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Extrait de la Lettre n°12 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)

1 : Température moyenne de lhémisphère nord depuis lan mil.

2 : Evolution
des moyennes annuelles des températures maximales (données
brutes).

3 : Evolution
des moyennes annuelles des températures maximales (données
homogénéisées).

4 : Cartographie de la tendance séculaire de la température minimale moyenne annuelle sur la période 1901-2000.

5 : Cartographie de la tendance séculaire de la température maximale moyenne annuelle.
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Le réchauffement de la planète à été estimé en moyenne à 0,6°C depuis le début du siècle. Quen est-il sur la France ? Les techniques dhomogénéisation, utilisées ci-dessous afin dextraire le signal climatique en supprimant au mieux les effets perturbateurs, montrent un réchauffement allant de 0,5 à 1,4°C.
Le réchauffement global
A léchelle globale, laugmentation de la température moyenne est estimée à 0,6°C (voir le récent rapport du GIEC). Les années 90 apparaissent comme la décennie la plus chaude depuis le début des mesures instrumentales, et lannée 1998 est considérée comme lannée la plus chaude depuis lan mil (figure 1). Le réchauffement observé au XXème siècle, et particulièrement lors des trente dernières années, est sans précédent dans les archives climatiques reconstituées à partir des données paléoclimatologiques.
Quen est il sur la France ?
Les dangers dutiliser les données brutes
Il faut tout dabord insister sur le fait que lestimation de tendances à long terme est une opération délicate, qui ne peut être conduite à partir des données brutes dobservation sans de grandes précautions. Les techniques dhomogénéisation ont pour objectif didentifier les ruptures dhomogénéité des longues séries de données climatologiques (générées par les changements de capteurs ou de pratiques dobservation, par le déplacement des sites dobservation, ou par les modifications de leur environnement) et de les corriger. Elles permettent donc dextraire le signal climatique en supprimant au mieux les effets de poste.
Météo-France utilise des méthodes mises au point récemment par Olivier Mestre (2 000). Le traitement des données de la station de Pau-Uzein illustre extrêmement bien les performances de lalgorithme. La figure 2 présente lévolution des données brutes de moyennes annuelles des températures maximales quotidiennes sur le XXème siècle. Une estimation de tendance linéaire sur le siècle conduit à un refroidissement important : près de 1,2°C par siècle.
La même opération réalisée après identification des ruptures dhomogénéité et correction de celles-ci (figure 3) conduit à un réchauffement de 0,7°C sur le siècle, tout à fait cohérent avec la tendance globale au réchauffement, et les données environnantes. A noter quon retrouve bien sur cette série chronologique les trois phases généralement observées : une croissance modérée de la température jusquau début des années 50, une stagnation ou une diminution jusque vers 1970, et ensuite une forte croissance.
Le réchauffement sur le siècle
Sur la France métropolitaine, la cartographie des tendances sur le XXème siècle, réalisée à partir de près de 70 longues séries homogénéisées, montre un réchauffement net des températures minimales (figure 4), plus marqué à louest (plus de 1.2°C) quà lest (entre 0.6 et 0.8°C). Les températures maximales (figure 5) se sont moins réchauffées : pratiquement pas sur le nord du pays et de lordre de 1°C au sud. Linterprétation de ces deux gradients respectivement orientés Est-Ouest et Nord-Sud nécessite une confrontation avec des sorties de modèles climatiques et dautres types dobservations. On pourrait penser, mais cela reste à vérifier, que le gradient Est-Ouest pour les températures minimales est la conséquence dune modification de la nébulosité nocturne différenciée selon la distance aux côtes atlantiques.
Contact :
Pierre Bessemoulin
Olivier Mestre
Météo-France 42, Av. G. Coriolis - 31057 TOULOUSE Cedex
pierre.bessemoulin@meteo.fr
olivier.mestre@meteo.fr
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