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| Dossier : Climat | |
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Vers
un suivi du spectre solaire ultraviolet en France |
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| Extrait
de la Lettre
n°13 Programme International Géosphère Biosphère-Programme Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC) |
Depuis la découverte dune atténuation sensible de la couche dozone stratosphérique sur les deux dernière décennie, la surveillance de la couche dozone se fait à travers le réseau mondial de mesure NDSC (Network for Detection of Stratospheric Change) dans lequel la France est fortement impliquée. Depuis la découverte dune atténuation sensible de la couche dozone stratosphérique au-dessus de lAntarctique, en 1985, puis au-dessus de lArctique et, plus récemment, au niveau des latitudes moyennes et basses, (régions les plus fortement peuplées), la question se pose de lévolution de lirradiation UV au niveau du sol. La surveillance de la couche dozone se fait à travers le réseau mondial de mesure NDSC (Network for Detection of Stratospheric Change).
Les sites de mesure de Villeneuve dAscq, près de Lille et de Villard Saint Pancrace, près de Briançon, sont les seuls sur notre territoire à être équipés de spectroradiomètres UV. Conçues et exploitées conjointement par le LOA-USTL (Laboratoire dOptique Atmosphérique, Université des Sciences et Technologies de Lille) et lIRSA-UJF (Equipe Interactions entre Rayonnement Solaire et Atmosphère, Université Joseph Fourier-Grenoble I), avec le concours du CEMBREU (Centre Européen Médical Bioclimatique de Recherche et dEnseignement Universitaire), ces deux stations sont opérationnelles depuis 1998 et 1999 respectivement. Les UV au sommet et au pied de latmosphère La couche dozone nous protège des photons les plus durs du rayonnement solaire, en absorbant, dans les bandes dites de Hartley et Huggins, la totalité de ses UV-C (250 280 nm) et une partie de ses UV-B (280 315 nm). Mais, si toute diminution de la quantité dozone stratosphérique se traduit inévitablement par une augmentation de la densité de photons UV dans la haute troposphère (autour de 10 km daltitude), cette densité ne subit pas, loin sen faut, une augmentation rigoureusement parallèle au bas de la troposphère. En effet, de nombreux autres paramètres viennent moduler le flux des rayonnements UV au niveau sol, qui rendent très difficile le dégagement dune tendance. Le plus important dentre eux est certainement la nébulosité dont lévolution moyenne sur lannée est liée à celle des climats. Ne peuvent être négligés non plus, au moins à léchelon local ou régional, les effets décran joués par les émissions anthropiques dozone et daérosols. En effet la couche dozone troposphérique, qui se situe dans la basse atmosphère et peut représenter une épaisseur réduite moyenne de 0,1 mm comparée aux 3 mm de celle de la couche dozone stratosphérique, tend à augmenter par suite des activité anthropiques. De même, en présence de neige fraîche au sol, on observe une amplification sensible des rayonnements UV diffus à cause des réflexions multiples entre latmosphère et la surface neigeuse entraînées par le très fort albédo (facteur de réflexion) de cette dernière. Les dangers de UV-A et UV-B En France les physiciens spécialistes de lUV solaire sont regroupés en deux équipes de 3 à 4 chercheurs permanents ; ils travaillent, comme leurs collègues étrangers, en amont de domaines aussi divers et sensibles que la photodermatologie, la photochimie atmosphérique ou la photobiologie. Il est en effet reconnu depuis longtemps que les UV-B, et même les UV-A, sont des rayonnements "mutagènes", cest-à-dire des promoteurs potentiels de graves cancers de la peau (photocarcinogénèse cutanée) ; certaines cataractes et des affections rétiniennes sont aussi imputables aux courtes longueurs donde solaires. On explique également lactivation de nombreuses réactions chimiques, dans la troposphère comme dans la stratosphère, par lapport énergétique des photons UV (réactions de photolyse sur le dioxyde dazote et sur lozone, par exemple, dans le cycle de lozone). Les plantes, elles-mêmes, réagissent à lexcès des rayonnements UV par une limitation de leur activité de photosynthèse ainsi que de leur croissance. Enfin, la pénétration en profondeur des photons UV sous la surface des océans est une cause de destruction du phytoplancton, dont on sait quil est le premier maillon de la chaîne alimentaire dans la mer. Les outils de mesures de la couche dozone Lépaisseur réduite de couche dozone atmosphérique est de 3 mm en moyenne (ce qui signifie que ce seul gaz, mis dans les conditions de température et pression qui règnent au sol, ferait une couche de 3 mm dépaisseur en moyenne) ; elle sévalue traditionnellement en Dobson Units (DU) dont lunité vaut 1/100e de mm. Sa détermination est faite de façon standard à laide de spectroradiomètres, les plus anciens et les plus connus étant celui de Dobson et celui de Brewer, qui sont utilisés au sol en réseau. Des spectroradiomètres peuvent également être embarqués sur des satellites ; cest le cas de linstrument TOMS (Total Ozone Mapping Sounder) qui fournit les épaisseurs dozone en tout point du globe depuis une vingtaine dannée, et aussi de linstrument GOME (Global Ozone Monitoring Experiment) déployé plus récemment par lAgence Spatiale Européenne. Ces spectroradiomètres permettent dobtenir lépaisseur dozone par une comparaison de léclairement solaire monochromatique, direct ou bien diffus (ou, encore, rétrodiffusé par latmosphère dans le cas des mesures satellitaires), à deux longueurs donde pour lesquelles labsorption par ce gaz est très contrastée (les résultats sont, ainsi, peu affectés par la précision des étalonnages). |
