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Extrait de la Lettre
n°10 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme
Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)
1-
La déglaciation : les archives du Grand Lac dAnnecy (Programme
CLIMASILAC). Histoire reconstituée à partir de la carotte
de 43 m prélevée au centre du lac. Contact : C. Beck (beck@univ-savoie.fr),
A. Brauer (brau@ gfz-potsdam.de)
2 - Les variations de la signature isotopique des précipitations
en Europe ressemblent globalement de façon frappante à celles
de la glace au Groenland indiquant par là un caractère homogène
à grande échelle des masses d'air. Les différences
entre ces deux signaux peuvent sinterpréter en terme de dynamique
climatique. Contact : U. Von Grafenstein (ulrich.von-grafenstein@lsce.cnrs-gif.fr)
3
- Reconstitution des flux d'érosion dans deux lacs du Jura durant
lHolocène. Bien que lhistoire climatique régionale
soit la même, chaque lac présente une histoire sédimentaire
différente.
Contact : V. Bichet (vincent.bichet@wanadoo.fr)
et G. Bossuet (gilles.bossuet@univ-fcomte.fr
)
4 - Reconstitution des oscillations climatiques en Europe au cours de
lHolocène à partir de différents indicateurs.
Contact : M. Magny (michel.magny@univ-fcomte.fr)
5 - Reconstitution des flux organiques sédimentaires (aquatiques
et terrestres) dans le lac du Bouchet depuis 10000 ans daprès
Sifeddine et al<.1996; Meyers et Lallier-Vergès, 1999.
Contact : A. Sifedine (geosife@vm.uff.br)
6 - Evolution climatique au cours des derniers 3000 ans dans le bassin
rhodanien : reconstitution des bilans hydriques réalisée
à partir de l'analyse des lithofaciès et de la granulométrie
des dépôts alluviaux). (Arnaud-Fassetta et Provansal, sous
presse).
Contact : M. Provansal (provansal@cerege.fr)
7 - Reconstitution qualitative des flux hydriques dans le bassin de la
Durance au Tardi-glaciaire et au cours de l'Holocène.
Contact: C. Miramont (c-miramont@upgeo.univ-aix.fr)
8 - Reconstitution de lévolution climatique et de limpact
anthropique dans la région dAnnecy depuis 5000 ans, daprès
les signaux sédimentaires organiques, magnétiques et polliniques
(carotte du Petit Lac d'Annecy).
Contact : H. Noël (Herve.Noel@univ-orleans.fr)
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Pourquoi étudier la paléoclimatologie en domaine continental?
Quelles sont les questions posées et les thématiques majeures
développées par les équipes françaises sur
les différentes zones climatiques? Un aperçu partiel des
différentes avancées est présenté ci dessous
en ce qui concerne les latitudes tempérées. Les chantiers
développés en Afrique et Amérique du Sud font lobjet
dautres articles dans ce numéro.
Les vingt dernières années ont été marquées
par un développement important des programmes de recherche sur
les sédiments océaniques et les calottes de glace. En marge
de ces programmes, de nombreuses équipes ont travaillé sur
la reconstitution des paloenvironnements continentaux sur différents
sites (Europe, Afrique, Amérique du Sud, Asie) en utilisant des
approches différentes (lacs, loess, sols, spéléothèmes,
remplissages fluviatiles...)
Quatre grandes thématiques sont actuellement développées
en recherche paléocontinentale par la communauté française
:
- l'étude des transitions majeures entre épisodes glaciaires
et interglaciaires au cours des derniers cycles climatiques,
- le dernier maximum glaciaire et les événements abrupts
de la dernière déglaciation,
- la variabilité intra-Holocène à des échelles
de temps diverses de 10 à 1000 ans,
- l'étude des relations (impact et/ou interactions) entre le climat
et l'anthropisation.
