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Extrait de la Lettre
n°9 du Programme International Géosphère Biosphère-Programme
Mondial de Recherches sur le Climat (PIGB-PMRC)
1- Cytogramme composite obtenu par cytométrie en flux. (Données Marie,
Roscoff).
2-Distribution verticale des Prochlorococcus (Proc), Synechococcus
(Syn), picoeucaryotes (Euk), bactéries (Bact) et virus obtenue en Mer
Méditerranée (18°E, 34°N) lors de la campagne océanographique
MINOS (juin 1996).
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Ces dernières années le développement de nouvelles techniques a permis
la détection successivement du nanoplancton puis des virus, modifiant
sensiblement notre connaissance du fonctionnement des écosystèmes océaniques.
Les virus, le groupe de particule le plus abondant
dans locéan
Lexistence des virus dans le milieu marin est connue depuis le début
des années 50, mais en raison de leur petite taille (50 à 200 nm), labsence
de techniques appropriées a longtemps limité leur étude écologique. Au
cours de la dernière décennie, de nouvelles approches ont été employées
pour cerner leur rôle: microscopie électronique, microscopie en épifluorescence,
biologie moléculaire. Cela a permis d'établir que les virus constituent
le groupe de particules biologiques le plus abondant dans l'océan. Des
études de plus en plus nombreuses tentent den comprendre limportance
et le rôle écologique.
Leur rôle écologique?
Outre limpact que ces virus peuvent avoir dans les échanges génétiques
entre organismes marins, ils ont un rôle clé dans le fonctionnement des
écosystèmes. Ainsi la disparition des bactéries en milieu côtier est imputable
pour moitié à la prédation et pour moitié à la lyse virale. Ils pourraient
aussi réguler la prolifération despèces algales subissant une faible
prédation. Les virus s'attaquant à des populations contenant des composés
tels que le DMS (Phaeocystis) jouent sans doute un rôle très important
dans leur relarguage dans le milieu marin.
La cytométrie en flux, un outil de détection
puissant
Les techniques utilisées jusqu'à présent pour étudier les virus avaient
chacune des inconvénients qui les rendaient difficilement utilisables
à l'échelle de campagnes océanographiques. Par exemple la microscopie
en épifluorescence a l'inconvénient de ne permettre lanalyse que
dun nombre limité déchantillons, ni, surtout, de différencier
les virus des petites bactéries dans le milieu naturel. La cytométrie
en flux vient tout récemment dêtre appliquée avec succès à la détection
et lénumération de virus en solution. Lutilisation des sondes
fluorescentes, marquant les acides nucléiques, telles que le YOYO-1, le
TOTO-1, le PicoGreen et surtout le SYBR Green-I, permet de différencier
la population virale, les bactéries, les débris et autres particules en
suspension (figure 1).
La méthode a dabord été mise au point à partir de cultures algales
(Phaeocystis pouchetii, Micromonas pusilla), infectées par des
virus spécifiques, dont la taille est comprise entre 120 et 150 nm. Les
comptages obtenus par cytométrie en flux se sont révélés équivalents ou
supérieurs à ceux obtenus par les techniques de microscopie, lors dexpériences
dinfection de cultures dalgues. Différents types de virus
en culture ont par la suite été étudiés, et les plus petites particules
virales analysables actuellement par cytométrie en flux ont une taille
de lordre de 50 nm et un contenu en acides nucléiques avoisinant
40 000 paires de bases (bactériophage T7).
Lapplication de la méthode au milieu naturel, a permis de distinguer
deux voire trois populations virales différentes (figure 1). Dans les
eaux oligotrophes du Pacifique équatorial et de la Mer Méditerranée, les
concentrations virales obtenues par cytométrie en flux varient de 2 106
à 6 106 (figure 2), alors que lon trouve des concentrations proches
de 2 107 dans les eaux côtières de la Manche.
La cytométrie en flux permet lanalyse quantitative dun grand
nombre déchantillons (typiquement un par minute), et lutilisation
de cette technique nous aidera, sans aucun doute, à mieux appréhender
limportance écologique des populations virales dans le milieu marin.
Contact :
Dominique MARIE, Daniel VAULOT
marie@sb-roscoff.fr
Station Biologique, CNRS-INSU et Université Pierre et Marie Curie,
BP 74, 29682 Roscoff Cedex
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