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![]() 1 : Variations saisonnières de la colonne totale dozone |
Des mesures Dobson sont régulièrement effectuées, en France, à lObservatoire de Haute Provence ; la figure 1 en montre la périodicité annuelle sur les vingt dernières années. Les longues séries et la bonne précision des données dozone recueillies par tous ces appareils ont permis de dégager les tendances claires à la diminution que lon sait, sous toutes les latitudes du globe. Lobtention de lépaisseur de couche dozone à partir du rayonnement solaire direct revient à déterminer la "transmittance" de latmosphère correspondant à labsorption par lozone. Dans la bande UV-B, le rapport de léclairement solaire direct au sol, à ce même éclairement hors atmosphère, est proportionnel au produit de cette transmittance par deux autres : celle de Rayleigh et celle des aérosols. Correspondant respectivement à la diffusion moléculaire et à la diffusion et absorption par les aérosols, ces deux dernières transmittances peuvent être déterminées par ailleurs. Il en découle que, par la mesure spectrale de léclairement solaire direct au sol sur une gamme appropriée de longueurs donde, il est possible datteindre aussi lépaisseur de la couche dozone. |
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![]() 2 : Stations primaires et secondaires du réseau dobservation |
Laugmentation de lUV sur la dernière décade aux latitudes moyennes La mesure des éclairements solaires UV au sol peut se faire, quant à elle, avec des instruments "à large bande", cest-à-dire intégrant les spectres déclairement solaire sur la gamme des UV. Elle se fait aussi, mais plus rarement, avec les spectroradiomètres dont il a été question précédemment, instruments qui sont capables de déterminer avec une résolution plus ou moins fine, une succession déclairements monochromatiques sur la gamme UV.
Les appareils du premier type sont disponibles sur le marché ; leur précision ne descend guère au-dessous de 5%, surtout dans la mesure des UV-B, mais leur fidélité est correcte ; le plus connu dentre eux, et aussi le plus ancien, est le radiomètre de Robertson et Berger qui mesure la puissance érythémale (laction érythémale des UV étant un effet de rougissement persistant, quils produisent sur la peau). Les instruments à large bande étant en fonctionnement depuis de nombreuses années, il existe de longues séries de mesures de la puissance érythémale qui ont permis de dégager les premières tendances de son évolution au sol ; ainsi, les accroissements observés aux latitudes moyennes sont-ils souvent trouvés aux alentours de 5% sur la dernière décade, accroissements qui sont nécessairement liés à la diminution de la couche dozone stratosphérique. Les spectroradiomètres UV sont dune toute autre complexité et, de ce fait, dun coût au moins dix fois plus élevé. Leur exploitation exige une maintenance fréquente par un personnel compétent. Du point de vue technique ils présentent plusieurs difficultés dont les principales sont lerreur dobliquité au niveau du récepteur optique et la sensibilité à la température des parties mécaniques ; à cela sajoutent le manque de fidélité du dispositif de détection par photomultiplicateur (qui contraint à de fréquents réétalonnages), le coût et la faible durée de vie des lampes étalon - dune précision jamais meilleure que 1 ou 2%, et des décalages en longueur donde Tous ces effets entachent dune incertitude importante la mesure des éclairements monochromatiques, surtout au-dessous de 315 nm, donc dans les UV-B. En dépit de cela, ce sont des spectroradiomètres que lon utilise pour étalonner les instruments à large bande. Malgré les difficultés de leur mise en uvre, les spectroradiomètres UV sont considérés, aujourdhui, comme les instruments les plus fiables pour le suivi des éclairements solaires de courtes longueurs donde, sur plusieurs années. Ils équipent, pour cette raison, quelques stations du réseau mondial de mesure NDSC (figure 2) dont deux sites européens dans les Alpes Bavaroises (Garmisch-Partenkirchen et Zugspitze). |
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![]() 3 : Evolution de lépaisseur de la couche dozone ![]() 4 : Spectres des éclairements solaires |
Quelques
résultats Les sites de mesure de Villeneuve dAscq, près de Lille, et de Villard Saint Pancrace, près de Briançon, sont équipés de spectroradiomètres UV. Ces deux stations sont opérationnelles depuis 1998 pour la première et depuis novembre 1999 pour la seconde. Entre les opérations de réétalonnage ou de réparation des inévitables pannes, elles fonctionnent en continu à raison dun spectre global, ou dun groupe de spectres diffus et global, chaque demi-heure, entre lever et coucher du soleil. La figure 3 présente lun des résultats bruts (évolution de la colonne totale dozone et des maxima diurnes du rapport UV-B/UV-A, qui donne une indication de la "nocivité" du rayonnement) de la campagne de mesure de lannée 2000 à Villard Saint Pancrace, 1310 m daltitude. La figure 4 montre un exemple de spectres également enregistrés à Villard Saint Pancrace pour une même élévation du soleil. Lintégration des ces deux stations spectroradiométriques françaises dans le réseau mondial NDSC représente, en raison du niveau de ses exigences, la garantie dun suivi précis de lévolution des UV sur notre territoire. Mais il est clair que la viabilité, sur le moyen terme, dune telle intégration impliquera un support spécifique pendant quelques années de la part des organismes nationaux de recherche intéressés. Contact : Alain Chiron de La Casinière - Alain.de-la-Casiniere@ujf-grenoble.fr Equipe de Recherche sur les Interactions entre Rayonnement Solaire et Atmosphère Université Joseph Fourier-Grenoble I 17, quai Claude Bernard, 38000 Grenoble |
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