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Extrait de la Lettre
n°1 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme
Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)
Pourcentage des précipitations simulées par le modèle sur l'Inde en 1988
comparé aux pluies climatologiques rapportées par Jaegger. La simulation
fait apparaître une évolution spatiale de juin à août qui est très proche
des observations
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La représentation du cycle de l'eau dans les modèles
climatiques est particulièrement importante tant par le rôle
que l'on accorde aux précipitations et au budget de l'eau sur les
continents que par la place qu'il occupe dans les bilans énergétiques.
Les modèles de circulation générale (GCM) de l'atmosphère
s'attachent maintenant à affiner cette représentativité
en améliorant les paramétrisations qui décrivent
d'une part l'interaction sol-végétation-atmosphère
intervenant dans le cycle de l'eau et d'autre part la formation des nuages
et les pluies. Le GCM développé au Laboratoire de Météorologie
Dynamique (LMD) a obtenu dans ce domaine des résultats particulièrement
performants concernant la simulation des précipitations dans la
zone tropicale.
Ces simulations interviennent dans le cadre de l'expérience de
modélisation MONEG du programme TOGA (Tropical Ocean and Global
Atmosphere, du Programme Mondial de Recherche sur le Climat). TOGA
a pour objectif l'étude de l'interaction océan atmosphère
dans la zone tropicale, région du globe où ont lieu les
couplages les plus importants. MONEG a consisté en la simulation
de la mousson d'été sur l'Asie du sud durant les années
1987 et 1988. En 1987, année de l'anomalie El Niño, la mousson
en Inde a été particulièrement déficitaire
en pluie et les températures de la surface de l'océan pacifique
ont basses. Inversement la mousson d'été 1988 a été
anormalement abondante et les températures de la surface de l'océan
pacifique particulièrement élevées. Ce fort contraste
de température de l'océan entre les deux années permet
d'étudier, à l'aide de simulations numériques, l'effet
des températures océaniques sur la mousson. Une trentaine
d'équipes (Europe, USA, Japon, Australie, Chine) utilisant des
GCM ont confrontés leurs résultats. Ces modèles de
circulation générale de l'atmosphère utilisent pour
conditions aux limites la température océanique qui est
prescrite jour après jour à partir des observations effectuées
pendant les mois de Juin, Juillet et Août a été imposée
et le modèle calcule l'état de l'atmosphère (vents,
température, pression, pluies).
Dans cette comparaison internationale, (Rapport MONEG, 1992), le modèle
du LMD est l'un de ceux qui ont le mieux simulé les anomalies des
deux années de mousson. La représentation remarquablement
réaliste obtenue par ce modèle est illustrée dans
l'évolution de la mousson au cours des trois mois étudiés.
La figure 5 la compare aux mesures de Krishnamurti (Florida State University,
USA): pendant le mois de Juin, l'anomalie de précipitation se situe
au Nord de l'Inde; elle s'étend en Juillet sur tout le continent
avec un renforcement vers le Sud et s'atténue en Août. Même
la diminution de l'anomalie qui s'étend du Bangladesh vers l'ouest
au cours du mois de Juillet est représentée. La simulation
des vents est aussi en bon accord avec les mesures: le modèle simule
les deux grandes structures globales de convergence et divergence des
masses d'air au niveau des basses latitudes (une convergence dans les
basses couches sur le sud-est asiatique et une divergence dans le pacifique
central) ainsi que leurs différence entre 1987 et 1988. La qualité
de ces simulations est dûe en partie à la représentation
de la végétation; en effet lorsque celle ci n'est pas prise
en compte, les simulations sont beaucoup moins réalistes.
Ces simulations tendraient à prouver que les anomalies de température
océanique sont liées aux anomalies de précipitations
observées en Inde pendant ces mois de mousson des années
l987 et 1988. Cette interaction entre les anomalies des température
de surface de l'océan et la variabilité de l'atmosphère
(pluies abondantes, sécheresse..) continue à être
étudié à l'aide de ce modèle de manière
plus ambitieuse en analysant des séries temporelles de mesures
sur plus de 20 ans qui incluent plusieures anomalies El Niño. Les
simulations sur l'ensemble des régions tropicales pouront alors
être comparées aux mesures.
Contact :
Katia Laval
Laboratoire de Météorologie Dynamique (CNRS)
ENS
24 rue Lhomond
75231 Paris Cedex 05
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