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Article écrit par :
Marie-Antoinette Mélières
Laboratoire de glaciologie et géophysique de lenvironnement
(LGGE)
melieres@lgge.obs.ujf-grenoble.fr
et
Christelle Girier-Dufournier
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Afin
de prévenir et de limiter les effets des gaz à effet de
serre émis par l’Homme et susceptibles d’entraîner
un fort réchauffement climatique, les gouvernements se réunissent
chaque année et ce depuis près de dix ans. Le but de ces
réunions est de faire adhérer le plus d’Etats possible
à des conventions visant à maîtriser l’impact
de l’activité humaine sur le climat.
Au plan international
C’est à Rio de Janeiro que s’est tenu,
en juin 1992, le 1er Sommet de la Terre où la plupart des pays
adoptèrent la Convention Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCNUCC). Cette convention avait pour
objectif de stabiliser l’émission des gaz à effet
de serre à leur niveau de 1990 d’ici à l’an
2000. La CCNUCC imposait aux pays signataires de lutter contre le réchauffement
climatique d’origine anthropique.
Signée par pratiquement tous les pays, elle fut ratifiée
en 1994 par 175 états.
Les pays signataires de cette convention se divisent en 2 catégories
:
- Ceux de l’Annexe
I, qui sont prêts à s’engager à réduire
leurs émissions (pays de l’OCDE1
sauf le Mexique et la Corée, et pays d’Europe centrale
et de l’Est dits "en transition" vers une économie
de marché).
- Les autres,
qui ne sont pas prêts à s’engager à réduire
leurs émissions (pays en voie de développent et d’autres
comme la Corée du Sud).
Les mesures concrètes seront prises au travers de protocoles. Le
protocole de Kyoto est l’un d’eux.
Le protocole de Kyoto
En juin 1997, à Kyoto, la Convention sur le climat adopte un protocole
engageant les pays de l’annexe I à réduire ou à
limiter l’émission globale de six Gaz à Effet de Serre
(GES) : CH4, CO2, N2O, PFC, HFC, SF6.
En moyenne, ce protocole engage les pays industrialisés à
réduire leurs émissions de 5,2% par rapport à 1990
(année de référence) et ceci pour la période
2008-2012. Les pays "en transition" ont la possibilité
de choisir une autre année de référence2
. Ces émissions se réfèrent à une concentration
en équivalent-CO2, c’est-à-dire une quantité
totale de CO2 qui aurait le même impact d’intensification
de l’effet de serre que l’ensemble des gaz considérés.
En 1990, les émissions de GES pour les pays concernés par
le protocole de Kyoto s’élevaient à 16,2 milliards
de tonnes d’équivalent-CO2, dont 5,8 pour les
Etats unis, 4 pour l’Europe, 3 pour la Russie, 1,2 pour le Japon,
0,6 pour le Canada et 0,5 pour l’Australie.
Cet accord est un engagement des pays signataires à réduire
leurs émissions, alors qu’en absence de mesures, ces émissions
auraient augmenté en moyenne de près d’un quart. Les
émissions des pays industrialisés seraient ainsi réduites
de près de 30% par rapport à leur tendance initiale.
Lors de ces négociations, l’Europe a été parmi
les plus volontaires, décidant de réduire ses émissions
de 8%. Ceci conduit à réduire de 337 Millions de tonnes
d’équivalent-CO2 (MteCO2) l’émission
annuelle qui en 1990 était de 4208 MteCO2.
Ces engagements varient entre - 8% pour l’Union Européenne
(UE) et +10% pour l’Islande pour la période 2008 - 2012.
Ce sommet s’est conclu par un accord entre les parties, y compris
avec les pays en développement.(tableau
1)
Ces réductions d’émissions doivent
être replacées d’une part dans le contexte des émissions
annuelles en 1990 de chaque pays (deux premières colonnes du tableau
2) et d’autre part dans celui des émissions annuelles
par habitant de chaque pays (les deux colonnes suivantes). Dans ce tableau,
sont séparées les émissions de CO2 seul
et celles de l’ensemble des GES, incluant donc celle de CO2.
