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| Dossier : Climat | |
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Le
chantier "Golfe du Lion" du PNEC |
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| Extrait
de la Lettre
n°13 Programme International Géosphère Biosphère-Programme Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC) |
Le
milieu côtier, zone de transition entre continent et mer du large,
est particulièrement exposé aux modifications dorigine
anthropique. Le regain dintérêt de ces dernières
années résulte non seulement du constat de la régression
constante de la qualité de lenvironnement mais également
du fait du rôle fondamental que joue lécosystème
côtier dans les bilans à léchelle planétaire
et des cycles des éléments (par exemple le cycle du carbone
impliqué dans leffet de serre). Le Golf du Lion est intensivement
étudié depuis plusieurs années dans le cadre du PNEC. |
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![]() 1 : Carte du golfe du Lion indiquant les principaux sites d'étude du Chantier pour la période 1997-2000 |
Les objectifs Le chantier Golfe du Lion sest donné pour objectif principal létablissement dun bilan annuel de carbone et des éléments biogènes associés afin de préciser notamment le rôle de source ou de puits de matière pour le bassin occidental de la Méditerranée. Les objectifs généraux du chantier sont donc de préciser quantitativement les flux de matière à léchelle du Golfe du Lion en affinant les connaissances des mécanismes régissant les processus de formation, de transferts de la matière organique dans le domaine pélagique et de déterminer la réponse de lécosystème benthique aux fluctuations des apports énergétiques en termes dactivité biologique et de diagénèse précoce. Les atouts du Golfe du Lion Cette zone offre différents facteurs dintérêt : la morphologie générale avec un large plateau continental bien individualisé, le Rhône (fleuve présentant le plus fort débit en Méditerranée occidentale) ; un moteur hydrodynamique prédominant (le courant liguro-provençal) ; et un ensemble de processus hydrodynamiques exemplaires en océanographie (remontées deau le long des côtes ou upwellings côtiers, formation hivernale deau profonde, phénomènes de plongée rapide deau dans les canyons sous-marins). Ajoutée à cette complexité, labsence de marées importantes fait que lhydrodynamisme est sous le contrôle des vents dominants fréquents et forts (tramontane, mistral, S-E). Le golfe du Lion se présente ainsi comme un lieu privilégié dobservation permettant détudier à méso-échelle la variabilité spatiale et temporelle de la circulation des eaux, de la production biologique et linfluence des apports anthropiques sur cette façade méditerranéenne. Les sites correspondant aux différentes actions réalisées au cours de la période 97-2000 sont indiqués dans la figure 1. Nous présentons ci-dessous les principaux résultats acquis. |
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![]() 2 : Evolution récente des concentrations en nitrate ![]() 3 : Pourcentage des différentes formes minérales et organiques |
Le Rhône et son panache Lapport en nitrate Alors quun premier bilan sur plus de 20 ans des apports rhodaniens, mesurés près de lembouchure, a permis de noter un doublement des apports nutritifs jusquen 1997, le suivi bimensuel réalisé sur la période 97-2000 tend à montrer que la teneur moyenne en nitrate a diminué au cours de cette période (figure 2). Lapport en nitrate est estimé à 123 000 tonnes et celui en phosphate est de lordre de 8 000 tonnes. Mais alors que lapport dazote se fait essentiellement sous forme minérale (68 %, figure 3), donc immédiatement utilisable par les organismes phytoplanctoniques, le phosphate est en grande partie apporté sous forme organique (52%) dont une grande partie sous forme particulaire (25%) qui sédimente très rapidement auprès de lembouchure. Le suivi des apports nutritifs du Rhône doit donc impérativement prendre en compte les formes organiques. Limpact du mistral |
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![]() 4 : Visualisation du panache du Rhône 5 : Distributions verticales de la salinité et de la chlorophylle |
Les
campagnes BIODYPAR ont été principalement dédiées
à létude de la dynamique du panache et au devenir des
