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Durant la seconde moitié
du XXe siècle, la réalisation de grands
projets déquipement a nécessité lemploi
dénormes quantités de matériaux granulaires
: des sables et des graviers utilisés pour le terrassement
ou la préparation des mortiers et bétons. Ceux-ci
ont été extraits du lit des rivières. Cette
ressource semblant inépuisable, lexploitation a été
intensive et certaines rivières se sont vues transformées
en de véritables carrières.
Dans le bassin de la Loire, par exemple, le volume des matériaux
extraits des cours deau atteignait 12 millions de tonnes par
an à la fin des années 1970, contre 150 000 tonnes
vers 1860.
Mais à lheure actuelle, on nextrait plus de ce
bassin que 2 millions de tonnes de matériaux par an. Car
on le sait aujourdhui, de tels agissements ne sont pas sans
conséquences. Le creusement dune partie du lit induit
en effet une augmentation localisée de la vitesse du courant
et donc de lérosion : les matériaux situés
en amont migrent et viennent combler les creux. Cette érosion
permet au profil du lit de se rééquilibrer, mais elle
provoque aussi un enfoncement du lit sur toute sa longueur.
Des enfoncements de plusieurs
mètres ont ainsi pu être observés suite à
des prélèvements inconsidérés. Cette
érosion peut également entraîner le déshabillage
des piles de ponts à lorigine parfois daccidents
graves comme leffondrement dun pont à Tours en
1978. Enfin, lenfoncement du lit peut aussi conduire à
lassèchement de certains milieux aquatiques, tels les
bras morts ou les zones inondables en période de crue, lesquels
ne sont plus mis en eau régulièrement en raison de
leur surélévation par rapport au niveau du fleuve.
L'extraction de granulats nuit aussi à la vie aquatique.
Elle déstabilise les fonds, détruit les microhabitats,
augmente la turbidité de leau ...
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