L’unité utilisée est le Million de tonne de carbone
pour les émissions de CO2, et le Million de tonne équivalent
carbone pour les GES . Elles peuvent être converties en Million
de tonne CO2 en les multipliant par le rapport 44/12, qui est
le facteur de conversion entre la masse d’une molécule de
C (carbone) et d’une molécule de CO2 (dioxyde
de carbone).
Pour faciliter la réalisation des engagements, le
Protocole de Kyoto prévoit, pour les pays signataires, trois mécanismes
de flexibilité fondés sur le marché : un permis d’émission3,
une Mise en Oeuvre Conjointe (MOC4
), un Mécanisme de Développement Propre
(MDP5). Ces mécanismes complètent
les mesures et les politiques que les pays signataires devront mettre
en œuvre au plan national.
En juillet 2001, les membres de la CCNUCC sur le réchauffement
climatique réunis à Bonn parviennent à un accord
politique d’application du protocole de Kyoto qui sera finalisé
à Marrakech. Cet accord prévoit la création d’un
fonds spécial pour les changements climatiques ainsi qu’un
fonds pour les pays en développement afin de les aider à
se procurer des technologies propres et à limiter l’augmentation
de leurs émissions de gaz à effet de serre. En effet, si
le protocole de Kyoto ne demande aucun engagement de la part des pays
en développement, ils devront tout de même participer à
l’effort général de maîtrise des émissions.
La mise en œuvre effective du Protocole de Kyoto a eu lieu officiellement
le 16 février 2005, 90 jours après que la Russie ait ratifié
le texte permettant de franchir le seuil fatidique des 55% d’émission
mondiale de Gaz à Effet de Serre (rappelons qu’en 2004 la
Russie avait un niveau d’émissions de GES inférieur
de 20% à celui de 1990). En effet, les Etats-Unis, responsables
de 36,1% des émissions, s’étaient retirés du
traité en 2001 et, en novembre 2003, les 120 pays qui avaient ratifié
le Protocole ne représentaient que 44,2% des émissions totales.
C’est la ratification du traité par la Russie en novembre
2004, avec ses 17,4% des émissions de GES, qui a permis d’atteindre
le seuil de 55%.
Washington rejeta le protocole de Kyoto arguant que ce dernier exemptait
des pays comme la Chine et l’Inde à la croissance phénoménale
et de surcroît très peuplés, et que plus il aurait
gravement nuit à l’économie des Etats-Unis.
Le gouvernement américain est en faveur d’une politique énergétique
nationale tenant compte de la nécessité d’améliorer
la qualité de l’air et ne portant pas atteinte à son
économie.
En juillet 2005, lors du Sommet du G86 organisé
par la Grande-Bretagne, le réchauffement climatique fut l’un
des quatre sujets abordés. On a pu assister au cours des conférences
à une évolution de la position officielle américaine
sur le changement climatique. Cependant, Georges Bush reste fermement
opposer au protocole de Kyoto et répète qu’il faut
se diriger vers une ère post-Kyoto. Toutefois, les dirigeants du
G8 sont parvenus à un accord qui ne fixe aucun objectif chiffré
et qui permettrait de renouer le dialogue sur le changement climatique.
La participation de l’Inde et de la Chine aux réductions
mondiales de GES devient impérative car d’ici 2030 ces pays
feront partie des trois premiers émetteurs mondiaux.
Au plan européen
Suite aux accords pris à Kyoto, les 15 plus anciens pays de l’U.E
doivent, à l’horizon de 2012, réduire leurs émissions
de Gaz à Effet de Serre de 8% par rapport à 1990 (graphique
1) Les pays nouvellement entrés7
se sont engagés à réduire leurs émissions
de 6 à 8%, à l’exception de Chypre et Malte pour lesquels
aucun objectif n’a été fixé (graphique
2).