éléments nutritifs apportés par le Rhône (figure
4). Des équipements spécifiques à létude
de cette zone à forts gradients ont été mis au point
tel le dispositif SAMPOS (Système Autonome de Mesure de Profils dans
lOcéan Superficiel). Cest un flotteur dérivant
avec la masse deau conçu pour obtenir des profils verticaux
à haute résolution du courant horizontal au niveau du panache
(entre 0 et 3 à 4 m de profondeur). Des conditions de mistral soutenu induisent une dilution rapide du panache (en quelques heures). Malgré un débit journalier élevé (1870 m3.s-1), la biomasse phytoplanctonique résultante est faible (figure 5a) et les sels nutritifs ne sont pas utilisés. Un développement important au sein du panache (multiplié par 5) ne sobserve quen période dalternance de vent de terre et de vent de mer permettant un confinement à la côte des apports rhodaniens (figure 5b). Ce temps de résidence élevé favorise les productions bactériennes et phytoplanctoniques et conduisent à une consommation significative des éléments nutritifs. La variabilité des conditions de vent influence soit la dispersion rapide soit la transformation précoce des éléments apportés par le Rhône. Lexportation des apports dans le reste du golfe du Lion, en particulier dans sa composante ouest, va dépendre de son interface avec la dérive générale des eaux. |
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![]() 6 : Exemples de cartographie de courant |
Lhydrodynamisme
à moyenne échelle La circulation des masses deau et sa variabilité spatiale et temporelle sont très imparfaitement connues. Les ADCP de coque qui équipent maintenant les navires permettent de palier à ce manque dinformation. Les différents transits effectués avec Le Suroît au cours des campagnes MOOGLI fournissent des photographies ponctuelles de la courantologie (figure 6). Durant MOOGLI II (été), les courants les plus forts sont de lordre de 40-50 cm/s et sont situés soit près de la surface, soit dans les 80-100 premiers mètres. Durant MOOGLI III (hiver), les vitesses atteignent jusquà 70 cm/s vers 40 m et diminuent ensuite en profondeur (vitesses entre 20 et 40 cm à 160 m). Le courant liguro-provençal (LPC) le long du talus continental est généralement moins fort, plus étendu horizontalement et moins profond en été par rapport à lhiver. On peut noter les oscillations du LPC le long du talus : vers le sud-ouest pour la partie sud des transects 2 et 4 et vers le nord-ouest pour les parties sud des transects 3 et 5. Il reste à déterminer la cause de ces méandres du courant LPC. Lexpérience HFF (High Flux Frequency Experiment) réalisée durant le printemps 1997 a permis détudier la formation et la propagation de méandres et de structures tourbillonnaires en limite de plateau. |
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![]() 7 : Contours des concentrations en chlorophylle |
Lopération
SARHYGOL (Suivi Automatique Régulier de lHydrologie dans le
Golfe du Lion) étudie à léchelle saisonnière
la circulation et les caractéristiques biogéochimiques des
masses deau de lensemble du golfe du Lion. Limpact de
lhydrodynamisme sur la biologie en surface est très net comme
le montrent les résultats obtenus au cours de SARHYGOL 1 (figure
7). Les eaux fortement dessalées en provenance du Rhône ne
sont pas encore fortement chargées en chlorophylle (Chl = 1.5 mg/m3)
alors que les méandres plus éloignés du panache ont
des concentrations allant jusquà 4 mg/m3. La production pélagique : alternance nanoplancton-picoplancton Lactivité biologique tant dans le domaine pélagique quau niveau du fond a été particulièrement étudiée. Une forte activité biologique au sein du Golfe du Lion dès la fin de lhiver (février) soutenue par la croissance dalgues de grande taille (nanoplancton ) alors que lépuisement très rapide des éléments minéraux au début du printemps ne permet que le maintien dune population planctonique de petite taille (picoplancton de 0,6 à 2 µm) caractéristique des eaux océaniques du large pauvres dites oligotrophes et bien adaptée aux faibles teneurs en éléments nutritifs, phosphate notamment. Létude couplée de la production primaire (14C) et du cycle de lazote (15N) à la fois en point fixe (site SOFI) et sur lensemble du Golfe du Lion durant 3 saisons (campagnes MOOGLI) a permis détablir un bilan annuel de production de carbone et de production nouvelle respectivement égale à 71 ± 7 gC.m-2 et 37 ± 4 gC.m-2. |
