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Extrait de la Lettre n°12 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)

1 : Champ
de température
en surface.

2 : Champ
de salinité
à 1000 m de profondeur.

3a : champ de courants, situation du 28 mars 2001.

3b : champ de courants, situation du 4 avril 2001.

3c : champ de courants, situation du 11 avril 2001.

4 : Champ de salinité à 100 m de profondeur, prévision pour le 11 avril 2001.

5 : Champ
de salinité à 100 m de profondeur, situation
du 11 avril 2001.

6 : Champ
de salinité
sur une section verticale.

7 : Vitesse zonale sur une section verticale.

8 : Champ
de température
sur une section verticale
à 40°N.
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On dit que c'est l'un des projets les plus fous du 21e siècle
Effectivement le chantier est immense lorsqu'il s'agit de mettre l'océan sous surveillance, et qu'on veut en décrire et prévoir les évolutions à chaque instant, en routine, en temps réel, en surface, jusqu'au fond, et en chaque point de notre planète bleue.
Océanographie opérationnelle, projet fou ? Certainement
oui, si on adopte l'excellente définition qui nous en est donnée
ici : une initiative concrète, ambitieuse et porteuse
d'espoir ! Mais irréaliste non : les signes annonciateurs
ne manquent pas, nous ne sommes pas si loin du résultat. Pour mieux
comprendre le monde, on s'intéresse à l'océan, au
cur des grandes questions posées par la protection de notre
planète et dont il s'agit d'anticiper la réaction face aux
agressions dont il est victime. Que ces agressions soient ostensibles
comme dans le cas de l'Erika, ou plus insidieuses comme celles conduisant
à l'effet de serre, elles nous renvoient certes encore souvent
à un lot d'incertitudes. La recherche s'emploie activement à
les réduire. Comment l'océan lui-même va-t-il réagir
face aux déséquilibres engendrés par ces pollutions ?
Sous quelle forme et sous quel délai va-t-il transmettre cette
pollution à ses milieux frontières et donc modifier le système
complet terre-océan-atmosphère-biosphère ? Une
certitude cependant est fermement installée : pour mieux
connaître l'océan
mieux l'observer, le modéliser
et le prévoir est une priorité. C'est sur ce constat simple
et solide que se construit l'océanographie opérationnelle.
Complémentaire à la démarche de recherche, l'océanographie
a entrepris récemment cette démarche pragmatique de construction
d'une océanographie systématique, observatoire permanent
capable de cartographier en routine l'océan dans ses quatre dimensions.
Le projet MERCATOR marque cette volonté française ; elle
dépasse les frontières et motive une expérience internationale : GODAE
(Global Ocean Data Assimilation Experiment).
Premier bulletin de prévision océanique
Comme souvent en océanographie, tout commence avec l'Atlantique Nord. L'océanographie opérationnelle n'y fait pas exception et MERCATOR en a fait son terrain d'essai. Aujourd'hui, depuis les hautes latitudes (70°N) jusqu'au sud de la bande équatoriale (20eS), des couches de surface aux couches profondes, les sautes de température ou de salinité de l'Atlantique Nord, les variations des courants qui le traversent sont scrutées, modélisées et décrites de façon systématique. Il est cartographié horizontalement, verticalement et temporellement ; on en connaît l'état instantané, on en prévoit même les évolutions deux semaines à l'avance. On pouvait par exemple dans le bulletin du 28 mars 2001 s'intéresser au champ de température de surface prévu en Atlantique le 11 avril (figure 1), et décrire simultanément la salinité à 1000 m (figure 2) où l'on voit si bien l'extension de l'eau méditerranéenne dans le bassin Atlantique ; le même bulletin permettait de suivre l'évolution d'un puissant tourbillon anticyclonique le long des côtes brésiliennes (figures 3a, 3b et 3c) ou bien encore observer à 100 m sous la surface à l'équateur le contre-courant chargé en sel s'écraser contre les côtes africaines dans la prévision du 11 avril (figure 4)
et deux semaines plus tard, après assimilation des observations effectuées dans l'intervalle, on trouve confirmation de cette situation dans l'analyse du 11 avril (figure 5). Le même bulletin, sur une section verticale reliant Brest au Cap de Bonne Espérance, met en évidence le signal en salinité de ce contre-courant équatorial (figure 6), et plus marqué encore le maximum de vitesse zonale (figure 7) lui correspondant. Cette cartographie systématique est effectuée en routine depuis le mois de janvier, renouvelée chaque semaine et l'information diffusée immédiatement. Un premier pas est donc franchi, on a inventé le "bulletin océanique", et nul ne peut plus ignorer l'état instantané ou prévu de l'Atlantique sous nos latitudes : plus de 700 cartes (disponibles sur www.mercator.com.fr) le décrivent chaque semaine. Ainsi prend corps cette idée d'océanographie opérationnelle. Ce n'est qu'un début.