L’Union Européenne établit, via une Décision8
du Parlement Européen, un mécanisme de surveillance et de
communication des émissions de GES afin d’évaluer
régulièrement les avancées en matière de réduction
des émissions de la Communauté Européenne mais également
à veiller à l’exactitude des informations fournies
par les Etats membres européens au secrétariat de la CCNUCC.
Les objectifs d’émission pour la première
période 2008-2012
Ces objectifs sont résumés dans les graphiques 1 et 2. Ils
donnent en % les réductions d’émission que doivent
avoir réaliser en 2008-2012 certains pays (valeurs négatives).
Les valeurs positives expriment le fait que certains pays ont le droit
d’augmenter leurs émissions d’ici l’horizon 2008-2012
.
On peut se demander pourquoi certains pays sont contraints de réduire
leur émission de CO2 (Allemagne, Danemark, etc.) alors
que certains ont le droit de l’augmenter (Portugal, Grèce,
etc.) ou que d’autres, comme la France, ont un objectif de réduction
de 0%.
En fait, ces
valeurs résultent de négociations où plusieurs facteurs
entrent en jeu dont le niveau d’émission de CO2
par habitant et par pays par rapport à l’année de
référence (1990).
Comme la France a déjà mis en œuvre dans les années
80 une politique énergétique (développement du parc
nucléaire) aboutissant a une émission modérée
de CO2, son objectif de réduction est de 0% au moment
des négociations. Elle n’a, en fait, qu’un objectif
de stabilisation de ses émissions de GES.
NB : 78% de l’électricité produite en France provient
du nucléaire, 12% sont d’origine hydraulique et éolienne,
10 % sont obtenus par la combustion de carbone fossile (fioul, charbon,
gaz) et produisent du CO2 (graphique
3).
Évolution des émissions depuis
l’année de référence (1990), où en est-on?
En 1999, L’UE-15 présentait une réduction de 4% de
ses émissions combinées des six gaz à effet de serre.
Elle était donc à mi-chemin de ses objectifs de Kyoto (soit
-8% en 2012). Le CO2 qui représentait 80% des émissions
totales des GES de l’UE-15 avait diminué de 1,6% entre 1990
et 1999. Cependant, les efforts doivent perdurer sinon les émissions
demeureront inchangées ou augmenteront de 1% d’ici à
2010 par rapport à 1990.
En 2001, les 4 111 Mt équivalent-CO2 émis annuellement
par l’EU-15 (dont 82% de CO2) provenaient à 28% des centrales
électriques, à 21% du transport, à 20% des industries,
à 17% des résidences, commerces et services, et à
10% de l’agriculture. Entre 1990 et 2001, les émissions de
tous ces secteurs ont diminué, excepté celles des transports
qui ont augmenté de 21%.
En 2001, cinq membres de l’Union étaient sur la bonne voie
pour atteindre leur objectif respectif par rapport à l’objectif
de régression linéaire de l’UE: le Luxembourg, l’Allemagne,
la Suède, le Royaume-Uni et la France. C’est en Allemagne
et au Royaume-Uni que les réductions étaient les plus importantes.
En Allemagne, cela était dû à la réunification
accompagnée d’une meilleure efficacité énergétique
et d’une restructuration économique dans les 5 nouveaux états
fédéraux (l’ex-Allemagne de l’Est). Au Royaume-Uni,
il s’agissait d’une conséquence de la libéralisation
du marché de l’électricité et de l’utilisation
subséquente du gaz naturel dans les centrales électriques
en lieu et place du charbon et du pétrole (il est évident
que ces circonstances ne se produiront pas une seconde fois ni en Allemagne
ni au Royaume-Uni). Un autre facteur non négligeable était
la réduction importante à l’échelle européenne
des émissions de GES autres que le CO2 et, en particulier,
celles du N2O dans l’industrie chimique.