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![]() 8 : Evolution temporelle des concentrations en carbone organique dissous |
De
même, les mesures systématiques de matière organique
dissoute et particulaire ont révélé une accumulation
nette de carbone organique dissous au cours de la période estivale
(figure 8). Laccumulation saisonnière de COD représente
plus de 55% de la production primaire alors que cette proportion est comprise
entre 6 et 23% en dautres régions de la Méditerranée
(Copin-Montégut et avril, 1993). Ce processus daccumulation,
certainement accentué par les apports allochtones permanents dorigine
rhodanienne pourrait sexpliquer par la limitation en phosphate qui
entraînerait une utilisation incomplète de ces composés
organiques par les bactéries. Le phosphate, dont les apports par
le Rhône ne serait pas immédiatement disponibles pour la production
primaire apparaît alors jouer un double rôle de limitation de
la production primaire et de contrôle des voies de transferts et dexportation
de la matière organique produite. |
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![]() 9 : Profils verticaux du rapport azote minéral / phosphate |
La
limitation par le phosphate Létude du rapport azote /phosphore réalisée dans la fraction minérale a révélé un déficit significatif en phosphate avec des valeurs nettement supérieures à celles, voisines de 21, classiquement observés en Méditerranée (figure 9). Ce déficit apparaît dès la fin de lhiver où les concentrations de phosphate mesurées au cours de la campagne MOOGLI sont proches de la limite de détection alors que les teneurs en nitrate sont proches de lordre de 2 µM. Le manque de phosphate limite lutilisation du nitrate et apparaît comme un facteur de contrôle primordial de la production primaire (Diaz et al., 2000). Ce déficit en phosphore est accentué en période estivale. Les concentrations dorthophosphate, mesurées à partir denrichissement en 33p, seraient proches de 0.001 µM et des temps de recyclage en phosphate très courts ont été mesurés malgré la proximité des apports terrigènes par le Rhône. |
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![]() 10 : Variations des flux de masses totaux |
Les
flux et transferts particulaires Les flux verticaux Un suivi à long terme des flux particulaires verticaux à 500 et 1000 m de profondeur est effectué depuis octobre 1993 sur la pente continentale dans les canyons de Planier, au large de Marseille, et du Lacaze-Duthiers, au large de Banyuls. Les mesures révèlent, de manière générale, un signal saisonnier avec une intensité maximale entre février et avril (3-6 g m-2 j-1). Ce cycle moyen est corrélé avec laugmentation saisonnière des apports (rivières, atmosphère et production biologique) et de lintensité des mécanismes de transports (tempêtes, fluctuations du courant Nord, plongée deau dense). Lhiver 1999 présente cependant une singularité notable avec des flux exceptionnellement importants (> 10 g m-2 j-1) (figure 10). Ces valeurs extrêmes résultent dune plongée deau froide formée sur le plateau qui entraîne vers le bas de la pente du matériel particulaire du plateau. Un transport de cette amplitude, exportant en un seul mois autant que le reste de lannée, navait pas été observé depuis le début du suivi. |
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![]() 11 : Cycle du carbone proposé pour le Golfe du Lion |
Les
flux horizontaux Les flux de matière horizontaux en limite du golfe indiquent également une plus grande exportation en hiver quen été. Cet accroissement hivernal résulte probablement dune augmentation du réservoir de matière disponible sur le plateau et, également, de lintensité des échanges physiques entre le plateau et la pente. Lexportation de la matière particulaire par les courants horizontaux est deux ordres de grandeur plus importants que les flux particulaires verticaux mesurés simultanément avec des pièges à particules sur la pente continentale. Bilans de masse et de carbone Des bilans massiques de matière particulaire et de carbone organique particulaire ont été établis en considérant les termes sources (apports fluviatiles, dépôts atmosphériques et production phytoplanctonique) et les pertes du système (piégeage dans les