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Problématique scientifique et objectifs
Les prairies au sens large couvrent environ 36 % des surfaces
continentales à l’échelle du globe, soit approximativement
autant que les forêts et que les surfaces de cultures arables.
Les écosystèmes prairiaux jouent donc un rôle important
dans le fonctionnement biogéochimique de la biosphère
continentale. On commence à se rendre compte récemment
que le fonctionnement des cycles biogéochimiques de ces
milieux est affecté d’une grande inertie, surtout liée aux
fonctions des matières organiques du sol. C’est le cas pour la
production du nitrate, pour la séquestration de CO2 dans les
sols, pour la dynamique des pesticides et des éléments traces
métalliques. Pour étudier le fonctionnement biogéochimique
de cet écosystème sur le long terme, un ORE a été mis en
place afin de mettre en évidence l’impact des modes de gestion
des surfaces prairiales sur la dynamique des composantes
de l’écosystème et en particulier des MOS.
Cet ORE concerne deux types de prairies : des prairies«naturelles» permanentes à végétation complexe (site de
Theix-Laqueuille dans le Massif Central) et des prairies temporaires
de durée variables (3 à 6 ans et plus de 20 ans) en
rotation avec des cultures arables et avec différents régimes
d’exploitation (fauche versus pâturage, apport de fertilisation
azotée, niveau de chargement animal). L’hypothèse
scientifique qui est à la base de cet ORE est que l’évolution
du système en réponse aux perturbations d’origine anthropique
est gouvernée par la dynamique d’évolution quantitative
et qualitative des MOS, elle-même en forte interaction
avec la dynamique des composantes biologiques et physico-chimiques du sol. Il s’agit donc :
• de quantifier l’accumulation du carbone et sa
séquestration dans le sol en fonction de différents
modes de gestion de la prairie
• d’analyser la transformation, la translocation, et le
temps de résidence des éléments dans les différentes
composantes des MOS
• de quantifier et modéliser les flux de C, N,… vers
l’atmosphère et vers l’hydrosphère,
• d’évaluer la résilience du système sol-végétation en
fonction de forçages anthropiques appliqués sur le
long terme en tenant compte des changements climatiques
en cours.
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Stratégie et paramètres mesurés
Les variables suivantes seront mesurées en routine dans
l’ORE. Elles permettent de décrire l’évolution du système
et à comprendre la dynamique des MOS :
• l’humidité du sol et la température qui conditionnent
la dynamique des processus
• les flux vers l’atmosphère (CO2, H2O, N2O…), et
vers l’hydrosphère (Nitrate, Carbone Organique
Dissous, P, K, Ca, Mg et pesticides)
• la diversité floristique, microbienne et faunistique
• la productivité primaire aérienne et souterraine.
Différentes modalités expérimentales vont être appliquées à partir du printemps 2005 sur des parcelles expérimentales
bien déterminées dont l’historique culturale a été
suffisamment homogène. On a pu caractériser leurs variabilités
spatiales initiales et leurs structurations sur un certain
nombre de variables (sol, végétation et microfaune)
au cours de l’année 2004.
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