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Extrait de la Lettre
n°8 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme
Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)

1 - Variations de l'anomalie de niveau de la mer observée par la combinaison
de TOPEX/POSEIDON et d' ERS-2 durant lété 1996. (P.Y. Le Traon et
al./CLS, Space Oceanography Division, France)

2 - Variations du niveau marin calculées sur 4 ans, de 1992 à 1996. (P.Y.
Le Traon & N. Ayoub/CLS, Space Oceanography Division, France)

3 - Les campagnes récentes en Méditerranée occidentale ont été focalisées
sur l'étude de structures à méso-échelle, depuis la Mer d'Alboran jusqu'au
Bassin Algérien.

4 - Relation entre le caractère trophique et les flux de carbone organique
particulaire (COP) mesurés par des piegés à particules. (Document préparé
par S. Heussner /CEFREM, Université de Perpignan)

5 - Augmentation de la température et de la salinité des
eaux profondes.

6 - Modification de la dynamique en mer Egée. (Mosetti, OGS - Trieste).

7 - Evolution des teneurs en plomb des eaux et des sédiments. (Ferrand
et al., 1998).

8 - Autre approche pour évaluer le taux d'anthropisation du milieu marin
côtier, tributaire de l'apport continental : une étude faite par Galgani
et al. (1996) sur la répartition des débris faiblement dégradables sur
les fonds du Golfe du Lion.