Par contre, les autres Etats Membres étaient loin de respecter
leur promesse.
En 2001, la situation, sur le plan mondial, peut être schématisée
par les tableaux 3 et 4. Le tableau
3 présente l’évolution de la production de CO2
en Millions de tonnes de CO2 hors affectation des sols et sylviculture
entre 1990 et 2001; la dernière colonne de ce tableau indique l’évolution
en pourcentage.
On remarquera que la France, qui a un objectif de réduction de
0% pour 2010, a en fait augmenté ses émissions en 2001 par
rapport à 1990. Pour tenir son engagement, elle devra donc réduire
ses émissions à l’horizon 2010. Cette augmentation
est principalement due au développement des transports.
Les premières colonnes du tableau
4 indiquent les émissions de GES en 1990, 2000 et 2001 et la
dernière, l’évolution des émissions de GES
entre 1990 et 2001. Dans ce tableau, seuls deux pays n’ont pas ratifié
le protocole, les Etats-Unis et l’Australie dont les émissions
ont augmenté respectivement de 13% et de 18,2% depuis 1990. En
2001, les émissions de GES des nouveaux pays de l’UE étaient
de 36% au-dessous de celles de 1990. En 1990 les émissions globales
de ces pays (1498 Mtéquivalent-CO2) représentaient
36% des émissions de l’EU-15 ; en 2001 ces émissions
globales ne représentaient plus que 23% des émissions de
l’EU-15.
En 2002 (AEE, juillet 2004)
Les projections rassemblées par l’Agence Européenne
pour l’environnement indiquent qu’il reste encore un long
chemin à parcourir à l’union Européenne avant
de remplir son engagement. Ceci serait lié à l’augmentation
excessive des émissions provenant des transports, plus particulièrement
du transport routier.Le graphique présente pour l’UE-15 la
distance, en 2002, par rapport à l’objectif linéaire.
Si l’on suppose une régression linéaire de 8% entre
l’année de référence et la période 2008-2012,
les émissions auraient dû avoir diminué de 4,8% en
2002 or elles n’avaient baissé que de 2,9%. L’écart
entre ces deux valeurs (1,9%) est appelé ici "distance par
rapport à l’objectif linéaire" et est représenté
pour chaque pays dans le graphique ci-dessous (graphique 4).
Une valeur nulle de cette "distance", indique que le pays, s’il
continue a ce rythme, remplira l’objectif fixé en 2008-2012;
une distance positive indique par contre que le pays n’a pas assez
réduit ses émissions et que, s’il continuait d’évoluer
ainsi, ses émissions en 2008-2012 dépasseraient l’objectif
auquel il s’est engagé. Une valeur négative indique
que, s’il continuait ainsi, le pays atteindrait en 2008-2012 des
valeurs d’émissions annuelles inférieures à
celles demandées par Kyoto.
Deux groupes se détachent : ceux qui se dirigent vers un dépassement
plus ou moins important de leur objectif national, et ceux qui, a priori,
sont en bonne voie de l’atteindre (France, Allemagne, Suède
et Royaume-Uni). Cependant il faut noter que les tendances linéaires
de ce tableau, qui sont basées sur les économies engagées
durant la décennie 1990-2000, ne reflètent qu’imparfaitement
la réalité quand elles sont extrapolées à
la prochaine décennie, le type d’économies réalisées
entre 1990 et 2001 ne pouvant plus l’être à nouveau.
En 2003 (AEE, juin 2005)
Il a été constaté, au cours de cette année
2003, une augmentation notable des émissions de GES principalement
liée à l’accroissement de la production d’électricité
au moyen de charbon. Il semblerait que le climat froid ait entraîné
une hausse de la consommation de combustibles fossiles pour le chauffage
des habitations et lieux de travail.