sédiments, exportation vers le large, dégradation du carbone organique particulaire dans la colonne deau et à linterface eau-sédiment). Compte tenu des incertitudes, les budgets de masse et de carbone organique particulaire apparaissent équilibrés et suggèrent que lexportation vers le bassin profond adjacent représente moins de 10% des apports totaux. Bilan CO2 Un bilan de matière a été établi à partir des données disponibles montrant que malgré les incertitudes qui pèsent encore sur les taux de minéralisation du carbone organique, le Golfe du Lion serait actuellement en équilibre du point de vue de labsorption et du rejet de gaz carbonique. En revanche, les sources de carbone organique sont significativement supérieures aux termes puits et indiquent par conséquent que la marge continentale du Golfe du Lion est une zone de piégeage de carbone sous forme organique de lordre de 64 ± 34 104 TC.an-1 (figure 11). |
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![]() 12 : Evolution temporelle des teneurs |
La
réponse benthique et les échanges à linterface
eau-sédiment Les caractéristiques biochimiques de la matière organique sédimentée Nous avons tout dabord cherché à identifier des descripteurs biochimiques de la valeur nutritive de la matière organique sédimentée. Cet effort a plus particulièrement concerné la fraction azotée (acides aminés) qui est généralement considérée comme limitante dans les réseaux trophiques benthiques. Une distinction a ainsi été établie entre fractions dites "totale" et "disponible" (car hydrolysable par réaction enzymatique à froid et donc potentiellement digestible par la faune benthique). Ceci a notamment permis de cerner les rôles respectifs de la digestibilité et des limitations par des besoins alimentaires spécifiques dans le contrôle de la production de la faune benthique. Cette approche a été conduite à la fois à des stations fixes (Baie de Banyuls, SOFI, HFF), le long dun gradient côte large (BBLL) et sur lensemble du golfe du Lion (MOOGLI). Les fluctuations des spectres dacides aminés totaux sont toujours relativement réduites et, dans la majorité des cas, en relation avec des épisodes de fort hydrodynamisme induisant la remise en suspension des sédiments. Les fluctuations temporelles des spectres dacides aminés disponibles sont encore plus réduites. Leurs fluctuations spatiales sont également négligeables. Ceci suggère que la digestibilité de la matière organique constitue le facteur le plus important dans une optique de description de la valeur nutritive des substrats particulaires. Les teneurs en acides aminés disponibles présentent des fluctuations temporelles importantes (figure 12), essentiellement liées à des processus de sédimentation de la production phytoplanctonique et de remise en suspension des sédiments. |
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![]() 13 : Exemples de matériels utilisés pour les mesures de flux |
La matière organique et les glucides sont associés à
la fraction la plus réfractaire de la matière organique sédimentée.
Les lipides et les acides aminés disponibles sont au contraire associés
à la composante la plus labile. Les meilleures corrélations entre paramètres biochimiques et faunistiques sont obtenues avec les lipides et les acides aminés disponibles. Ces corrélations savèrent toujours meilleures pour la méiofaune que pour la macrofaune. Les lipides et, dans une moindre mesure, les acides aminés disponibles constituent jusquà présent les meilleurs descripteurs de la valeur nutritive des substrats particulaires. Parmi les paramètres envisagés, ce sont également ceux qui sont associés à la fraction la plus labile de la matière organique. En ce sens, il semble donc maintenant intéressant de définir et de tester dautres protocoles dextraction encore plus «doux» que la digestion enzymatique. Les échanges eau-sédiments Les mesures des échanges à linterface eau-sédiment ont fait appel à des techniques de pointe telles que des carottiers multitubes et une chambre benthique, système autonome équipé de nombreux capteurs (figure 13). |
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![]() 14 : Bilan annuel des échanges à l'interface eau-sédiment |
Les échanges sont peu intenses pour une marge continentale en raison
de loligotrophie générale de la mer Méditerranée.
