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Problématique scientifique et objectifs
L’Afrique de l’Ouest est une région particulièrement vulnérable
face à l’aléa climatique (sécheresse des années
1970-1997, dont l’impact sur les ressources en eau a été
considérable, économie essentiellement agricole, migrations
des populations). Il s’agit d’un système naturel complexe : climat de mousson associé à un gradient Nord
Sud de la végétation et de la pluviométrie, interaction
forte et mal documentée entre la dynamique de la végétation
et le cycle hydrologique, rétroaction sol atmosphère).
Cette complexité est amplifiée par une évolution
rapide de l’occupation des sols naturelle et anthropique
(disparition des végétations naturelles au profit des
jachères et cultures).
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La nécessité d’observations spécifiques est liée à :
• un déficit des systèmes opérationnels, mal financés
dans des pays à faible revenu, dont certaines régions
sont de surcroît peu accessibles
• la grande variabilité spatiale et temporelle des différentes
composantes du cycle de l’eau
• l’impossibilité de se reposer uniquement sur les
mesures satellitaires (qui ont besoin d’être validées et dont l’échantillonnage temporel ou spatial est
souvent inadéquat) ou sur les sorties de modèles
qui sont encore très imprécises, de résolution trop
grossière et dont le bon fonctionnement nécessite
d’assimiler des observations directes de l’environnement.
L’objectif d’AMMA-CATCH est donc de documenter le cycle
saisonnier et la variabilité interannuelle des bilans d’eau et de
la végétation, en association avec le forçage climatique.
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Figure 3 – Illustration des relations complexes entre cycle de l’eau et dynamique de la végétation
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Stratégie et paramètres mesurés
La stratégie d’observation est multi échelles ; elle
s’appuie sur un réseau d’observations spécifiques mais
aussi sur les réseaux de mesures opérationnels et l’observation
satellitaire.
Trois sites de méso-échelle permettent d’échantillonner
des régions contrastées de par leur zone climatique, leur
géographie, leur fonctionnement hydrologique, et leur
occupation des sols : le Gourma Malien (25 000 km2) qui
fait l’objet d’observations sur la végétation depuis 1985,
le degré carré de Niamey (16 000 km2, Niger) qui fait
l’objet d’un suivi hydrométéorologique depuis 1990 et la
Haute Vallée de l’Ouémé (14 600 km2, Bénin) sur lequel
les observations ont commencé en 1997. Ces sites sont
dédiés à l’étude du couplage entre dynamique de la végétation et cycle de l’eau, des rétroactions
continent/atmosphère et à la quantification des bilans
d’eau sur différentes échelles spatiales. Ces sites sont équipés en stations IDAF et PHOTONS dans le cadre des
collaborations engagées dans AMMA. Enfin AMMA
s’appuie sur l’utilisation et la validation des produits satellitaires,
indispensable pour cartographier la végétation et
suivre son évolution.
Les paramètres mesurés concernent :
• le cycle hydrologique : pluviographes numérisés,
débits des rivières, hauteurs des nappes
• les états de surface et le suivi de la dynamique de la
végétation
• les variables météorologiques par des stations au sol
Dans le contexte de l’EOP de AMMA (2005-2007), des
moyens additionnels seront déployés pour documenter la
structure fine des champs de précipitation (radar XPORT),
et les flux de chaleur sensible et latente (réseau de 11 stations
de mesure de flux et scintillomètre).
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