Une initiative internationale : GODAE
En 2003 débutera une expérience internationale qui va rassembler les grandes nations de l'océanographie dans un seul objectif : démontrer par l'exemple qu'il est possible d'observer, modéliser et prévoir l'état de l'océan global en routine et en temps réel pendant (au moins) 3 ans : 2003-2005. Décidée en 1997, pilotée par l'OOPC1, GODAE est la première expérience d'océanographie opérationnelle grandeur nature, c'est-à-dire la première expérience d'assimilation opérationnelle organisée à l'échelle de l'océan global. L'enjeu est clair : marquer le départ d'une véritable océanographie opérationnelle
tout comme l'expérience FGGE2 marqua il y a 20 ans celui de la météorologie moderne. En plus d'indiquer fermement l'objectif, GODAE nous impose donc un calendrier. Deux ans nous séparent désormais du rendez-vous.
Deux ans pour déployer les réseaux de mesure nécessaires : des satellites survolant l'océan pour mesurer la hauteur de mer et les courants, le vent de surface, les flux à l'interface océan/atmosphère, la température de surface de la mer, puis plus tard la salinité ; et une flottille de 3000 flotteurs profilants autonomes parcourant in situ l'océan planétaire sur sa verticale pour mesurer température et salinité. Deux ans enfin pour préparer les modèles dynamiques capables d'assimiler ces observations pour générer en routine temps réel les «bulletins océaniques» constitués d'analyses et de prévisions de l'état tridimensionnel de l'océan.
Lors de la phase intensive GODAE, toutes les observations océaniques acquises chaque jour seront transmises en routine et en temps réel à travers la planète et immédiatement assimilées dans la demi-douzaine de modèles qui tournera en continu dans les centres de prévision océaniques GODAE pour élaborer la meilleure représentation analysée ou prévue de l'océan global - le centre MERCATOR sera l'un d'entre eux. Ces différents bulletins élaborés à travers le monde par les prévisionnistes américains, européens, japonais, australiens (soit environ une dizaine d'équipes)
nous renseigneront à chaque instant sur l'état de l'océan. Chaque diagnostic révélateur des grandes tendances d'évolution de notre environnement océanique pourra être scruté, chaque tourbillon traqué de semaine en semaine par ce formidable observatoire de l'océan à quatre dimensions. L'océanographie française sera au rendez-vous : elle s'y prépare activement à travers le projet MERCATOR, mais aussi les programmes d'observation JASON (altimétrie par satellite) et CORIOLIS (mesures in situ).
MERCATOR doit aboutir à la mise en uvre en 2003 dun système :
de simulation de locéan global (modèle aux équations primitives à haute résolution),
assimilant des données satellitales et in situ,
prêt à être exploité de façon opérationnelle.
Le système MERCATOR devra répondre aux besoins suivants :
être utile aux applications de service public, de défense civile et militaire, et aux applications commerciales de locéanographie, en fournissant en temps réel une description de létat de locéan, et en prévoyant lévolution de lécoulement océanique,
fournir à la communauté scientifique un outil de recherche permettant une interprétation plus aisée des programmes de recherche expérimentaux et des campagnes de mesure,
contribuer au développement dun système de prévision climatique saisonnière en fournissant en temps réel ou peu différé les conditions initiales pour locéan dun modèle couplé océan/atmosphère.
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Le projet MERCATOR, qu'est-ce que c'est ?
Les six principaux organismes français engagés dans l'étude de l'océan et du climat - le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), l'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer), l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement), Météo-France, et le SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine) - ont pris très tôt conscience des enjeux et des possibilités de l'océanographie opérationnelle. Dès 1995 ils prenaient un pari commun, lui donnait un nom (MERCATOR) en fixait l'ambition (inventer et mettre en place dans un délai de 5 à 7 ans une composante opérationnelle en océanographie), structurait le projet en conséquence et lui assignait une mission qui depuis n'a pas varié d'un pouce.

