Variété des couleurs des minéraux

 





 

Les minéraux offrent des couleurs d’une grande variété. Examinons les magnifiques cristaux que l'on trouve à l'état naturel et plus particulièrement les pierres dites précieuses ou fines. Leur nom scientifique est gemmes, et la science des gemmes est la gemmologie. La cause essentielle de la couleur des gemmes est l'absorption de la lumière, mais des causes physiques (diffusion, diffraction, interférences...) peuvent également intervenir.

Considérons d’abord l’absorption de la lumière dont on doit distinguer trois origines :
• la présence d'impuretés sous forme d'ions  isolés ;
• le transfert de charge entre ions ;
• l’existence de défauts dans le cristal.

Les impuretés qui sont responsables de la couleur sont des ions qui absorbent la lumière dans le domaine visible. Ils sont peu nombreux et appartiennent principalement à la famille des métaux de transition : vanadium (V), titane (Ti), chrome (Cr), manganèse (Mn), fer (Fe), cobalt (Co), nickel (Ni), cuivre (Cu). Le plomb et les lanthanides (dont l'ancien nom est terres rares) peuvent également être impliqués. Dans des cas plus rares, l'ion n’est pas métallique : l'ion S32– par exemple est responsable de la couleur bleue de la lazurite, le constituant principal du lapis-lazuli).

Un même ion peut produire des couleurs différentes. En effet, l'absorption, donc la couleur observée, dépend non seulement des caractéristiques de l'ion (nature chimique, charge), mais aussi de son environnement microscopique : nature et nombre d'atomes liés (coordinence), intensité du champ cristallin. À titre d’exemple, l'ion chrome Cr3+ est responsable de la couleur rouge des rubis et des grenats, mais aussi et de la couleur verte de l'émeraude et de l'alexandrite ; dans ces deux cas, la distance chrome-oxygène n’est pas la même.

Un mécanisme particulièrement important est le transfert de charge : lors de l’absorption d’un photon, un électron passe dans une orbitale d'un autre atome que celui dont il est issu.  Un tel transfert de charge a lieu soit entre ions métalliques (ex : saphir), soit entre l'oxygène et un ion métallique (ex : héliodore).

Dans certains cas, la couleur observée résulte non seulement de l’absorption de la lumière, mais aussi de l’émission de lumière consécutive à l’absorption. Il s’agit du phénomène de photoluminescence (fluorescence et parfois phosphorescence). La couleur éclatante du rubis est due à la fluorescence rouge qui l'emporte sur la couleur due à l'absorption.

Voyons maintenant les causes physiques de la couleur. L'opale commune est constituée d’un arrangement irrégulier de sphères microscopiques de silice hydratée dont la taille est de l'ordre de la longueur d'onde de la lumière. La diffusion de la lumière (diffusion Rayleigh) est responsable de l’opalescence bleutée. Certaines opales présentent des couleurs irisées qui dépendent de l'angle d'observation. Ce phénomène s’explique par la diffraction de la lumière par les sphères de silice qui sont, dans ce cas, empilées régulièrement en couches parallèles. En outre, d'une zone à une autre, les sphères de silice n'ont pas toutes le même diamètre, d'où des variations de couleurs en surface. Dans l'opale de feu, la présence d'ions Fe3+ colorent la matrice en rouge, d’où une réduction de l'irisation.
 
La diffusion Rayleigh est également responsable de la teinte bleutée de la "pierre de lune " qui est constituée de fines lamelles de feldspath sodique dont l'épaisseur est de l'ordre de la longueur d'onde de la lumière.

Certains cristaux contiennent des inclusions de bulles ou de microcristaux incolores dont la taille est nettement supérieure à la longueur d'onde. Leur apparence est laiteuse en raison de la diffusion de Mie.

Bernard Valeur
Conservatoire National des Arts et Métiers

 


 

 

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