Le voyage d'un naturaliste autour du monde

ETAPE 9

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Le voyage de Darwin

ETAPE 9

Du 4 février au 7 septembre 1835
Chili, tremblement de terre, Cordillère des Andes, Lima, Galápagos


Le 4 février 1835, le Beagle quitte les îles Chiloé et parvient quatre jours plus tard à Valdivia, sur la côte chilienne. Le 20, à 11h30, la ville est soudainement secouée par un violent tremblement de terre. Les maisons de bois sont fortement ébranlées, la mer monte comme si c’était la grande marée et les habitants, saisis d’une folle terreur, se précipitent dans les rues. Le gros du séisme ne dure que deux minutes, mais les dégâts sont considérables. Dans les environs, la situation n’est pas plus enviable. Une vague immense a pratiquement rayé de la carte la ville de Talcahuano, les maisons de Concepcion sont en ruines, la côte entière est jonchée de poutres et de meubles, des rochers sont brisés en mille morceaux, les terres sont soulevées… et de nombreux morts sont à déplorer.

Pour Darwin, c’est un sujet d’étude inespéré. En effet, il observe des fragments de rochers recouverts de productions marines qui ont été jetés très haut sur la côte par la secousse. En faisant un rapprochement entre ce phénomène et les coquillages qu’il a précédemment observés à haute altitude dans la Cordillère des Andes, il est pris d’une certitude: ces montagnes sont issues d’une grande élévation provoquée par des tremblements de terres successifs de ce type, doublée d’un soulèvement insensible et fort lent. En apprenant que des volcans se mirent en éruption lors du tremblement de terre et que l’île de Juan Fernandez située à 576 kilomètres fut, elle aussi, violemment secouée, le naturaliste fait également l’hypothèse d’une communication souterraine.

Le 11 mars, le voilier jette l’ancre à Valparaiso, sur la côte chilienne. Charles en profite pour multiplier les excursions dans les Andes. La raréfaction de l’oxygène et le vent glacial rendent difficile l’ascension de ces sommets recouverts de neige éternelle. Mais Darwin oublie vite ce mal des montagnes en découvrant des coquillages fossiles à haute altitude, nouvelle preuve de l’origine marine de la Cordillère. Preuve encore plus éclatante: la présence de restes de laves sous-marines à plus de 2000 mètres d’altitude! Il est également surpris par la différence de faune et de flore entre le versant Pacifique et le versant Atlantique de cette chaine montagneuse. En effet, cette barrière naturelle infranchissable semble avoir généré le développement d’espèces très différentes sur ses deux versants.

Le 27 avril, Darwin démarre une seconde série d’excursions vers le Nord, depuis la pittoresque ville de Valparaiso où il ne retournera plus. Or, argent, cuivre… la région regorge de mines creusées par les véritables "bêtes de somme" que sont les mineurs chiliens. Lors de ses études géologiques le naturaliste est parfois suspecté de chercher des métaux précieux! Le pays est fortement marqué par la sécheresse avec des terres désertiques, pour la plupart stériles. Les quelques arbres et buissons du Chili central disparaissent progressivement au profit d’une plante très grande apparentée au yucca, tandis que les grands cactus cierges laissent la place à de plus petits modèles. Quant à la vie animale, guanacos et renards semblent constituer l’essentiel des quadrupèdes de la région. Dans ces conditions difficiles, se procurer eau douce, bois et fourrage pour les chevaux relève du défi quotidien!

Début juillet, Charles rejoint le Beagle au pied de la vallée de Copiapo. Le 12, l’équipage jette l’ancre dans le port misérable et désertique d’Iquique dans les environs duquel Darwin visite une exploitation de salpêtre. Sept jours plus tard, le navire parvient à Callao, le port de Lima, capitale du Pérou. Une révolution est en train de secouer le pays où règne une véritable anarchie politique. En effet, pas moins de quatre partis en armes se disputent alors le pouvoir. Dans ce contexte, les voyages à l’intérieur des terres sont interdits, empêchant le naturaliste d’explorer la région. Charles change donc son fusil d’épaule. Il envoie un lot de spécimens en Angleterre et visite la ville et ses proches alentours. Il tombe alors sur les ruines d’un ancien village indien. Les restes de maisons, collines sépulcrales, ouvrages d’irrigation, poteries, étoffes, bijoux et outils témoignent d’une civilisation avancée et suscitent son admiration.

Le 7 septembre, le Beagle quitte le port de Callao, direction plein-ouest vers l’archipel des Galápagos. Darwin ne le sait pas encore, mais cette prochaine étape s’avérera décisive pour la future mise au point de sa théorie de la sélection naturelle. Mais pour l’heure, il est tout simplement enthousiaste à l’idée de découvrir ces fascinantes îles du Pacifique!

CNRS    sagascience