Nous illustrons ci-dessous certains de ces points dans le cadre des latitudes
tempérées sans pour cela retracer de façon exhaustive
lensemble de la recherche française dans ce domaine.
A - Les cycles climatiques et le dernier maximum
glaciaire
Lévolution de la végétation en Europe durant
les grands cycles climatiques
Le dernier cycle climatique étudié à laide
des spéléothèmes
Lextension du pergélisol au dernier maximum glaciaire
B - Déglaciation et Holocène
La complexité de la déglaciation et de l'Holocène
a été mise en évidence par les géologues continentalistes
depuis longtemps : avancées et reculs des glaciers alpins, façonnement
des cours d'eau et des terrasses fluviatiles, évolution des sédiments
lacustre, des sols... Les exemples ci-dessous illustrent ces différentes
approches.
La déglaciation : les archives du Grand
Lac dAnnecy
Le programme CLIMASILAC (responsable F. Berthier, BRGM) regroupe de nombreuses
équipes scientifiques et différents organismes sur le territoire
du bassin versant du lac d'Annecy, avec le soutien notamment du syndicat
inter-communal du lac et de la Région Rhône-Alpes. Ce programme
a pour but de retracer l'histoire et le fonctionnement passé du
lac dAnnecy. Une attention particulière est portée
sur le milieu naturel : indicateurs climatiques, géodynamiques,
sismiques et érosifs. Une autre approche concerne l'impact des
activités anthropiques : sylvicoles, agricoles et industrielles.
Les quatre premières années ont été consacrées
à la caractérisation du milieu (structure du remplissage
sédimentaire, nature des dépôts, environnement géodynamique,
taux d'érosion, occupation des rives, confrontation de marqueurs
sédimentaires).
Les travaux ont été réalisés à partir
de trois grands types de techniques : campagnes sismique et acoustique,
carottage des sédiments lacustres sondages, sondages et prélèvements
à terre (sols du bassin versant, séries lacustres des anciens
Interglaciaires). Les principaux résultats sont présentés
dans un volume spécial de la revue Journal of Paleolimnology
(Editions J.L. De Beaulieu & J. Casanova) ainsi que dans un disque
compact de vulgarisation scientifique.
Un exemple des résultats acquis est présenté figure
1 et se rapporte à la grande carotte prélevée au
centre du lac. La base de la carotte remonte au dernier maximum glaciaire.
Cette carotte intègre lhistoire régionale de la déglaciation.
Les différentes unités présentes sont interprétées
en fonction des mécanismes successifs de dépôt des
sédiments. On constate un épisode particulier commun dans
de nombreux lacs périalpins (façade nord-ouest) dune
durée de 5 à 6 siècles environ qui a donné
lieu à un dépôt de sédiments varvés
avec très fort taux de sédimentation. Ces apports correspondent
à une fraction lithologique fine dorigine lointaine (bordure
Belledone/Mont Blanc). Ils résultent du désenglacement des
vallées et du lessivage des produits dérosion glaciaires.
La fin de cet épisode se situe au début du tardiglaciaire
(environ 14 500 cal. BP).
La déglaciation : les ostracodes du Lac
Ammersee (Bavière)
Les rapports isotopiques de loxygène, mesurés dans
les coquilles des ostracodes benthiques peuvent permettre, dans certains
cas, une quantification des rapports isotopiques de la précipitation
atmosphérique, lorsque le bilan du lac est bien contraint : lévaporation
doit restée négligeable dans le bilan hydrique du lac et
la température de leau au lieu de formation des coquilles,
constante. Cest le cas du lac Ammersee (près de Munich) où
cette hypothèse savère vérifiée sur
la période glaciaire-Holocène (Von Grafenstein et al.,
1999) : il est alors possible de reconstituer la signature isotopique
de la précipitation pour le bassin versant moyenné sur cette
période à partir des carottes lacustres (figure 2).
Les variations enregistrées ressemblent de façon frappante
à celles trouvées dans les carottes de glace au Groenland.
