Au siècle de l'image, la couleur reste toujours un sujet d'actualité. La recherche de nouveaux luminophores pour la réalisation des écrans de visualisation connaît actuellement un développement scientifique et technologique rapide. L'histoire de la couleur est donc intimement liée à celle de l'humanité. L'analyse des peintures rupestres montre ainsi que la diversité des couleurs obtenues avec les ocres naturelles était liée à la maîtrise du feu. Les oxydes de fer passaient progressivement du jaune de la goethite (FeOOH) au rouge de l'hématite (Fe2O3) lorsqu'ils étaient chauffés à plus haute température. L'addition de bois vert dans le foyer engendrait une atmosphère réductrice qui transformait l'oxyde en magnétite noire (Fe3O4). Cette technique a connu son apogée avec les anciens Grecs comme le montrent les superbes vases exposés dans nos musées. Pendant longtemps, l'homme a utilisé des pigments naturels d'origine minérale (bleu du lapis lazuli, cinabre vermillon HgS), animale (pourpre du murex, carmin de cochenille) ou végétale (rouge garance, bleu indigo). La véritable révolution a eu lieu dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec la synthèse de la mauvéine par Henry Perkin en 1856. Là encore, la couleur a joué un rôle fondamental dans l'évolution de la société. En quelques années, l'apparition des colorants de synthèse a ruiné les cultures traditionnelles de garance et d'indigo. Cette nouvelle chimie organique a rapidement dépassé le simple cadre des colorants pour initier des techniques nouvelles telles que la chimiothérapie et conduire au développement de l'industrie chimique européenne. Jacques Livage
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