Dégradations
 La pollution métallique







Ruisseau minier pollué par des métaux

 

La pollution métallique peut être due à différents métaux comme l’aluminium, l’arsenic, le chrome, le cobalt, le cuivre, le manganèse, le molybdène, le nickel, le zinc... ou encore à des métaux lourds comme le cadmium, le mercure ou le plomb, plus toxiques que les précédents. De multiples activités humaines en sont responsables. Cette pollution provient en effet essentiellement :

  • des rejets d’usines, notamment de tanneries (cadmium, chrome), de papeteries (mercure), d’usines de fabrication de chlore (mercure) et d’usines métallurgiques,
  • des épandages sur les sols agricoles d’oligo-éléments ou de boues résiduelles de stations d’épuration,
  • de l’utilisation de certains fongicides (mercure),
  • des retombées des poussières atmosphériques émises lors de l’incinération de déchets (mercure) ou de la combustion d’essence automobile (plomb),
  • du ruissellement des eaux de pluie sur les toitures et les routes (zinc, cuivre, plomb).

La pollution métallique pose un problème particulier, car les métaux ne sont pas biodégradables. En outre, tout au long de la chaîne alimentaire, certains se concentrent dans les organismes vivants. Ils peuvent ainsi atteindre des taux très élevés dans certaines espèces consommées par l’homme, comme les poissons. Cette " bio-accumulation " explique leur très forte toxicité.

Le mercure
La première pollution grave imputée à un métal, le mercure, s'est produite au Japon en 1953. Une usine de fabrication de matières plastiques déversait alors ses déchets dans une baie, à Minamata. Au bout de quelques années, les habitants des littoraux voisins qui consommaient beaucoup de poissons et de fruits de mer ont commencé à être victimes de graves troubles osseux pouvant conduire à des décès (" maladie de Minamata " ). Dans les années 1950 et 1960, 150 tonnes de mercure ont ainsi été déversées dans la baie ! Et les taux de mercure trouvés dans les poissons contaminés étaient 500 000 fois supérieurs à ceux des eaux de la baie !

Dans le monde, des milliers de tonnes de mercure sont rejetées chaque année dans les cours d’eau où ce métal se transforme en méthyl-mercure, un composé très stable qui se concentre ensuite dans les organismes vivants. La toxicité élevée du mercure est liée à son aptitude à se combiner au soufre. Dans les organismes vivants, il peut ainsi bloquer certains sites actifs comportant des atomes de soufre, comme celui de la vitamine B12. Les composés mercuriels sont particulièrement dangereux pour le cerveau où ils s’accumulent.

En France, les rejets directs de mercure dans les eaux fluviales sont faibles (0,5 tonne par an) et proviennent surtout d’usines de la région Rhône-Alpes. La contamination au mercure vient principalement des rejets émis dans l’atmosphère (15,8 tonnes par an, selon les données officielles) lors de l’utilisation de combustibles fossiles, lors de l’incinération de déchets ou encore par l’industrie métallurgique.

Le plomb
La toxicité du plomb est due notamment à son effet inhibiteur de certaines enzymes qui provoque des troubles cérébraux et des retards mentaux chez les jeunes enfants (voir le chapitre Eau potable).

La pollution par le plomb provient surtout des additifs anti-détonants de l’essence. Rejetés dans l’atmosphère, ceux-ci retombent et se concentrent de part et d’autre des routes. Le plomb qu’ils contiennent passe alors directement dans l’herbe ou dans les eaux de ruissellement. Pour limiter ces rejets dangereux, l'usage d’essence sans plomb s’est beaucoup développé ces dernières années. En 1994, les ventes d’essence sans plomb avaient atteint en France 45 % des ventes totales d’essence. Mais cette solution n'est pas idéale car elle diminue le rendement des moteurs et augmente l’émission d’autres polluants comme le monoxyde de carbone.



 

   
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