Ce résultat est le premier qui indique que la signature des masses
d'air qu'on pensait restreinte au régional (site de Summit au Groenland)
est en fait un indicateur climatique beaucoup plus vaste qui traduit un
caractère homogène à grande échelle des masses
d'air. La corrélation semble excellente pour le court terme, cest
à dire pour des échelles de temps de quelques centaines
dannées. Par contre, on trouve des différences significatives
entre Groenland et Europe pendant la dernière déglaciation
sur l'échelle du millier d'année. Alors qu'à Summit
l'épisode froid du Dryas Récent est précédé
d'une décroissance prononcée de l'isotope 18O,
indiquant un refroidissement progressif des masses d'air nordiques, en
Europe l'18O reste stable. Le Dryas Récent est initié
par une évolution qui a lieu à lOuest de lAtlantique,
et se traduit soudain à lEst, interrompant l'équilibre
qui y régnait. Un scénario mettant en jeu fusion des calottes
polaires, déplacement du front polaire et interactions avec la
circulation profonde Nord Atlantique est présenté par les
auteurs de cette étude.
Reconstitution des flux d'érosion dans
deux lacs du Jura
Un des objectifs du programme DBT "Dynamique et Bilan de la Terre-Fleuves
et Erosion" de l'INSU (Institut National des Sciences de l'Univers)
était de quantifier les flux de matières et les stocks sédimentaires
accumulés pendant les périodes Tardiglaciaire et Holocène
dans plusieurs bassins de moyenne latitude (lac de Chambon, lac de Chaillexon...)
en fonction de différents paramètres (nature du bassin versant,
climat, végétation, action humaine). Lexemple suivant,
relatif à deux lacs du Jura, illustre comment la réponse
sédimentaire à une même évolution climatique
régionale peut être différente selon le type de fonctionnement
du lac.
La figure 3 présente lévolution des sédiments
déposées dans deux paléolacs du Massif Jurassien
: le lac de Chaillexon et le lac de Cerin. Il apparaît que la réponse
sédimentaire de chaque bassin versant aux fluctuations climatiques
est très différente d'un géosystème à
l'autre. Les dépôts fortement dilatés à Chaillexon
sont les plus réduits à Cerin, en particulier pour les dépôts
de l'interstade Bölling-Alleröd et pour le Subboréal.
Tandis que Chaillexon enregistre des flux presque exclusivement détritiques,
Cerin à l'exception du Dryas Récent ne se comble que de
dépôts lacustres ou palustres autochtones (formation . Les
deux épisodes de plus forte sédimentation carbonatée
du Préboréal/Boréal et de la 2ème moitié
de l'Atlantique ancien coïncident respectivement avec le réchauffement
du climat entre 10 000 et 8000 ans B.P. et avec l'optimum climatique de
l'Holocène.
Cette disparité s'explique par une différence fondamentale
dans la manière dont fonctionnent les 2 systèmes. Cerin
est un système aux dimensions réduites, la surface initiale
du lac est de 14 ha et celle du bassin versant ne dépasse pas 2 km2.
A la différence de Chaillexon, le lac n'est pas alimenté
par un vecteur hydrologique puissant mais par des eaux de ruissellement
à la surface du bassin. La charge détritique apportée
au lac est donc très faible. En revanche le contexte est particulièrement
favorable à la sédimentation carbonatée et organique
autochtone. Ces dépôts apparaissent comme de bons indicateurs
des évolutions climatiques dont ils sont avant tout dépendants.
Par contre, c'est dans l'étude de la fraction détritique
allochtone produite par le bassin versant et piégée par
les cuvettes lacustres qu'il faut chercher les éléments
de réponse à l'impact anthropique.