Les émissions de l’UE-15 ont augmenté de 1,3% soit
53 Millions de tonnes entre 2002 et 2003. (tableau
5)
Le marché des permis négociables (ou de droit
à polluer)
Un commerce de crédits d’émission s’est mis
en place progressivement depuis les accords de Marrakech : le CO2
est sur le point de devenir un produit commercial.
Pour atteindre l’objectif collectif de Kyoto, les pays industrialisés
et leurs entreprises peuvent acheter, à d’autres pays plus
performants en termes de réduction d’émission de CO2,
des crédits d’émission. Ainsi, un pays qui n’aura
pas atteint son quota de CO2 pourra vendre ses droits d’émission
non utilisés à un autre pays qui peine à atteindre
ses objectifs.
Afin d’atteindre ses objectifs l’UE a mis en place, en 2000,
le Programme Européen de lutte contre le Changement Climatique
(PECC) et a créé en 2004 une directive9
prévoyant, au 1er janvier 2005, la mise en place d’un marché
communautaire d’échange de quotas d’émission
de GES et la mise en œuvre des mécanismes de projet (MOC,
MDP). Ce marché ou système communautaire de négociation
des droits d’émission de GES ne vise, dans un premier temps
(période 2005-2007), que les émissions de CO2 des industries
fortement émettrices (environ 12 000 installations de l’UE-25,
45 à 50% des émissions de CO2 de l’industrie)
et devrait entraîner une diminution supplémentaire des émissions
de CO2.
Les Etats-membres fixent, pour une période, des objectifs de réduction
d’émission aux installations concernées à travers
un Plan National d’Allocation des Quotas (PNAQ)
validé par la commission Européenne.
En décembre 2004, la commission Européenne a validé
le PNAQ français, concernant la période 2005-2007, pour
un montant annuel de quotas de 156,51 Mte CO2 (Millions de
tonnes équivalent-CO2). Le montant de ce plan s’élève
à 245,3 (chiffre provisoire) Mte CO2 pour le Royaume-Uni,
172,3 Mte CO2 pour l’Espagne, 499 Mte CO2
pour l’Allemagne, 95 Mte CO2 pour les Pays-Bas.
La deuxième période prévue est 2008 – 2012.
À l’issue de chaque période, les industries doivent
restituer le nombre exact de quotas correspondant à ses émissions
réelles. Les Etats membres ont le choix entre réduire les
émissions et acheter ou utiliser un quota10.
Ils peuvent également avoir recours au mécanisme de mise
en œuvre conjointe ou au mécanisme de développement
propre qui permettent d’obtenir des quotas.
Source pour les valeurs : Ministère de l’Economie, des
Finances et de l’Industrie, 01/03/05
Un système International des quotas d’émission
sera mis en place au niveau mondial en 2008.
Les négociations post-Kyoto
Les experts intergouvernementaux sont bien décidés à
trouver un successeur au protocole de Kyoto afin que les efforts réalisés
pour protéger le climat ne s’arrêtent pas à
l’issue de l’année 2012.
Lors du conseil européen de Bruxelles les 22 et 23 mars 2005, le
Conseil a manifesté sa volonté de relancer les négociations
internationales.
L’objectif ici est :
- d’obtenir
la participation et la coopération de tous les pays, y compris
les pays en voie de développement et les pays émergents11,
dans une action internationale efficace et adaptée,
- d’élaborer
une stratégie communautaire en congruence avec l’objectif
de la CCNUCC c’est-à-dire d’éviter une augmentation
de la température annuelle moyenne de la planète de plus
de "2°C" par rapport à l’ère préindustrielle
(soit environ une réduction de l’ordre de 60 à 80%
par rapport aux valeurs de 1990) en luttant contre la déforestation
et tous les gaz à effets de serre dans tous les secteurs d’activité
surtout ceux du transport maritime et de l’aviation ; en favorisant
les technologies propres et le marché d’échange
des quotas ; en prévoyant des mécanismes d’adaptation
au changement climatique à titre préventif et curatif.