9 - Pour illustrer le mécanisme de transport et d'accumulation, une photo
prise par le submersible Cyana (IFREMER) à 1000 m de profondeur dans un
canyon, montre la présence des déchets modernes dans ce qui a été d' anciennes
vallées glaciaires.
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Cet océan miniature qu'est la Méditerranée pourrait
bien nous alerter dès maintenant sur le devenir des océans
mondiaux sous l'action de l'activité humaine. Zone particulièrement
sensible, car bien délimitée et soumise à une forte
pression anthropique, elle présente une évolution décelable
sur les dernières décennies. Le programme MATER a pour but
une approche intégrée de la Méditerranée dans
ses aspects physiques, chimiques et biologiques .
De locéan primitif à une
mer entre les terres
La Méditerranée est héritée d'un océan
primitif, la Tethys, qui, il y a 200 millions d'années (MA), était
insérée entre deux masses continentales, européenne
et africaine . On peut rappeler que 80% des ressources en hydocarbures
du globe sont situées sur les marges de ce paléo-océan
équatorial. Vers 65 MA, la distribution des continents (Amérique
du Nord, Eurasie, Amérique du Sud et Afrique) devient reconnaissable
avec l'ouverture des océans Atlantique et Indien ; mais un mouvement
Sud-Nord de l'Afrique va réduire l'espace océanique entre
l'Afrique et l'Eurasie par l'intermédiaire de diverses zones de
subduction.
On connait ensuite vers 6 MA l'épisode, dit crise messinienne,
résultant de la quasi fermeture du détroit de Gibraltar
qui a entraîné un épais dépôt d'évaporites
en Méditerranée. Puis la remise en eau qui s'en suivit,
s'est tarduite par le remplissage sédimentaire plio-quaternaire
qui donne aux fonds de la Méditerranée son apparente homogénéité.
Comme conséquence de cette évolution géodynamique
: un phénomène de subduction actif sur presque tout le pourtour
de la Méditerranée, l'existence de chaînes périméditerranéennes,
le plongement toujours actif de la plaque africaine et arabique sous la
plaque eurasiatique qui explique la seismicité et le volcanisme
toujours actif, surtout en Italie et en Grèce, des bassins créés
en arrière des zones de subduction. Citons : le bassin algéro-provençal
né d'une dérive du bloc corso-sarde vers 18 MA, le bassin
Tyrrhénien, les mers ionienne et levantine, derniers restes océaniques
de la Tethys et la Mer Egée, le bassin le plus récent.
Un océan miniature
La circulation thermohaline
Le climat dépend des interactions océan-atmosphère
et des redistributions de chaleur, effectuées entre l'équateur
et les pôles, à part égales, par ces deux fluides.
Dans l'océan, cette redistribution se fait via les circulations,
superficielle et profonde (encore appelée circulation thermohaline).
Les eaux profondes sont principalement générées par
la plongée des eaux de surface en Atlantique nord (Mer du Labrador
et la Mer de Norvège.), eaux rendues en ces endroits particulièrement
denses par leur salinité élevée et leur basse température.
Ces eaux profondes parcourent alors lentement (en plus de 1000 ans) l'Océan
Atlantique du nord au sud puis, après avoir contourné l'Antarctic,
parcourent l'Océan Pacifique du sud au nord où elles remontent
à la surface. Une partie de ces eaux profondes remonte également
en surface dans l'Océan Indien. Le rôle de cette circulation
profonde encore appelée "Conveyor Belt" apparaît
particulièrement important dans les changements climatiques (elle
a par exemple fortement varié lors de la dernière déglaciation)
et la connaissance des mécanismes impliqués dans cette circulation
est un point crucial pour la prévision de l'évolution climatique.
L'étude de cette "Conveyor Belt" planétaire est
difficile en raison des dimensions spatiales et temporelles. Or il existe
en Méditerranée, un système de "Conveyor Belt"
analogue, dont l'étude est considérablement plus aisée
étant donné les zones d'occurence. Ici, la circulation thermohaline
est gouvernée par la différence de densité existant
entre l'Océan Atlantique et la Méditerranée qui est
un bassin de concentration, la charge en sel étant dûe au
déficit évaporation-précipitation.
En conséquence, des eaux de surface peu salées et chaudes (température
de l'ordre de 16°C) entrent en Méditerranée tandis que des eaux profondes
de Méditerranée, salées et froides (température de l'ordre de 13°C),
se déversent dans l'Océan Atlantique jusqu'à influencer vers le Nord le
circuit du Gulf Stream. L'eau Atlantique entrante détermine une partie
importante de la circulation cyclonique de surface ; elle est transformée
en hiver en eau méditerranéenne profonde (plongée des eaux de surface)
au niveau du Golfe du Lion et en eau Levantine Intermédiaire en Méditerranée
Orientale, au niveau du bassin crétois. On comprendra donc, l'intérêt
des modèles de circulation générale qui sont en cours de développement
dans le cadre du MTP-MATER pour améliorer la compréhension des échanges
atmosphère-océan et de la variabilité saisonnière et interannuelle. Ils
ont été intercomparés avec les modèles océaniques et, de fait, ils reproduisent
les principales structures hydrodynamiques.
La circulation de surface et la variation du niveau moyen de la
mer
Avec l'emport d'un altimètre, la mission franco-américaine
Topex-Poseidon donne accès à une vue globale de la circulation
de surface et à sa variabilité. Environ la moitié
du signal est reliée aux effets de contraction-dilatation dûs
aux échanges de chaleur entre l'atmosphère et l'océan
; l'autre moitié est dûe aux variations des échanges
à Gibraltar et à l'évaporation et aux précipitations.
La topographie de surface permet d'apprécier les courants avec
une précision de l'ordre de quelques centimètres par seconde
; elle permet aussi, de mesurer les variations du niveau marin.
La figure 1 montre les anomalies négatives (-8cm) et positives
(+8cm) anticycloniques durant l'été 1996 ; les structures