Reconstitution du niveau des lacs jurassiens
et périalpins
Une méthode mise au point au laboratoire de Chrono-Ecologie de
Besançon (Magny, 1998) permet de reconstituer les variations du
niveau des lacs à partir de l'étude sédimentologique
des concrétions carbonatées littorales. Il a ainsi été
établi une courbe moyenne des variations du niveau des lacs jurassiens
et périalpins depuis 14 500 ans (soit depuis 12 700 14C
BP). Cette courbe est basée sur des séquences sédimentaires
bien datées, échantillonnées dans près de
30 lacs différents (figure 4) et permet de documenter aux moyennes
latitudes européennes les variations hydrologiques (ressource en
eau). Les hauts niveaux lacustres apparaissent associés aux épisodes
davancée des glaciers alpins et dabaissement de la
limite de la forêt. La première partie de l'Holocène
(avant 6000 ans) serait sous la double influence du forçage océanique
(circulation thermohaline) et du forçage solaire, alors que la
seconde partie, plus récente, de l'Holocène serait sous
le seul contrôle du forçage solaire. Cette interprétation
est proposée sur la base d'une comparaison des données de
flux hydriques avec les variations du 14C résiduel dans
l'atmosphère en particulier.
Rapport Bassin Versant / Lac : les flux de matière
organiques
Létude de la composition organique des sédiments et
la quantification des flux organiques sédimentaires - aquatiques
et terrestres - soulignent également une forte variabilité
climatique de l'Holocène aux échelles pluri-millénaire
et pluri-séculaire.
L'étude de la dernière transition Tardi-Glaciaire - Holocène
au Lac du Bouchet a montré les points suivants :
- en période glaciaire, le déboisement total du bassin versant
provoque un flux accru de matière minérale lié à
la déstabilisation des sols; les flux aquatiques restent peu abondants
(MO aquatique dégradée).
- en période interglaciaire (figure 5), la reprise du couvert végétal
stabilise les sols et diminue le flux minéral. Le réchauffement
se marque par une augmentation des flux de carbone organique lié
à la matière organique terrestre et aquatique. Toutefois,
les flux organiques aquatiques traduisant le niveau trophique (niveau
dactivité biologique) du lac réagissent plus rapidement
au réchauffement climatique que les flux organiques terrestres,
caractéristiques du développement de la biomasse sur le
bassin versant.
- au Sub-Boréal, vers 2500 ans BP, le début des déforestations
anthropiques liées à l'industrie du bronze déstabilisent
les sols, ce qui a pour effet d'augmenter le flux minéral puis
de favoriser la production aquatique par apport de nutriments.
Les systèmes fluviatiles
Bassin de la Somme
Voir "Lévolution climatique
du bassin de la Somme... "
Bassin Rhodanien
L'analyse des lithofaciès et de la granulométrie des dépôts
alluviaux permet de reconstituer des variations de bilans hydriques. Les
études menées dans le bassin rhôdanien français
permettent de reconstituer lévolution des derniers 3000 ans
(figure 6). Le Petite Age Glaciaire est clairement mis en évidence
dans entre 1500 et 1850 AD par une intensité supérieure
des crues par rapport aux autres phases humides. Celles-ci, plus faibles,
sont nettement décelables entre 800 et 400 av. JC, puis entre 400
et 700 AD).
Torrents sud-alpins
La variabilité du climat au Tardi-glaciaire et au cours de l'Holocène
est également montrée par les études des remplissages
de torrents sud-alpins. Elle s'exprime notamment par une alternance d'installations
de forêts (ralentissement du flux hydrique) et des périodes
d'alluvionnement (gonflement des flux hydriques, avec enfouissement de
troncs). Les études menées ont ainsi permis de reconstituer
lévolution climatique dans le bassin de la moyenne Durance
sur la période 14 000 - 7000 cal. BP (figure 7), mettant en
évidence 5 périodes successives denfouissement de
tronc.
