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Extrait de la Lettre
n°11 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme
Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)
.
1 -
Corrélation entre lindice dérosion des sols
et les flux de MES transportés (charge en sédiments), corrigé
des effets de barrage, corrélation établie à partir
de l'ensemble des stations du réseau Classes Eco-Fleuves.
2
- Apport de sédiment dans le Golfe de Gascogne.
3
- Transfert, au niveau de l'estuaire, du Carbone organique dissous (COD)
et particulaire (COP) du bassin versant à l'océan.
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Dans nos pays européens, changement climatique et/ou influences
anthropiques peuvent être responsables d'éventuelles variations
observées dans le régime des apports fluviaux de matières
aux océans. Cerner précisément ces évolutions
nécessite des bases de données de qualité, adaptées
à l'estimation des flux de matières et qui, le plus souvent,
font défaut.
Le réseau de mesure
Nous présentons ci-dessous une étude au niveau des bassins
Adour-Garonne-Dordogne, où nous avons mis en place un réseau
de surveillance performant (une quarantaine de stations de 160 à
53000 km2), avec l'aide de lycéens et de leurs professeurs (programme
CLASSES ECO-FLEUVES / GIS ECOBAG), afin d'enregistrer les pulsations des
transports fluviatiles. Cette surveillance était assurée
par 48 classes et couvrait 16 départements. Les mesures étaient
hebdomadaires en régimes hydrologiques normaux, quotidiennes en
phases de crue, et pouvaient même monter à plusieurs observations
par jours dans le cas de stations amont où les crues passent en
quelques heures. Cette surveillance a été assurée
pendant deux ou trois cycles annuels.
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Opération
CLASSES ECO-FLEUVES
L'opération CLASSES
ECO-FLEUVES a associé CNRS, Education Nationale, EDF, Lyonnaise
des Eaux, Agence de l'Eau Adour-Garonne, CSP, cinq régions,
seize départements et quarante villes, qui ont financièrement
soutenu cette action.
Le rôle des élèves a consisté à
prendre des échantillons d'eau, à les filtrer à
0.45mm selon un protocole enseigné par les chercheurs qui,
une fois les mesures faites sur les filtres recueillis (quantité
de matières en suspension -MES -; teneurs en carbone organique),
ont veillé à communiquer à chaque équipe
locale les résultats de ces mesures dans l'esprit d'un véritable
partenariat entre scientifiques et élèves. Ces recherches
ont abouti à la soutenance de 2 thèses passées
à l'Université Bordeaux 1 avec la collaboration de
chercheurs des universités de Toulouse, Paris VI et Strasbourg
et ont donné lieu à la publication de plusieurs articles
scientifiques.
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Les
résultats du suivi
Grâce à ces suivis, l'importance des phases de crue (qui
n'excèdent pas 10% du temps annuel) a été parfaitement
définie (Tableau 1) : durant ces événements, près
de 70% des apports de MES est assuré, chiffre qui peut atteindre
95% pour de petites rivières côtières pyrénéennes
comme la Nivelle.
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% time
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0,5%
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1%
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5%
|
10%
|
25%
|
Total
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Nivelle
165
km2
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% volume
|
5%
|
9%
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27%
|
40%
|
61%
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173
106 m3
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% MES
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51%
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63%
|
88%
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94%
|
98%
|
13 900t
|
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Adour*
7830
km2
|
% volume
|
2%
|
4%
|
18%
|
35%
|
64%
|
2383 106 m3 |
|
% MES
|
7%
|
12%
|
45%
|
69%
|
91%
|
161 500t
|
|
Garonne**
|
% volume
|
2%
|
3%
|
17%
|
28%
|
53%
|
13 532
106 m3
|
|
53000
km2
|
% MES
|
12%
|
16%
|
57%
|
73%
|
92%
|
618 000t
|
* at Dax gauge
station (Maneux, 1998)
** at La Réole gauge station (Lapaquellerie et al., 1996) |
Par ailleurs, la variabilité
inter annuelle peut être importante. Ainsi, selon que l'on soit
en période de sécheresse ou d'humidité, la Garonne
exporte de 0.6 à plus de 4 Mt.an-1 de MES pour une moyenne de 2.2
Mt.an-1.
Le réseau d'observation mis en place, a également permis
d'observer les variations de taux d'érosion d'une région
à une autre : les valeurs les plus faibles du transport spécifique
sont observées dans le bassin versant de l'Isle (rivière
de plaine, 10 t.km-2.an-1), sur la Garonne on observe des valeurs moyennes
(60 t.km-2.an-1 en amont et 40 t.km-2.an-1 en aval), et les valeurs les
plus fortes sont observées sur le Tarn et les rivières du
Pays Basques (>100 t.km-2.an-1).
Le
potentiel dérosion
Les variations régionales de la pluviométrie, de la géomorphologie
des bassins versants, de la nature et de l'occupation du sol sont les
facteurs qui déterminent les variations de taux d'érosion
observées à l'exutoire des bassins versants. L'analyse spatiale
de ces paramètres, à partir de bases de données numériques
géoréférencées rassemblées dans un
Système d'Information Géographique, a permis de dresser
une carte du risque d'érosion des sols dans les bassins versants
étudiés (Figure 1). A l'aide de ces informations, un indice
de potentiel d'érosion a été calculé pour
chaque bassin versant. Cet indice peut être corrélé
aux transports spécifiques observés, corrigés de
l'effet des barrages, afin de proposer un modèle empirique régional
du transport fluvial des MES. Deux ensembles de valeurs s'individualisent
: celles du Tarn (climat méditerranéen en amont et/ou crue
centennale) et le reste du bassin qui semble avoir les mêmes caractéristiques
d'érosion et de transport, dont l'Adour, partie la plus soumise
à une pluviométrie importante, avec les indices d'érosions
les plus élevés.Rôle des petites rivières côtières
Quantité et qualité de ces transports fluviaux peuvent avoir
un impact important sur les processus biogéochimiques dans le Golfe
de Gascogne. Comme au Pays Basque, toutes les rivières des provinces
Nord de l'Espagne ont sans aucun doute des taux de transport spécifique
supérieurs à 100 t.km-2.an-1. Il s'en suit que toutes ces
petites rivières côtières amènent autant de
MES au Golfe de Gascogne que la Gironde et l'Adour réunis (Figure
2).
Le
devenir du carbone organique dans les estuaires
Les apports de Carbone Organique associé aux particules entrant
dans l'estuaire de la Gironde sont chiffrés à 95000 t.an-1.
Avec une contribution phytoplanctonique de l'ordre de 10%, confirmée
par un suivi régulier de la chlorophylle dont les flux s'élèvent
à 250 t.an-1 de Chl a, 75% de ce carbone organique particulaire
sont minéralisés à l'intérieur de l'estuaire
lui-même (Figure 3). Cette minéralisation se traduit par
une émission de CO2 vers l'atmosphère, dégazage mesuré
directement in situ à l'aide de cloche flottante (programme BIOGEST),
aboutissant à des données similaires à celles proposées
ici par différence entre le bilan des entrées et des sorties.
Dans l'estuaire de l'Adour, en raison de la géomorphologie, les
temps de résidence de l'eau et des particules sont plus courts.
En conséquence, seulement 30% environ du carbone organique sont
consommés dans l'estuaire, le reste étant expulsé
en mer où une grande partie du carbone organique labile entre dans
la chaîne trophique marine, pouvant favoriser la productivité
primaire dans ces eaux.
Contact :
Henri Etcheber
Département de Géologie et Océanographie
Université Bordeaux I
Avenue des Facultés
33405 Talence
etcheber@geocean.u-bordeaux.fr
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