2003 : Système MERCATOR pour GODAE
A l'horizon GODAE, le
système MERCATOR aura une capacité de modélisation
couvrant l'océan global avec une résolution du 1/4°
(env. 25 km), affinée au 1/12°-1/16° (5 à 7 km)
dans les mers européennes (Atlantique Nord et Méditerranée),
et assimilera en routine deux types de données : les
données d'altimétrie issues de Jason-1 (CNES/NASA) et Envisat
(ESA), et les mesures in situ de température et de salinité
issues par exemple des profileurs du programme ARGO3.
MERCATOR recueille ces données auprès de deux portails spécialisés : le
portail SSALTO/DUACS pour l'Altimétrie et le portail CORIOLIS pour
l'in situ.
MERCATOR,
c'est qui ?
La tutelle
de MERCATOR est assurée conjointement par ses six organismes fondateurs
qui soutiennent le projet par des contributions financières, des
mises à disposition de personnels ou l'accès à leurs
infrastructures lourdes de calcul et d'archivage. L'équipe projet,
cur du développement, est aujourd'hui constituée d'une
trentaine d'ingénieurs et chercheurs basés à Toulouse,
représentative de la mosaïque des compétences nécessaires.
Elle rassemble des personnels de ces organismes tutelles et des personnels
issus de sociétés privées, au premier rang desquelles
les sociétés CERFACS4
et CLS5
qui jouent un rôle majeur dans le développement et la mise
en uvre du système. Au delà de ce noyau projet, Mercator
a progressivement structuré les liens étroits qui l'unissent
depuis l'origine à la communauté scientifique. Un réseau
de compétence, dont les quatre points cardinaux sont le LEGI6
à Grenoble, le LEGOS7
à Toulouse, le LPO8
à Brest et le LODYC9 à Paris, rassemble ainsi autour du
projet une cinquantaine de chercheurs sur le modèle des groupes
d'investigateurs associés aux missions spatiales. L'expérience
GODAE offre enfin au projet Mercator un espace naturel de collaborations
avec les équipes internationales, tant au niveau européen
(Belgique, Grande Bretagne, Italie, Norvège,
) qu'au niveau
américain, australien ou japonais.
MERCATOR : où
en est-on ?
MERCATOR a
franchi le 17 janvier 2001 une étape décisive en diffusant
son premier bulletin de prévision océanique, décrivant
l'état instantané et prévu de l'océan Atlantique
Nord et tropical. Il prenait ainsi sa place dans le club très fermé
des centres de prévision océaniques délivrant un
service de routine
Depuis, MERCATOR assure un suivi continu de l'état
de l'Atlantique Nord et diffuse chaque mercredi un nouveau bulletin. Cette
description détaillée de l'Atlantique se double d'une analyse
sur l'océan global des observations acquises, qui renseigne en
routine sur les statistiques d'écart entre les informations en
entrée du système, à savoir celles issues des données
altimétriques et celles issues des jeux de mesures in situ.
La configuration modèle exploitée aujourd'hui décrit
l'Atlantique Nord de 70°N à 20°S avec une résolution
horizontale du 1/3° et 43 niveaux verticaux (configuration MNATL,
héritage du projet scientifique Clipper, basé sur le code
OPA du LODYC9).
Le modèle est forcé par les forçages quotidiens du
CEPMMT10.
Les observations altimétriques temps réel des satellites
Topex/Poséïdon et ERS-2 sont assimilées chaque semaine
par interpolation optimale avec la première version du système
d'assimilation Mercator basée sur le schéma SOFA3.0 (LEGOS,
De Mey) et le coupleur PALM (CERFACS, Piacentini). Une version multivariée
permettant d'inclure simultanément les informations de profils
in situ sera mise en uvre à l'automne.
Le deuxième prototype Mercator sera mis en uvre en 2002 et
descendra à une résolution beaucoup plus fine (~1/15°,
soit 5 à 7 km) sur l'Atlantique Nord auquel sera adjoint la Méditerranée,
permettant d'accéder à une information véritablement
méso-échelle. L'étape suivante (2003) étendra
la zone de couverture modèle à l'océan global avec
une résolution de type eddy-permitting (typiquement 1/4°) permettant
de délivrer des analyses océaniques de qualité utiles
tant pour des applications privilégiant généralement
la couverture globale devant la résolution horizontale (exemple
