Dossier : Climat   
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  Modélisation du climat  
   

Le défi de la modélisation du climat
Hervé Le Treut

 

Texte extrait de :
INSU, 30 ans de recherches en sciences de l'Univers, 1967 - 1997

 

 

 

 

L’étude de notre environnement planétaire, au cours des dernières décennies, a été marquée par l’apparition d’un outil de compréhension, d’analyse, et, dans certains cas, de prévision, entièrement nouveau : la modélisation numérique. C’est la disponibilité d’une puissance de calcul sans précédent, coïncidant avec l’apparition de moyens d’observation spatiale de la planète entièrement nouveaux, qui a permis cette émergence rapide. L’idée de prédire l’évolution de l’écoulement atmosphérique, elle, est déjà ancienne. Elle date au moins des années 20, quand le mécanicien anglais L.F. Richardson imaginait un système - resté à l’état de projet - où plusieurs milliers d’opérateurs humains, rassemblés dans un immense amphithéâtre, coopéraient à la réalisation d’une prévision du temps sous la conduite d’un chef d’orchestre. Les modèles numériques ont donc bénéficié à leur début de concepts scientifiques déjà établis, et dès les années 50, l’Eniac, premier ordinateur installé au Mit, était utilisé par J. Charney et ses collègues pour des applications météorologiques. Dans les années 60, de vrais modèles globaux de la circulation générale de l’atmosphère étaient développés par Y. Mintz et A. Arakawa à Ucla, par J. Smagorinski et S. Manabe au Gfdl à Princeton. En France les premiers modèles atmosphériques ont été développés au cours des années 70, au Cnrs et à Météo-France. L’usage de ces modèles a dès le début été double : prévoir le temps à échéance de quelques jours, et comprendre les mécanismes fondamentaux qui régulent le climat de notre planète et ses variations à plus long terme. L’importance de la prévision météorologique explique en partie pourquoi les modèles océaniques, qui n’ont pas été poussés par un même besoin opérationnel, se sont développés avec quelques années de retard sur leurs cousins atmosphériques (voir l’article de C. Le Provost).

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