Enregistrement des effets de l'anthropisation
: lexemple du Petit Lac dAnnecy
Ces études se basent sur des corrélations avec des résultats
obtenus dans le cadre d'autres programmes comme Environnement de l'Homme
(département SHS du CNRS) ou CLIVAR (PNEDC). Dans cette optique,
plusieurs équipes regroupées au sein du programme CLIMASILAC
étudient les interactions entre l'anthropisation du bassin versant
et l'évolution climatique régionale.
Une collaboration récente entre organiciens, palynologues et géophysiciens,
menée sur les sédiments du Petit Lac d'Annecy, a conduit
à une approche combinée des signaux organiques, magnétiques
et polliniques. Le signal magnétique majeur utilisé ici
(Soft-IRM) signe les apports des horizons supérieurs des sols.
Les analyses polliniques retracent la paléoécologie du bassin
versant. La reconstitution de ces différentes données a
été faite sur les 5000 dernières années (figure
8). Les auteurs découpent lenregistrement en trois grandes
périodes :
- de 5000 BP à 2000 BP : les apports pédologiques magnétiques
sont peu importants et constants. A lopposé la MO dérivée
du bassin versant est très fluctuante et provient essentiellement
des litières forestières. La très nette domination
des pollens darbres (> 90%) indique que le couvert végétal
était essentiellement forestier. Ce couvert végétal
dense avait pour effet de stabiliser les sols et de limiter ainsi les
apports dorigine pédologique. Cependant, des crises de fortes
pluies ou de crues existaient comme latteste labondance de
particules organiques provenant dhorizons superficiels. Après
3800 BP, la forte réduction des genres Abies et Picea au profit
des taxons plus thermophiles et moins hygrophiles Fagus et Quercus, peut
traduire une réduction des précipitations ou une augmentation
des températures si elle nest pas liée à une
réduction anthropique des sapinières daltitude à
léchelle régionale.
- de 2000 BP à 1000 BP: une augmentation progressive de l'érosion
des sols est interprétée comme la conséquence des
déforestations liées à l'occupation romaine.
- de 1000 BP à aujourdhui: au début de lan Mil,
le défrichement important lié à l'activité
monastique est remarquablement enregistré (Higgit et al.,
1991). Laménagement du bassin versant par lHomme a
eu pour effet de déstabiliser la cohérence mécanique
des sols et de faciliter leur mobilisation. Il en découle une augmentation
du taux de sédimentation moyen de 0,115 à 0,34 cm/an. Au
plus fort des déforestations, lérosion sexprime
par des apports pédologiques magnétiques et organiques continus
et importants. Par la suite, à partir de 1400 AD, en raison de
la mise en culture céréalière puis de la sylviculture
arborée, les sols sont restabilisés. Lexportation
de particules pédologiques ne se fait que de façon ponctuelle,
probablement en liaison avec des périodes de fortes pluies à
caractère événementiel.
Calibration avec lActuel
Les sédiments superficiels
Etudier les mécanismes mis en jeu dans la colonne d'eau, à
l'interface eau-sédiment et dans les premiers centimètres
de la colonne sédimentaire a notamment pour objectif de chercher
à calibrer les signaux paléo-environnementaux lacustres,
sensibles aux processus diagénétiques précoces et
de comprendre comment s'archive le message sédimentaire. Ces recherches
sont indissociables des problématiques de la Paléoclimatologie
et souvent les deux approches sont menées de front sur le même
site.
Massif central, Jura, Alpes
C'est le cas des études menées sur les lacs du Massif Central
(lac Pavin, lac du Bouchet, lac d'Aydat) et également sur le lac
d'Annecy. Ces études concernent les processus de formation, de
diagenèse et de réactivité de la MO aquatique en
relation avec les cycles des métaux, du phosphore et de l'azote.
C'est également le cas des études menées sur certaines
tourbières du Massif Central et du Jura, sur les mécanismes
de dégradation/préservation des végétaux supérieurs
cette fois (Laggoun-Défarge et al., 1998). Cette approche prend
en compte l'aspect anthropisation par une analyse parallèle de
zones drainées et non drainées.
