Les
micro-émulsions sont des phases liquides dispersées
obtenues en mettant en contact des quantités de
produits lipidiques et d’eau en présence
d’un tensioactif (TA) et d’un co-tensioactif
(coTA), généralement un alcool à
faible longueur de chaîne lipophile (par exemple,
le pentanol).
Les micelles constituent le plus petit assemblage d’un
tensioactif dans un liquide (eau le plus souvent ou huile).
C’est un assemblage moléculaire dispersé
dans le liquide, de quelques nanomètres de diamètre,
en équilibre avec les molécules isolées
constitutives de la micelle. Lorsqu‘une huile est mise
au contact de l’eau en présence d’un tensioactif
(5-10 %), une dispersion trouble et fugace apparaît
qui se brise plus ou moins rapidement en deux phases, sous
l’action d’une agitation énergique. Chacune
des phases dispersées est constituée de gouttelettes
de taille voisine du micron.
Au contact d’un quatrième constituant appelé
"co-tensioactif", en général un alcool
contenant une chaîne carbonée courte de 5 à
8 carbones, la dispersion trouble s’éclaircit,
devient transparente et indéfiniment stable (Schulman
1943). L’œil ne distingue plus qu’une seule
phase apparente, l‘eau paraît "dissoute"
dans l’huile : il s’agit d’une micro-émulsion
de deux liquides non miscibles. Cette phase dispersée
apparaît au microscope constituée de microgouttelettes
de 1 à 100 micron de diamètre présentant
un rapport surface sur volume maximal et un pouvoir de stockage
bien supérieur à celui des micelles. Déjà,
en 1925. Rodawald. à Saint-Louis dans le Missouri,
avait découvert le moyen de dissoudre une cire de Carnauba
dans l’eau en "cuisinant" cette cire avec
de l’acide oléique, du borax et de l’eau
dont il fit une micro-émulsion utilisée comme
apprêt pour cuir (Bothorel 1985). Dans cette circonstance,
l’acide oléique et son sel se comportent comme
entités tensioactives et certains des alcools de la
cire jouent le rôle de co-tensioactifs.
Très tôt, Winsor (1945) a systématisé
l’apparition de diverses phases et en particulier mis
en relation le rayon de courbure des gouttelettes avec la
capacité de produire les micro-émulsions. Les
risques toxicologiques des micro-émulsions ne sont
pas négligeables du fait de l’usage d’alcools
à fort pouvoir pénétrant tel que le Pentanol.
Les micro-émulsions restent un outil
intéressant pour la cosmétique du fait de leur
transparence et de leur fluidité. Des études,
actuellement encore au stade du laboratoire, permettent d’envisager
la préparation de micro-émulsions à l’aide
de tensioactifs non ioniques en absence d’alcool.
Pierre
Le Perchec
Les molécules de la beauté, de lhygiène
et de la protection, CNRS Editions/Nathan
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