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| Dossier : Climat | |
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![]() Figure 1 – Répartition géographique de la peste équine |
L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a réalisé une analyse de risque sur les conséquences prévisibles du réchauffement de la planète relative à l’apparition, l’émergence et le développement possible de maladies animales, en particulier les zoonoses, maladies communes aux hommes et aux animaux, pouvant passer des uns aux autres. Nous en présentons les grandes lignes. Un groupe de travail a été constitué pour répondre à la question, et a développé une méthode d’approche qualitative car trop de données quantitatives manquent encore. Il faut aussi faire remarquer que si le réchauffement futur de la planète à l’échelle globale (dans le cadre de différents scénarios économiques) n’est plus vraiment discuté, les conséquences prévisibles au niveau local, à l’ échelle d’un pays restent bien délicates à anticiper. Le rapport, publié en 2005, est accessible librement sur le site de l’Afssa (www.afssa.fr).
Méthode La première étape a été de cerner les conséquences d’un changement climatique à l’échelle du pays. Il semble que sur une surface comme celle de la France on puisse déjà suggérer quelques particularités régionales : la température augmenterait plus dans la partie sud que dans la partie nord, et cetet partie experimenterait un climat plus sec, enfin les minimum thermiques nocturnes augmenteraient plus vite que les maximum diurnes. Les maladies animales, dont les zoonoses, ont été passées en revue selon leurs modes de transmission. C’est ainsi que l’on a distingué :
Dans ce contexte, les risques émergents correspondent essentiellement aux maladies non encore présentes sous nos climats mais qui pourraient y arriver à la faveur du réchauffement de la planète et s’y installer après une première introduction. L’étude a montré que certaines maladies ne changeraient sans doute pas d’incidence à cause des changements climatiques prévisibles, au moins en ce qui concerne l’Europe occidentale, mais que par contre six d’entre elles étaient manifestement à suivre de près. L’approche par type de transmission a probablement permis d’éviter une énumération nécessairement incomplète de toutes les maladies connues et de se focaliser plutôt sur les paramètres physiques et écologiques de transmission des agents pathogènes. C’est sans doute à ce niveau que l’impact du changement climatique global se ferait le plus sentir. Parmi ces six maladies cinq sont des zoonoses et cinq aussi (mais pas les cinq mêmes), sont transmise de façon obligatoire ou partielle par des vecteurs, insectes ou tiques. Leur incidence pourrait soit augmenter, soit apparaître en France alors qu’elles n’y sont pas encore. Il s’agit de :
La fièvre de la vallée du Rift et la peste équine ne sont pas encore présentes en Europe occidentale. La fièvre catarrhale ovine n’est présente qu’en Corse; elle est maintenant également installée depuis ces toutes dernières années dans les péninsules ibérique, italienne et balkanique, manifestement en provenance du sud.
Les six maladies La fièvre du vallée du Rift La fièvre de West Nile La leishmaniose La leptospirose La fièvre catarrhale ovine La peste équine Recommandations Tout ceci permet de proposer un certain nombre de recommandations destinées à anticiper les conséquences de ces risques sanitaires au travers, en particulier, de systèmes de surveillance épidémiologique comprenant des réseaux de veille sanitaire et écologique. Les dernières recommandations sont destinées à suggérer les besoins de recherches nécessaires et non couverts, les besoins en information et en formation sur des sujets sensibles mais complexes. Référence : Rapport sur l’évaluation du risque d’apparition et de développement de maladies animales compte tenu d’un éventuel réchauffement climatique, Afssa, Maisons-Alfort, 2005, 89p.
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