Lacs de haute montagne
Récemment des campagnes de carottage se sont déroulées
dans les lacs de haute montagne. L'objectif de cette recherche est de
calibrer le signal "climatique" en comparant des lacs de moyenne
et de haute altitudes. Ceci se fait par exemple à partir des diatomées
dans la région du Brévent (Druart, INRA Thonon) mais aussi
à partir de marqueurs chimiques et de radionucléides. Ces
lacs sont situés dans le Massif des Aiguilles Rouges, dans la région
de Chamonix (laboratoires LPCA, Chambéry; LGGE, Grenoble). Un volet
"pollution"est également inclu.
Dendrochronologie et palynologie
Un programme européen appelé " Forest Response to
Environmental Stress at Timberlines " étudie des analogues
actuels de bois présentant une grande variabilité spatiale
(de la Méditerranée aux pays nordiques en passant par les
Alpes) pour obtenir des marqueurs climatiques calibrés régionalement
et latitudinalement. Les paramètres météorologiques
sont enregistrés en continu et les arbres (abondance des pollens,
structure cellulaire et composition isotopique du bois, densité
des aiguilles de pin et densité des stomates sur les aiguilles)
sont étudiés en parallèle. Dans le même temps,
ces paramètres sont étudiés dans des débris
organiques provenant d'échantillons superficiels de sols, lacs
et marais.
C - Perspectives
La communauté des paléoclimatologues continentalistes se
reconnaît aujourd'hui et commence à se fédérer
autour de plusieurs points :
- calibrer les différents marqueurs environnementaux et climatiques
par l'analyse des processus actuel,
- développer le double aspect " interprétation - modélisation
" en collaboration étroite avec lobservation, et en
collaboration avec les communautés des archives océaniques
et glaciaires,
- souder la communauté française continentaliste en créant
un groupement de recherche de type GIS,
- cibler des chantiers fédérateurs permettant de mettre
en parallèle plusieurs types d'archives paléoenvironnementales,
et en favorisant les échanges avec les chercheurs des Sciences
Humaines.
Proposition de Zones-Ateliers
Cible Rhône-Alpes. Ce chantier permettrait d'étudier les
mécanismes de surface et les paléoenvironnements à
partir de l'étude des sédiments du lac du Bourget, des terrasses
et dépôts fluviatiles du Rhône et des torrents sud-alpins,
des sols du bassin versant et des spéléothèmes. Ces
dernières sont appelées à jouer un rôle essentiel
tant par loutil datation absolue par U/Th que par la résolution
temporelle offerte. La région Rhône-Alpes dispose pour cela
de nombreuses grottes.
Cible Nord-Ouest de la France (tourbières, vallées de la
Seine et de la Somme - enregistrement côtier - Atlantique Nord).
Cette deuxième cible permettrait une reconstitution de lévolution
climatique dans les domaines continentaux et océaniques, de leurs
relations et de leurs dynamiques propres.
Une troisième cible, également envisagée, dépasse
le cadre des moyennes latitudes et concerne cette fois le domaine tropical
(comparaison lac africain - enregistrements océaniques de basses
latitudes).
Ce travail résume une partie des présentations faites dans
le cadre des journées de lINSU " Climat et Environnement
du Passé ", notamment celle du 01/04/99, organisée
par A-M Lézine (chargée de mission à lINSU)
et F. Gasse (responsable du programme PEP3).
Contacts :
Elisabeth Lallier-Vergès
Institut des Sciences de la Terre dOrléans
Université dOrléans
45067 Orléans
Elisabeth.Verges@univ-orleans.fr
Marie-Antoinette Mélières
LGGE, UPR CNRS A5151
Université de Grenoble 1
BP 96 - 38402 St Martin dHères
melieres@glaciog-ujf.grenoble.fr
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