Dégradations
 La pollution acide

 

 

 


Les eaux acides du fleuve Rio Tinto
en Espagne

 

 


Voile bactérien d'un bassin de traitement des eaux acides polluées

 

Depuis le début des années 1950, on observe une forte augmentation de l’acidité des eaux de pluie dans diverses régions industrielles du monde. Ces " pluies acides " résultent essentiellement de la pollution de l’air par des gaz (dioxyde de soufre et oxydes d’azote) et des particules, issus de différentes activités industrielles, de la combustion de produits fossiles riches en soufre, de la circulation automobile et de l’élevage industriel. Ces gaz se dissolvent dans la vapeur d’eau de l’atmosphère et sont oxydés en acides (notamment sulfurique et nitrique) qui acidifient les précipitations.

Ces pluies acides endommagent les forêts et empoisonnent sols, lacs et rivières. Dans un premier temps, si le pouvoir tampon des eaux qui reçoivent ces pluies est suffisant, les carbonates et les bicarbonates qu’elles renferment neutralisent l’apport acide sans que leur acidité naturelle ne varie. Mais si les apports acides sont trop importants ou que leur pouvoir tampon est trop faible, leur acidité peut augmenter brutalement. Lorsqu’elle est suffisante (pH inférieur à 5), l’acidification des eaux met en solution des sels d’aluminium contenus dans des silicates, comme les argiles, et dont la solubilité croit rapidement avec l’acidité du milieu (pour un pH supérieur à 6, l’aluminium n’est pas soluble dans l’eau). Or, très toxiques, ces sels perturbent la photosynthèse des végétaux et la biologie des organismes aquatiques. D'autres métaux toxiques, comme le cadmium et le plomb, jusque-là bloqués dans les sédiments, sont également libérés. Si l’acidité augmente encore (pH inférieur à 4), les vertébrés et la plupart des invertébrés et des micro-organismes sont détruits. Seules quelques algues et quelques bactéries survivent.

Les eaux acides affectent gravement des milliers de lacs, dans les pays scandinaves, au Canada ou au Japon. La plupart des organismes vivants qu’ils abritent, y compris les poissons, subissent de graves dommages.



 

   
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