L’UE envisage pour la période post-2012, une réduction
de l’ordre de 15 à 30% par rapport aux valeurs de l’année
de référence. Ces objectifs de réductions ainsi que
la question des coûts et des avantages seront étudiés
en fonction des conditions de réalisation de l’objectif (considérations
environnementales et économiques).
Au plan national
La France s’est engagée vis-à-vis de la commission
Européenne à stabiliser ses émissions de gaz à
effet de serre entre 2008 et 2012 à leur niveau de 1990.
Un Programme National de Lutte contre le Changement Climatique
(PNLCC) a donc été adopté en janvier 2000. Ce programme
a défini un plan d’action national axé sur la sensibilisation
des Français et la mobilisation des différents secteurs
. Mis en place au cours de cette même année avec pour objectif
de maîtriser la consommation d’énergie, le Programme
National d’Amélioration de l’Efficacité Energétique
(PNAEE) a pour but d’agir sur l’habitat, les transports et
de développer les énergies renouvelables.
En 2002, les entreprises responsables de plus de 80% des émissions
de CO2 produites par l’industrie française ont
participé au projet d’engagement-cadre pour la réduction
des gaz à effet de serre préparé par le Medef et
les pouvoirs publics. Cet engagement volontaire vise l’amélioration
des processus de production, la réduction de gaz à effet
de serre liés au transport et au bâtiment ou encore le recours
à un marché de "droits à polluer". Dans
le cas où ces engagements ne seraient pas tenus, les entreprises
seront sanctionnées par une amende qui servira au financement d’actions
collectives de lutte contre le réchauffement climatique.
Le plan Climat 2004 a lui pour vocation de renforcer
le PNLCC et de constituer un outil opérationnel et efficace permettant
à la France de respecter voire dépasser les objectifs de
Kyoto en divisant par quatre en 2050 le niveau d’émission
de 1990 (Tableau 6). Ce plan doit améliorer le secteur du bâtiment
et les transports dont les émissions ont augmenté de 20%
en 10 ans.
Tableau 6 : Objectifs envisagés par le Plan Climat 2004, exprimés
en Million de tonne équivalent-CO2 (Mte CO2)
comparés aux objectifs prévus par le protocole de Kyoto
D’après CITEPA
|
1990 |
2010 |
2050 |
Objectifs
de Kyoto |
568
Mte CO2 |
514
Mte CO2
Soit – 54 Mte CO2 |
|
Objectifs
du Plan Climat 2004 |
568
Mte CO2 |
496
Mte CO2
Soit – 72 Mte CO2 |
142
Mte CO2
Soit 4 fois moins qu’en 1990 |
De la convention de Rio à Buenos Aires
Tableau 7 : Récapitulatif
de l’ensemble des évènements clés sur le changement
climatique de 1992 à 2005
Les Conférences Des Parties (CDP) – Conferences
Of the Parties (COP)
Ce sont les conférences internationales sur le changement climatique
qui rassemblent les "parties" c’est-à-dire les
Etats membres de la CCNUCC. Son rôle est de promouvoir et d’évaluer
la mise en œuvre de la Convention.
Tableau 8 : Récapitulatif des conférences des parties
COP |
Dates
et lieux |
En
résumé |
1 |
Avril 1995 à
Berlin |
Adoption du principe des quotas d’émissions des gaz à
effet de serre : les pays développés réaffirment
leur engagement de limitation des émissions de GES
|
2 |
8 -19 juillet
1996 à Genève |
Les gouvernements s’engagent à renforcer la lutte contre
le réchauffement climatique en fixant des objectifs quantifiés
: adoption de la déclaration de Genève qui vise à
rendre juridiquement contraignant le non-respect des engagements.
