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Flux
hydriques annuels sur l'ensemble de la planète exprimés
en kilomètres cubes d'eau (d'après L'eau, Ghislain
de Marsily, Dominos, Flammarion, 1995). La somme des évaporations
est égale à la somme des précipitations.
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Au cours du cycle de
leau, des transferts incessants dimportantes masses
deau se produisent entre les différents réservoirs
de la planète. Ce phénomène entretient souvent
lidée que leau est une véritable ressource
renouvelable. Mais cela nest pas aussi simple car tout dépend
en fait du réservoir considéré.
En effet, toute leau ne participe pas en permanence au cycle.
Autrement dit, chacune des
molécules deau de
lhydrosphère ne circule pas constamment dun réservoir
à lautre de la planète. Une molécule
peut en effet rester durant un certain temps dans un réservoir
et la durée moyenne durant laquelle une molécule deau
réside dans un réservoir est appelée temps
de résidence. Ces temps de résidence dépendent
de la rapidité des transferts : plus ils sont rapides, plus
les temps de résidence sont courts.
Les temps de résidence moyens dans les différents
réservoirs de surface sont donnés à titre indicatif
dans le tableau ci-dessous (daprès Leau, Ghislain
de Marsily, Dominos Flammarion, 1995).
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Les
réservoirs
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Les
temps de résidence
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Océans
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2 500
ans
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Eaux continentales
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Glaciers
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1 600 à 9 700
ans
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Eaux souterraines
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1 400 ans
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Mers intérieures
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250 ans pour la mer Caspienne
qui contient 80% de tout le volume deau de ce réservoir
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Lacs deau
douce
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17 ans pour les grands lacs
1 an pour les autres
lacs
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Humidité
des sols
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1 an
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Rivières
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16 jours
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Atmosphère
(humidité de lair)
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8 jours
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Biosphère
( cellules vivantes)
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quelques heures
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Lavantage de ces
transferts est quils permettent aux réserves de se
renouveler : plus le temps de résidence dans un réservoir
est court, plus leau de ce réservoir est rapidement
renouvelée.
Les eaux souterraines, dont le stock est estimé à
8,2 millions de kilomètres cubes, ont des temps de résidence
extrêmement variables. Certaines dentre elles, étroitement
liées au réseau superficiel qui les pourvoit en eau
et quelles alimentent en retour de façon régulière,
se renouvellent assez rapidement : en quelques jours ou quelques
semaines pour les aquifères
des terrains karstiques,
comme celui de la Fontaine de Vaucluse, et en quelques années
ou dizaines dannées pour la plupart des nappes
superficielles en milieu sédimentaire. Dautres en revanche,
plus profondes, nont que peu de liens avec la surface et se
renouvellent beaucoup plus lentement : en quelques centaines ou
milliers dannées, et parfois plus, pour les nappes
sédimentaires profondes. La nappe des Sables-Verts de lAlbien,
par exemple, qui est située sous Paris, met 30 000 ans
pour se renouveler ; au Havre où elle termine son voyage,
elle aurait même 100 000 ans dâge. A léchelle
humaine, de telles eaux sont donc quasiment non renouvelables. Certains
aquifères contiennent même des eaux très anciennes
qui ne se renouvellent plus et qui sont dites fossiles : cest
le cas des aquifères des grès Nubiens dÉgypte,
de Libye, de Tunisie et dAlgérie, qui ne sont plus
alimentés aujourdhui du fait de laridité
du climat, et dont les eaux sont retenues prisonnières dans
les entrailles de la Terre depuis 6 000 ans, date de la dernière
période humide du Sahara.
Le volume des eaux courantes superficielles, les eaux les plus utilisées
par lhomme pour sa consommation, nexcède pas
1 700 kilomètres cubes, en terme de stock disponible à
un instant donné, ce qui est peu. En revanche, leur renouvellement
est très rapide.
Ainsi, grâce
au cycle de leau qui permet le renouvellement de certaines
eaux terrestres, les quantités deau douce dont nous
pouvons réellement disposer pour notre consommation sont-elles
supérieures aux stocks. Mais de combien?
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Évaporation
sur les océans
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425 000
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Évaporation
sur les continents
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71 000
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Précipitations
sur les océans
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385 000
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Précipitations
sur les continents
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111 000
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Apport des
cours deau aux océans
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40 000
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Lorsque lon fait le bilan des flux hydriques (tableau ci-dessus),
on constate que chaque année il sévapore plus
deau quil nen précipite au-dessus des océans.
Cette vapeur deau océanique vient donc précipiter
sur les continents où, à linverse, il précipite
plus deau quil ne sen évapore. Que devient
cette eau? Elle retourne aux océans via les cours deau.
On estime à 40 000 kilomètres cubes, le
volume deau ainsi apporté chaque année par lensemble
des cours deau de la planète aux océans, une
eau qui provient aussi bien du ruissellement ou de linfiltration
des eaux de pluie que de la fonte des neiges. Ce flux deau
renouvelé constitue une sorte de "réserve annuelle"
dans laquelle il est possible de puiser sans risque.
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