caractéristiques à méso-échelle sont bien
marquées : gyre anticyclonique d'Alboran et les "eddies"
associés au courant algérien, ainsi que les structures anticycloniques
complexes (Ierepetra) en Méditerranée Orientale.
La figure 2 où sont portées les variations du niveau marin
calculées sur 4 ans, de 1992 à 1996, fait apparaître
la forte variabilité saisonnière qui peut atteindre 20 cm,
avec des pics en automne et des minima au printemps (figure 2a). Depuis
quelques années, le niveau moyen des océans s'est élevé
d'environ 2 mm ; en Méditerranée (figure 2b), une tendance
identique est observée, mais avec une dérive qui peut atteindre
1 cm an-1 ; dérive qui a été exceptionnellement forte
en 1996. Mais dans un cas comme dans l'autre, il subsiste une forte incertitude
car il est nécessaire de disposer d'enregistrements à plus
long terme.
Importance des phénomènes dynamiques à méso-échelle
et le couplage physique-chimique-biologique
A côté des modèles à grande échelle
et des modèles globaux sur le cycle du carbone, on reconnait, maintenant,
l'intérêt d'améliorer les modèles couplés
physique/biogéochimie au niveau des structures à méso-échelle
(quelques centaines de kilomètres). Ces structures sont communes
en Méditerranée et leur approche pluridisciplinaire a été
fortement développée. On donnera, ici, des résultats
récents obtenus au niveau du courant algérien par les équipes
françaises et espagnoles et associant observations satellitales
et mesures in situ. (figure 3)
Les flux biogéochimiques à léchelle
dune mer régionale - relation avec le degré trophique
Une expérience unique a eu lieu qui a consisté à
qualifier et quantifier les flux de matière dans l'ensemble du
bassin méditerranéen en des sites representatifs et en utilisant
les mêmes équipements et les mêmes approches analytiques.
Des lignes instrumentées de pièges à particules et
de courantomères ont été mouillées durant
1 à 2 ans, de 1993 à 1995 : dans le bassin Nord-Baléares
le long du circuit liguro-provençal-catalan, au centre de l'Adriatique
et dans le détroit ouest-Crête, entre la Mer Egée
et la Mer Ionienne (figure 4).
On peut résumer les résultats en quelques points essentiels
:
- les flux moyens totaux
et de carbone mesurés à 500 et 1000 m mètres de
profondeur, suivent le gradient trophique du sous-bassin dépendant
de la productivité biologique et de la proximité des sources
d'apports continentaux ;
- les flux les plus faibles, de l'ordre du milligramme m-2 j-1, sont
enregistrés dans l'aire la plus oligotrophe du bassin crêtois
; ici, la structure de la chaîne alimentaire dominée par
les dinoflagellés et les bactéries est typique des milieux
océaniques ;
- à 500 m la variabilité saisonnière des flux de
carbone est nette.
Ainsi dans une aire à
méso-échelle, la dynamique contrôle la variabilité
spatiale des flux de masse ; le gradient d'accroissement des flux avec
la profondeur (entre 500 et > 1000m) est lié à l'advection
horizontale de matière venant de sources locales ou lointaines.
Ce mécanisme d'advection déjà décrit en Méditerranée
comme en domaine océanique, a été récemment
invoqué pour expliquer l'exportation de carbone dissous et particulaire
en suspension vers l'intérieur des océans ; les calculs
de Bauer & Druffel (1998) suggérent que les apports de ce carbone
depuis les marges continentales vers l'océan profond sont d'un
ordre de grandeur plus élevés que le carbone organique dérivé
de la production de surface au niveau des gyres de l'Atlantique Nord et
du Pacifique Nord.
La Méditerranée : zone test des
changements naturels et anthropiques
L'ensemble des travaux entrepris en Méditerranée et plus
récemment coordonnés dans le cadre des programmes européens
MTP I et II-MATER, permet de faire l'inventaire de quelques faits saillants
identifiant des changements récents de cet environnement.
Augmentation de la température et de la salinité
des eaux profondes
Dès 1990, Béthoux et al. (Nature, 347) signalaient
l'augmentation de ces deux paramètres mesurés depuis 1959
dans l'eau profonde du bassin algero-provençal (figure 5). Cette
tendance est confirmée jusqu' à ce jour et un bilan radiatif
récent, fait par ces mêmes auteurs sur la période
1940-1995 sur l'ensemble de la Méditerranée, montre qu'il
est comparable à celui estimé dans l'hémisphère
nord, soit autour de 1.7 Wm-2. En conséquence, l'augmentation de
température observée en Méditerranée constituerait
le premier effet mesuré de l'effet de serre (Bethoux et al., 1998).
Augmentation des sels nutritifs
Les mêmes suivis de la variation du contenu en sels nutritifs, effectués
de 1965 à 1995, montrent que les eaux de la Méditerranée
occidentale se sont enrichies en nitrates et en phosphates. Cet accroissement
est attribué à l'activité industrielle, urbaine et
agricole. Il s'en suit une tendance, quoique irrégulière,
à l'eutrophisation du bassin, avec une conséquence inattendue
qui est une augmentation de la production halieutique, surtout de petits
poissons pélagiques (sardines et anchois). En effet, les statistiques
de pêches faites à partir des données du Geophysical
Information System montrent, que depuis quelques décades (70-80),
la productivité augmente surtout sur les marges continentales du
Nord de la Méditerranée ; cette distribution relie, nettement,
ce phénomène à l'impact humain. Cependant ce qui
peut paraître maintenant un effet positif (augmentation de la production
halieutique), n'est pas dépourvu, à long terme, de conséquences
sur la biodiversité (baisse de celle ci avec prédominance
de quelques espèces).
On sait, par contre, que le Sud-Est de la Méditerranée reste
très oligotrophe et que ce caractère est aggravé
depuis la construction du barrage d'Assouan. A cet aménagement
sont liées :
- la réduction de
75% des pêches au large du Nil,
- l'érosion des côtes
- la salinisation des terres du delta.
Ceci n'est pas sans conséquences
