|
|
Bien quobjets microniques, les aérosols atmosphériques
jouent un rôle clé dans le fonctionnement du système
terrestre. Environ trois milliards de tonnes de particules sont injectées
chaque année dans latmosphère par des processus naturels
(érosion des sols, éruptions volcaniques, embruns océaniques...)
ou par les activités humaines (activité industrielle, circulation
automobile, feux...). Ces aérosols résident en moyenne une
semaine dans la troposphère. Durant cette période, ils absorbent
ou diffusent une partie des rayonnements solaires et telluriques (effet
direct) ; ils interviennent dans la formation des nuages et influencent
leur durée de vie et leurs propriétés optiques (effet
indirect). Par ces deux effets, les aérosols affectent de façon
significative le bilan radiatif terrestre. De part leur petite taille,
ces particules sont soumises à un transport atmosphérique
à longue distance (plusieurs milliers de kilomètres). Cette
capacité au transport fait que pour certains écosystèmes,
et pour certains éléments, les aérosols constituent
le vecteur majeur de leur cycle biogéochimique.
Au cours des quinze dernières années, lInsu a mis
en place différents programmes pluridisciplinaires autour de cette
thématique. Les principaux résultats obtenus portent sur
:
- Les aérosols dorigine
désertique, première source mondiale daérosols.
Dans le cadre du Programme Erosion Eolienne en Régions Arides
et Semi-arides (Pacb et Pnca), les premières climatologies satellitaires
des zones source et des trajectoires de transport des aérosols
sahariens ont été établies. Elles ont mis en relation
la variabilité annuelle des transports de poussières avec
loscillation nord-atlantique. Parallèlement, une modélisation
des processus démissions de poussières, prenant
en compte les hétérogénéités des
états de surface (en particulier la rugosité de petite
échelle), a été développée, validée
et insérée dans un modèle global de transport afin
de simuler limpact radiatif direct de ces aérosols qui
peut atteindre une dizaine de watts par mètre carré sur
lAtlantique nord tropical.
- Les aérosols carbonés,
qui sont des aérosols particulièrement absorbants. Pour
ces aérosols, la zone tropicale constitue une région-source
majeure en raison de la fréquence des feux de biomasse. Les études
menées en particulier lors des campagnes Decafe et Expresso (Pacb
et Pnca) ont permis de déterminer à la fois les processus
de formation de ces particules en liaison avec le type de combustion,
dévaluer lintensité de leurs émissions
et de fournir une spéciation précise des particules carbonées.
Un inventaire global des sources de ces particules a été
réalisé pour simuler leur impact radiatif.
- Sur les aérosols
de sulfates dont laugmentation au cours de la période industrielle
est susceptible de constituer un forçage climatique significatif.
Le travail a principalement porté sur la modélisation
de leur impact radiatif direct et indirect. Les résultats obtenus
ont montré la sensibilité des simulations aux propriétés
physico-chimiques et optiques des particules et à la représentation
des systèmes nuageux. Ils montrent également clairement
la nécessité dacquérir des données
expérimentales supplémentaires.
- Sur les aérosols
métalliques et les nutriments. Ces espèces ont un impact
potentiel positif ou négatif sur le fonctionnement des écosystèmes.
Leffort, développé en particulier dans le cadre
Eurotrac, a porté sur la quantification de ces apports dans des
écosystèmes régionaux comme la Méditerranée
occidentale et sur la détermination des processus contrôlant
la fraction de ces apports assimilable par la biosphère.
Actuellement, la priorité
est de disposer doutils numériques permettant dévaluer
précisément quel a été et quel sera le rôle
climatique de ces aérosols. Les efforts sont orientés vers
linclusion des différentes paramétrisations développées
pour chacune des espèces dans un modèle climatique global.
On espère ainsi pouvoir mieux prendre en compte les interactions
entre les différents types daérosols. Ces efforts
portent également sur la participation des équipes françaises
à des campagnes internationales intensives (comme Ace-2 ou Indoex)
qui fournissent à la fois le support au développement de
paramétrisations plus adaptées et les moyens de valider
et contraindre les simulations numériques. Ces campagnes bénéficient
naturellement des développements instrumentaux réalisés
dans les laboratoires comme le radiomètre Polder (aéroportable
et satellisé) ou le Lidar aéroporté Leandre.
|