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Extrait de la Lettre
n°10 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme
Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)
1 - Cycle saisonnier des précipitations simulées au sommet
du Groenland : pourcentage mois par mois de la précipitation annuelle
moyenne.
Contact : Gherard Krinner (krinner@lgge.obs.ujf-grenoble.fr)
2 - Simulation de l'erreur du thermomètre isotopique à l'âge
glaciaire due aux changement météorologique locaux (cycle
saisonnier des précipitations, intensité de l'inversion
de température de surface...).
3 - a) Teneur en poussières de l'atmosphère de surface,
simulée pour le climat présent (mg/m3). Pour comparaison,
les valeurs en italiques sont des données mesurées. b) Facteur
simulé d'augmentation de cette teneur pour l'âge glaciaire
(rapport teneur glaciaire / teneur moderne, sans unité). Contact
: Katrine Krogh Andersen (kka@gfy.ku.dk)
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Les versions récentes
du Modèle de Circulation Générale d'Atmosphère
(MCGA) du Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD, CNRS,
Paris) offrent la possibilité d'augmenter localement la résolution
horizontale sur une région d'intérêt particulie. Ceci
est réalisé par distorsion de la grille en longitude et/ou
en latitude, et l'augmentation régionale de la résolution
spatiale se fait donc à nombre de point de grille constant et au
détriment du reste du globe. Ces nouvelles versions sont connues
sous le nom LMDZ, Z pour zoom (la version actuelle étant
LMDZ3). Par rapport à un modèle régional à
aire limitée, la couverture globale d'un MCGA Zoom tel que le modèle
LMDZ (ou le modèle ARPEGE, lautre MCGA français développé
par Météofrance) permet de s'affranchir de la nécessité
de fournir des conditions aux limites aux bords du domaine d'intérêt
privilégié. Cet avantage général est particulièrement
sensible dans le cas de simulations de climats différents de l'actuel.
.
Lapplication aux calottes polaires
L'option zoom du modèle LMDZ a très tôt
motivé, au LGGE, des applications sur les régions polaires.
La modélisation du climat de ces régions présente
en effet une sensibilité particulièrement élevée
à la résolution spatiale du modèle à cause
de la topographie marquée de la surface (les reliefs atteignent
plus de 4000 m). Le MCGA LMDZ autorise des simulations à haute
résolution sur les calottes (de l'ordre de 100 km, voir plus fin)
à des coûts numériques raisonnables et avec une couverture
globale, bien que dégradée à l'opposé de la
région zoomée. Ces coûts limités
autorisent des expériences numériques multiples afin d'améliorer
le modèle, étudier les sensibilités climatiques et
simuler des climats différents de l'actuel.Une première
validation de l'approche zoom du modèle a conduit à
réviser certains aspects physiques du modèle ayant montrés
leurs limites dans les conditions climatiques extrêmes de l'Antarctique
et du Groenland: couches limites stables, albédo de la neige, couverture
fractionnaire de glace de mer, rugosité orographique...
Avec un zoom sur l'Antarctique ou sur le Groenland, le modèle
optimisé en régions polaires (la physique a été
optimisée pour mieux reproduire les spécificités
des climats polaires) a trouvé plusieurs applications dans lesquels
la haute résolution spatiale est un atout important. Il a permis
des études de l'hydrologie et du bilan de masse des calottes de
glace. Il a également été mis en oeuvre pour la simulation
du climat d'âge glaciaire des calottes. Les forages tel que Vostok
et EPICA et l'analyse des carottes de glace résultantes produisent
des informations uniques sur l'environnement atmosphérique du passé
mais l'interprétation quantitative en terme climatique et à
grande échelle n'est pas toujours évidente. A haute résolution,
la simulation numérique donne des indices.
Interprétation
de lécart de température glaciaire/interglaciaire
trouvé par différentes méthodes
Ainsi, par exemple, le modèle a permis de proposer une interprétation
quantitative des différences de température de surface à
l'âge glaciaire produites par différentes méthodes
de reconstruction. Au site de GRIP au Groenland, il y a 10°C d'écart
entre l'estimation du changement glaciaire-interglaciaire de température
par le thermomètre isotopique (10°C) et par la paléothermométrie
par inversion du transfert de la chaleur dans la glace (20°C). Il
est probable que la seconde méthode soit la plus fiable. Le thermomètre
isotopique, qui exploite les changements de composition en isotopes stables
de l'eau, enregistre entre autres des variations locales de la température
de formation des précipitations. Si les précipitations sont
uniformément réparties dans l'année, alors un échantillon
de glace couvrant plusieurs années contient l'information isotopique
moyenne annuelle. Si par contre le cycle saisonnier est marqué,
l'information est biaisée vers la température de la saison
pendant laquelle les précipitations sont les plus importantes.
Le modèle simule un cycle saisonnier faible en climat contemporain,
et bien plus marqué en âge glaciaire avec alors un maximum
de chutes neigeuses en été (figure 1) : le changement glaciaire-interglaciaire,
différence entre une moyenne annuelle (climat moderne) et un échantillonnage
biaisé vers la saison chaude (âge glaciaire), est donc sous-estimé.
Le modèle quantifie cette sous-estimation à environ 7°C
au sommet du Groenland (site de Summit, où ont eu lieu les forages
de GRIP et de GISP). Il reste 2 ou 3 °C d'erreur à expliquer,
que le modèle attribue à des modifications de la relation
entre la température au niveau de formation des précipitations
(quelques centaines de mètre au dessus de la glace) et la température
en surface. Le modèle produit même des cartes de distribution
spatiale de l'erreur du thermomètre isotopique sur les calottes
(figure 2). Il suggère que l'erreur est généralement
plus faible en Antarctique qu'au Groenland. Elle serait même négligeable
au site de Vostok. Les interprétations du modèle et les
cartes prédictives d'erreur demanderaient à être confirmés
par d'autres modèles climatiques.
La
simulation des poussières
Des traceurs de la paléocirculation atmosphérique tels que
les poussières minérales d'origine désertique ont
également été introduit dans le modèle. Les
simulations donnent, pour la première fois, une interprétation
raisonnable de l'augmentation majeure de concentration de ces traceurs
dans la glace Antarctique à l'âge glaciaire (figure 3). Au
Groenland, le modèle simule une augmentation de concentration substantielle,
qui reste cependant insuffisante par rapport aux données des carottes
de glace. Ce problème se retrouve dans d'autres MCGA. Il est probablement
lié à la définition des sources potentielles qui
présente de grandes incertitudes et sur laquelle plusieurs groupes
travaillent actuellement (modélisation des biomes, minéralogie...).
Importance
du modèle zoomé pour les simulations climatiques
concernant le climat moderne
Ce ne sont que quelques unes des applications réalisées
et surtout potentielles du modèle qui sont mentionnées ci-dessus.
En particulier, le raffinement spatial sur les régions polaires
des simulations couplées existantes ou en cours du réchauffement
climatique à l'échelle du prochain siècle est à
l'ordre du jour, avec laccent mis sur la régionalisation.
La modélisation climatique globale zoomée, avec
une haute résolution sur une région particulière,
semble connaître un intérêt croissant en France et
ailleurs. Cest lun des domaines, étude du climat des
calottes de glace, dans lequel le LGGE continue à sinvestir.
Contact :
Christophe Genthon
Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement
UPR INSU-CNRS A5151
Université Joseph Fourier de Grenoble - BP 9605
38402 St Martin d'Hères
genthon@lgge.obs.ujf-grenoble.fr
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