sur l'économie tirée respectivement des ressources vivantes
marines et de la riziculture.
Un évènement majeur en Méditerranée
Orientale
Entre 1987 et 1995, un changement dynamique a été observé
en Mer Egée (mer entre la Grèce et la Turquie) : la formation
d'eaux salées et denses qui s'écoulent à travers
les seuils de Crête et modifient la circulation ionienne( Mer Ionnienne
: entre la Grèce et la Sicile). Le déplacement de ces eaux
au delà des détroits est bien marquée par les chlorofluorocarbones
(Roether et al. 1996). La figure 6 montre la simulation du développement
de ce "nouvel état" retracé par l'évolution
de la salinité.
On tente actuellement de donner une explication à cette modification
de la dynamique qui peut avoir des conséquence sur la productivité
biologique. Trois shémas possibles sont avancés :
- il pourrait s'agir d'une
modification naturelle du climat, les bases de données atmosphériques
montrant que la période 87-93 a été marquée
par des vents forts et des hivers froids;
- une récente publication (Genin, Nature, 1995) met en
rapport les modifications océanographiques et biologiques dans
le Golfe d'Aqaba avec l'hiver froid qui a succédé à
l'éruption du Pinatubo en juin 91, aux Philippines;
- pour Bethoux et al. (1998) le calcul des bilans des échanges
de chaleur et d'eau suffit à expliquer ce changement de la circulation
dans cette partie de la Méditerranée. Le déficit
en eau douce et l'augmentation de la salinité sont à la
fois dûs à la diminution des précipitations (changement
global et effet de serre), aux aménagements des fleuves, mais
également à l'ingression des eaux de Mer Rouge depuis
l'ouverture du Canal de Suez en 1869 et à son aggrandissement
en 1981.
Etat
de la pollution
La Méditerranée est une des zones au monde qui subit la
plus forte pression humaine avec, une population totale des nations qui
la borde atteignant 380 millions de personnes, un tourisme qui, avec 158
millions d'individus, représente 1/4 du tourisme mondial et une
circulation extrêmement dense qui fait que 23% de la quantité
mondiale de pétrole est transportée dans ce bassin dont
la superficie ne représente que 1% de l'océan mondial.
Deux exemples de pollution :
- celle par les métaux
lourds
- celle par les déchets non-dégradables.
Un cas d'étude
: le plomb
La Méditerranée n'est pas, globalement, plus contaminée
que d'autres mers sauf en ce qui concerne le plomb et en partie le cadmium.
Il faut dans tous les cas distinguer les zones du large et les zones côtières,
car 80% des polluants proviennent du continent et surtout des rivières.
L'évolution des teneurs en Pb des eaux et des sédiments
(figure 7) marque bien l'anthropisation du système depuis les années
1920, 57% provenant de l'activité industrielle et 43% des essences
des automobiles.
Un suivi, de 1983 à 1996, de la pollution des eaux du large dans
le bassin occidental de la Méditerranée, montre une diminution
du Pb dissous, à partir de 1994 (figure 7b); elle serait due à
la limitation internationale du Pb dans les essences intervenue en 1976.
Cet exemple permet de mesurer le temps de réponse d'un système
à une mesure d'urgence.
L' étude du Pb contenu dans les sédiments de la marge du
Golfe du Lion est un exemple sur la manière de rendre compte de
l'état d'anthropisation d'une zone côtière. Elle permet
de faire l'inventaire de ce métal dans la zone et de tracer la
dynamique de cet élément depuis les zones sources. On note
ainsi une augmentation régulière des teneurs en Pb dans
la couche de sédiments superficiels séculaires, les plus
fortes concentrations étant associées à l'embouchure
du Rhône, à la proximité de la ville de Marseille
et dans le secteur du canyon de Cassidaigne, lieu de deversement des boues
rouges. On retrouve également des concentrations assez élevées
à 1000 de profondeur et prioritairement dans l'axe des canyons
sous-marins. Les plus forts inventaires trouvés paradoxalement
dans la partie ouest, à plus de 200 km de l'embouchure du principal
émissaire, s'expliquent par le forçage par le circuit géostrophique
liguro-provençal-catalan de direction Est/Sud-Ouest. Ce résultat,
à travers un élément anthropique marqueur, est en
parfait accord avec les mesures de flux de particules mesurés depuis
5 ans aux limites est et ouest de ce système du Golfe du Lion.
La Méditerranée "poubelle"
Une autre forme de l'activité humaine s'exprime sous la forme des
déchets solides faiblement dégradables. L'inventaire fait
par Galgani dans la même zone, par chalutage et observation par
submersible, montre que (figure 8) :
- 70% des déchets
sont des plastiques, sacs et bouteilles,
- si on trouve environ 100 pièces/km2 sur le plateau continental
par moins de 200 m de profondeur, leur densité atteint 700 à
4000 pièces/km2 entre 200 et 1000 m de profondeur, le maximum
étant localisé dans les canyons (figure 9).
Cette distribution est également une expression de la dynamique
avec, probablement, un premier dépôt sur les aires peu profondes,
puis une reprise et une exportation des produits vers le large où
ils sont piégés dans les discontinuités topographiques
que représentent les vallées sous-marines creusées
au cours des bas niveaux marins glaciaires.
Cette répartition à la fois des contaminants liés
aux particules en suspension et des déchets solides correspond
parfaitement aux champs de vitesse des courants tels que simulées
par les modèles : trajectoire Est/Sud-Ouest du courant général
nord-méditerranéen, boucle anticyclonique dans la partie
côtière ouest et circulation particulière dans les
canyons due à la contrainte topographique sur le circuit général
longeant la pente continentale.
Contact :
André Monaco
Centre de Formation et de Recherche sur lEnvironnement Marin
Université de Perpignan
52, Av.de Villeneuve
66860 Perpignan
monaco@univ-perp.fr
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