|
3 |
1er -11 décembre
1997 à Kyoto |
Adoption du protocole de Kyoto et des mécanismes de flexibilité
|
4 |
2 -13 novembre
1998 à Buenos Aires |
Adoption d’un plan d’action destiné à relancer
les mesures prises à Kyoto
|
5 |
25 octobre au
5 novembre 1999 à Bonn |
Débat sur la mise en œuvre du protocole de Kyoto
|
6
1ère partie |
13 - 24 novembre
2000 à La Haye |
Échec
sur un accord sur la mise en œuvre des mesures adoptées
à Kyoto |
6
2ème partie |
16 - 27 Juillet
2001 à Bonn |
Accords de Bonn consolidant l’intégrité environnementale
de la CCNUCC et du protocole de Kyoto. Les projets "puits de
carbone" ont été incorporés dans les Mécanismes
de Développement Propre (MDP) et pourront donner droit à
des "crédits d'émission"
|
7 |
29 octobre au
10 novembre 2001 à Marrakech |
Finalisation
des accords de Bonn et traduction juridique des règles de mise
en œuvre du protocole de Kyoto |
8 |
23 octobre au
1er novembre 2002 à New Delhi |
Finalisation des détails techniques pour la mise en œuvre
du Protocole de Kyoto. La Conférence a été marquée
par la montée des tensions Nord /Sud, qui risque de menacer
les progrès sur le long terme.
|
9 |
2003 à
Milan |
Une vingtaine de décisions techniques ont été
prises; un accord a été trouvé sur la prise en
compte des puits dans le MDP ; quelques avancées ont été
enregistrées en matière de budget et de fonds destinés
aux pays du Sud. La Russie n’a toujours pas pris la décision
de ratifier le protocole de Kyoto, qui ne peut donc entrer en vigueur
|
1- L’OCDE (Organisation de Coopération
et de Développement Economique) regroupe 30 pays membres, tous
attachés à la démocratie et à l’économie
de marché. Ces pays sont l’Allemagne, l’Australie,
l’ Autriche, la Belgique, le Canada, la Corée, le Danemark,
l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, la Grèce,
la Hongrie, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, le Japon,
le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande,
les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République Slovaque,
la République Tchèque, la Suède, la Suisse et la
Turquie
2- Année de référence autre que 1990
: Bulgarie (1988) ; Hongrie (moyenne de 1985-1987); Pologne (1988) ; Roumanie
(1989) ; Slovénie (1986).
3- Permis d'émission : disposition permettant de
vendre ou d'acheter des droits à émettre entre pays industrialisés
4 - Mise en Oeuvre Conjointe (MOC): permet, entre pays
développés, de procéder à des investissements
visant à réduire les émissions de gaz à effet
de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier
des crédits d'émission générés par
les réductions ainsi obtenues
5 - Mécanisme de Développement Propre (MDP)
: proche du dispositif précédent, à la différence
que les investissements sont effectués par un pays développé
dans un pays en développement
6- Sommet du G8 : réunion annuelle des 8 pays les
plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie,
Japon, Royaume-Uni, Russie)
7- Chypre, l’Estonie, la Hongrie,
la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République Tchèque,
la Slovaquie, la Slovénie sont entrés dans l’Union
Européenne le 1er mai 2004
8- Décision n°280/2004/CE du Parlement européen
et du conseil, du 11 février 2004, relative à un mécanisme
pour surveiller les émissions de gaz à effet de serre dans
la communauté européenne et mettre en œuvre le protocole
de Kyoto.
9- Directive 2004/101/CE du Parlement
européen et du conseil du 27 octobre 2004 modifiant la directive
2003/87/CE établissant un système d’échange
de quotas d’émission de gaz à effet de serre dans
la communauté, au titre des mécanismes de projet du protocole
de Kyoto. Elle traduit dans le droit communautaire l’utilisation
des MOC et des MDP. Elle autorise la conversion des crédits issus
de ces projets en quotas échangeables sur le marché communautaire.
10- Un quota = 1 tonne de CO2
11- La Chine, l’Inde, le Brésil
|