L’exploitation conjointe des images d’archive des satellites SPOT d’observation de la Terre (opérationnels depuis 1986) et des images photographiques des satellites espions américains des années 1960 maintenant disponibles car déclassées depuis peu, tels que le système CORONA, permet de suivre sur près de 40 ans l’évolution des emprises urbaines aux abords des cours d’eau, en particulier dans les zones potentiellement inondables que sont les lits majeurs. La vallée de la Moselle, entre Metz et Thionville a ainsi été récemment étudiée au cours du projet PACTES (Prévention et Anticipation des Crues au moyen des Techniques Spatiales, projet financé par le Ministère de la Recherche et coordonné par le CNES) à l’aide de l’imagerie spatiale (Tholey et al., 2002 ; Henry et al., 2003); une analyse des emprises urbaines successivement observées au cours du temps depuis 1962, extraites des images par traitement numérique ou photo-interprétation puis manipulées sous forme de plans d’information géographique a ainsi permis de mettre en évidence la dynamique de l’urbanisation sur les rives de la Moselle, notamment dans des zones inondées lors des dernières grandes crues de référence telle que la crue de 1947. Haut : emprises urbaines des faubourgs sud de Metz, sur les rives de la Moselle, successivement observées en 1962, 1986, 2000, superposées au champ d’inondation de la crue de 1947. Bas : représentation graphique de l’accroissement (normalisé) des surfaces bâties par commune et dans la zone inondée par la crue de 1947 ; les communes présentant une augmentation de la surface urbanisée dans le champ d’inondation de 1947 sont caractérisées par des segments graphiques à pente positive (ex : Ay-sur-Moselle) ; cependant, les effets des ouvrages de protection (conçus pour un débit ou une hauteur d’eau maximum qui seront tôt ou tard dépassés) n’étant pas pris en compte dans l’analyse, ces résultats ne sont que des indicateurs de variation de vulnérabilité.