de la prévision saisonnière) que pour les applications régionales
condamnées à des choix inverses. Sur le même principe,
le projet prévoit une amélioration progressive des schémas
d'assimilation pour intégrer des méthodes d'assimilation
avancées dans la chaîne Mercator ; l'équipe prépare
en particulier aujourd'hui l'intégration de méthodes de
Kalman de type SEEK (LEGI, Brasseur) dont l'applicabilité est désormais
démontrée. Enfin, l'équipe va continuer son travail
sur les données d'entrée du système en travaillant
en premier lieu sur l'amélioration des forçages pour l'océan,
en lien avec les équipes de l'IFREMER et du Centre de Météorologie
Spatiale de Lannion.
MERCATOR,
à quoi ça sert ?
Les analyses et prévisions océaniques délivrées
par MERCATOR sont destinées comme on l'a vu plus haut à
servir un grand nombre d'applications : applications de recherche,
de défense civile et militaire et applications commerciales de
locéanographie. Le secteur est vaste et très varié
dans ses attendus. On comprend bien en effet tout l'intérêt
que pourront tirer de prévisions océaniques fiables des
services dédiés à l'exploitation et la gestion raisonnée
des ressources océaniques, en particulier halieutiques et pétrolières,
l'aquaculture, la surveillance des flottes de pêche et de marine
marchande, la sécurité des biens et des personnes en mer,
la protection de lenvironnement, la gestion des ports, le suivi
et la gestion des ressources et milieux côtiers, l'extraction minière,
la défense (discrétion sous-marine), ou encore le tourisme.
Ces services se structurent progressivement pour intégrer cette
nouvelle donne apportée par les modèles opérationnels
comme MERCATOR. De même, la disponibilité d'analyses océaniques
de qualité va contribuer au développement de prévisions
saisonnière et climatique en fournissant des conditions initiales
aux systèmes couplés océan/atmosphère. On
retrouve ici le domaine scientifique lié au réchauffement
climatique, mais aussi des secteurs d'activité tels que la production
agricole, la planification énergétique, les transports
L'intérêt peut être économique (dans le secteur
de l'énergie, on estime à 1 milliard de francs l'avantage
qu'EDF retirerait annuellement d'une prévision climatique exacte
à 12 mois d'échéance), ou toucher encore plus directement
à la sécurité et au bien-être des populations
(comme par exemple dans la prévention des événements
El Niño et aux catastrophes qui y sont liées).
MERCATOR assure un service «généraliste» consistant
à élaborer et mettre à disposition des analyses et
prévisions océaniques de qualité ; il n'a pas vocation
bien sûr à prendre à sa charge le développement
propre de toute cette gamme d'applications, prises en charge par des équipes
dédiées à l'utilisateur concerné. Le développement
d'un centre de prévision océanique comme MERCATOR accélère
fortement la structuration et le développement de ce secteur aval,
qui bénéficie directement de la disponibilité des
produits MERCATOR en amont. Parmi les secteurs concernés, la recherche
joue un rôle privilégié en étant client en
aval du système MERCATOR des analyses océaniques utiles
à son activité de recherche
et fournisseur en amont
d'outils et d'expertise scientifiques.
MERCATOR
et POMME, une collaboration exemplaire
POMME (Programme Océan Multidisciplinaire Méso-Echelle)11
est un programme scientifique PROOF/JGOFS-PATOM dont l'objectif est de
comprendre le rôle de la méso-échelle sur les processus
de subduction des eaux modales et de la floraison printanière,
ainsi que de déterminer les processus régulant les caractéristiques
physiques et biogéochimiques des masses d'eau modales et le devenir
de la matière biogène subductée et exportée
sur l'échelle annuelle. La zone d'étude, dans l'Atlantique
nord-est, est comprise entre les latitudes 38°N et 45°N et les
longitudes 15°W et 22°W, à mi-chemin entre Açores
et pénisule ibérique et donc dans la zone de couverture
du système MERCATOR. Plusieurs campagnes de mesures in situ sont
prévues dans la zone, la phase intensive étant l'année