La demande benthique en oxygène et le rejet de sels nutritifs par
le sédiment augmentent généralement à proximité
des côtes et de lembouchure du Rhône, et sont corrélés
positivement avec la teneur en matière organique du sédiment.
A proximité de la rupture de pente du talus continental une moindre
influence rhodanienne est enregistrée en raison du forçage
hydrodynamique lié au Courant Nord-Méditerranéen. Pour lensemble du Golfe du Lion, les sédiments superficiels assurent annuellement la minéralisation denviron 360kt de carbone organique. Ces valeurs, comparables aux apports du Rhône ou du Courant Nord Méditerranéen, constituent une fraction non négligeable de la demande en sels nutritifs par la colonne deau, et montrent limportance des échanges eau-sédiment dans les cycles biogéochimiques des marges continentales (figure 14). |
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![]() 15 : Courant mesuré à 30 mètres |
Modélisation Le modèle hydrodynamique "Symphonie" Le modèle hydrodynamique 3D Symphonie développé au Laboratoire dAérologie de Toulouse a été utilisé comme outil danalyse des données recueillies pendant la campagne MOOGLI1-FETCH (mars-avril 1998) avec une maille horizontale de 3.3 km et 25 niveaux verticaux resserrés près de la surface et du fond. Le forçage en surface du modèle est constitué par les flux à linterface océan-atmosphère du modèle de prévision météorologique Aladin de Météo France renouvelés toutes les 3 heures sur une grille de 0.1° x 0.1°. Les caractéristiques du courant Liguro-Provençal sont forcées aux frontières ouvertes du domaine. Le débit du Rhône est également imposé daprès les débits mesurés. La figure 15 présente le courant mesuré à 30 m de profondeur le long de la trajectoire du bateau sur une période de 5 jours dominée par des conditions de vent de Nord à Nord-ouest (Mistral et Tramontane), ainsi que le courant modélisé en milieu de période. La partie centrale du plateau continental est le siège dun tourbillon anticyclonique visible sur le champ mesuré ainsi que dans la simulation, tandis que la circulation côtière dans la partie occidentale du Golfe est dirigée vers le Sud. |
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![]() 16 : Image AVHRR de température de surface |
On a montré que le rotationnel de vent à mésoéchelle
lié à la canalisation du Mistral par la vallée du Rhône
et de la Tramontane par les Pyrénées est le moteur de ces
circulations. De plus, des entrées deau du large sur le plateau
situées en différents endroits le long de la pente continentale
compensent lexportation deau du plateau par les courants côtiers
induits par le champ de vent. Ces intrusions du courant sur le plateau sont
visibles sur limage satellite de la température de surface
(figure 16) sur laquelle les eaux du courant Liguro-Provençal apparaissent
relativement chaudes (jaune orange) pénétrant sur le plateau
à lest du Rhône et également aux environs de 3.8°
de longitude tandis que les eaux du plateau sont plus froides (bleu rouge). Une conclusion importante de cette étude est que la connaissance du champ de vent à haute résolution spatio-temporelle est essentielle pour la quantification des échanges plateau-large. Le modèle biogéochimique Le modèle biogéochimique couplé au modèle hydrodynamique "SYMPHONIE" décrit un réseau trophique simplifié à 7 variables détat exprimées en terme dazote (N) et 4 exprimées en terme de phosphore (P). Le coulage avec le modèle hydrodynamique a permis de suivre le devenir de la matière produite (part exportée vers le large, part séquestrée sur le plateau ). Le golfe du Lion se révèle comme une zone privilégiée de production. Les flux de biomasse sortant de la zone modélisée par les frontières ouest et sud sont 10 et 100 fois supérieurs aux flux entrant à lest. Lessentiel de lexportation seffectue par la frontière ouest sous linfluence majeure des conditions météorologiques, notamment le régime des vents. Contact : Patrick Raimbault - raimbaul@com.univ-mrs.fr Laboratoire docéanographie et de biogéochimie (LOB), CNRS-Université Aix-Marseille, tél. : 04 91 82 91 05 |
| © CNRS - Contact : Sagascience@cnrs-dir.fr - URL : http://www.cnrs.fr |