|
Irrigation
du maïs
Pompage
d'eau d'irrigation au Soudan
|
Lirrigation présente
deux inconvénients majeurs pour les milieux aquatiques :
elle est grande consommatrice deau et peut accélérer
la désertification de certaines régions.
Au niveau mondial, les
prélèvements en eau de lirrigation représentent
aujourdhui environ 70 % des prélèvements
totaux, ce qui est énorme. À léchelle
locale, la consommation immodérée deau dirrigation
peut même parfois conduire à une réduction considérable
des volumes disponibles. Ainsi, le lac Tchad, autrefois la plus
grande réserve deau douce du continent africain, est
aujourdhui 20 fois plus petit quil nétait
il y a 35 ans. Les agriculteurs des pays limitrophes puisent en
effet toujours plus deau pour irriguer leurs champs et lutter
contre la sécheresse grandissante de cette région
du globe.
En outre, toute cette eau ne parvient pas aux plantes car les pertes
sont importantes, surtout lorsqu'il sagit de techniques dirrigation
traditionnelles. Or, celles-ci sont employées sur les deux
tiers des surfaces irriguées du globe (voir le chapitre Usages).
Ces pertes sont dues soit à des fuites sur canalisations,
soit à lévaporation de leau qui stagne
sur les sols. On estime quen Afrique, environ 40 à
60 % de leau dirrigation est ainsi perdue.
Mal conduite, lirrigation peut également avoir des
conséquences dramatiques sur les sols, surtout dans les régions
au climat sec et chaud où lon irrigue toute lannée.
En effet, si leau dirrigation n'est pas drainée,
elle stagne dans les champs, et sévapore lentement,
laissant en dépôt les sels
dissous quelle contient. Cet excès de sels stérilise
progressivement les terres qui doivent être abandonnées.
Le pompage abusif deau fluviale à des fins dirrigation
peut aussi progressivement conduire à lassèchement
des territoires situés plus en aval. À ce titre, l'exemple
de la catastrophe écologique de la mer d'Aral, qui fut le
quatrième lac du monde par sa superficie, est édifiant.
Il illustre bien les très graves conséquences que
peuvent engendrer des prélèvements excessifs deau.
Dans les années 1960, pour développer la culture irriguée
du coton dans la région désertique du Kazakhstan,
la majeure partie des eaux des deux fleuves qui alimentaient la
mer d'Aral a été détournée. Ces prélèvements
considérables ont abaissé de 15 mètres le niveau
de la mer et diminué sa surface de 40 %. Dans le même
temps, la salinité de ses eaux est passée de 10 à
30 grammes par litre. La faune a presque entièrement disparu
et la pêche avec elle. Une mauvaise gestion de lirrigation
et une utilisation abusive dengrais et de pesticides
ont conduit à la salinisation des sols et à la désertification
dimmenses étendues dans la région. La qualité
des eaux souterraines s'est également dégradée
et le niveau des nappes
phréatiques a fortement baissé.
|