2001. Le premier bulletin MERCATOR, diffusé le 17 janvier 2001,
a permis ainsi d'ébaucher la situation prévue en température,
salinité, courants ou profondeur de couche de mélange
que les équipes POMME allaient trouver sur leur zone d'étude
deux semaines plus tard pour démarrer leur premier leg de mesures.
La date de début de Mercator avait été choisie en
fonction de cela. Depuis, le «service» Mercator est assurée
de façon continue pour le bénéfice de la cellule
temps réel du programme POMME (LEGOS, Assenbaum). Pour modéliser
correctement les processus méso-échelles, l'équipe
POMME a de surcroît développé son propre modèle,
régional (limité à la zone d'études) et à
très haute résolution (~1/20°). L'exploitation de routine
du modèle de bassin MERCATOR permet ici de délivrer en routine
temps réel les conditions aux limites de ce modèle régional,
qui , ainsi forcé, est à son tour exploité en routine
par l'équipe POMME12
(SHOM/CNRM, Gavart et Caniaux). La
figure 8 montre
une coupe en température à 40°N dans les couches de
surface de ce modèle régional ; on y distingue parfaitement
la subduction des eaux modales (~isotherme 14°) à 343°
de longitude et leur piégeage sous la couche mélangée
plus à l'ouest. En retour, le réseau de mesures in situ
dans la zone et l'étude des différents champs modèles
contribue directement à la validation des performances du système
Mercator.
Nous avons montré ici qu'à travers MERCATOR l'océanographie
opérationnelle s'installait désormais résolument
dans le paysage océanographique. La mise en route d'un premier
système de prévision océanique sur l'Atlantique Nord
dès le mois de janvier 2001 oblige en effet à inventer «en
situation» la meilleure façon d'intégrer cette nouvelle
composante de l'océanographie. Le résultat est plutôt
encourageant quand on observe comment progressivement se structurent les
relations en amont avec les centres de données, en aval avec les
centres d'applications ou des équipes comme celles de POMME, et
comment les relations entre océanographie de recherche et océanographie
opérationnelle s'installent sur la base d'un intérêt
mutuel évident. En se mettant, deux ans avant le grand rendez-vous
GODAE en situation de «jouer» à l'océanographie
opérationnelle, la communauté française se donne
aussi une force de proposition importante au moment où on dessine
au niveau international les règles de cette nouvelle océanographie.
Pour les six organismes à l'origine de Mercator, et pour l'ensemble
de la communauté concernée, le vrai pari consistait à
penser qu'ils iraient plus vite et plus loin dans leur propre mission
(mission d'observation, mission de recherche ou mission opérationnelle)
en fédérant leur effort pour le développement d'un
système unique capable de décrire et prévoir en routine
l'état de l'océan à tout instant et à tout
endroit du globe. Le pari est en passe d'être gagné.
(1)
Ocean Observation Panel for Climate, panel émanant du Global
Ocean Observation System (GOOS), Global Climate Observation System (GCOS)
et World Climate Research Program (WCRP)
(2)
First GARP Global Experiment
(3)
programme international
de déploiement de 3000 profileurs autonomes mesurant T & S
sur l'océan global pour GODAE. Le projet CORIOLIS en est la composante
française
(4)
Centre Européen de Recherche et de Formation Avancée en
Calcul Scientifique (filiale entre autres du CNES et de Météo-France)
(5)
Collecte Localisation
Satellite (filiale entre autres du CNES et de l'IFREMER)
(6)
Laboratoire des Ecoulements Géophysiques Industriels (UMR 5519),
Grenoble
(7)
Laboratoire
d'Etudes en Géophysique et en Océanographie Spatiales (UMR
5566), Toulouse
(8)
Laboratoire
de Physique des Océans (UMR 6523), Brest
(9)
Laboratoire d'Océanographie Dynamique et du Climat (UMR 7617),
Paris
(10)
Centre Européen de Prévision Météorologique
à Moyen Terme
(11)
voir www.lodyc.jussieu.fr/POMME/
(12)
voir http://www.omp.obs-mip.fr/omp/pomme/Welcome.html
Contact :
Pierre Bahurel
SHOM-LEGOS 14, av. E. Belin - 31 400 Toulouse
Pierre.Bahurel@mercator.com.fr
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