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Marée verte en baie de Lannion en Bretagne. Baies et estuaires
bretons sont envahis chaque été par une algue verte
qui prolifère en raison dun apport trop important de
nutriments dû aux activités humaines.
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Leutrophisation
est une forme singulière mais naturelle de pollution de certains
écosystèmes
aquatiques qui se produit lorsque le milieu reçoit trop de
matières nutritives assimilables par les algues et que celles-ci
prolifèrent. Les principaux nutriments
à lorigine de ce phénomène sont le
phosphore
(contenu dans les phosphates) et lazote
(contenu dans lammonium, les nitrates, et les nitrites).
Leutrophisation sobserve surtout dans les écosystèmes
dont les eaux se renouvellent lentement et en particulier dans les
lacs profonds.
Un lac reçoit en effet, de manière naturelle et continue,
quantités de matières nutritives apportées
par les torrents et les eaux de ruissellement. Stimulées
par cet apport substantiel, certaines algues croissent et se multiplient
de manière excessive. Cette croissance seffectue dans
les couches deaux superficielles car les végétaux
ont besoin de lumière pour se développer. Ces algues
en excès conduisent, lorsquelles se décomposent,
à une augmentation de la charge naturelle de lécosystème
en matières organiques
biodégradables. Dans les profondeurs du lac, là
où les algues mortes viennent se déposer, les bactéries
aérobies
qui sen nourrissent prolifèrent à leur tour,
consommant de plus en plus doxygène.
Or en labsence dune circulation suffisante des eaux,
ce qui est souvent le cas dans un lac profond, le fond du lac est
peu oxygéné et les bactéries finissent par
épuiser loxygène des couches deaux profondes.
Elles ne peuvent plus dégrader toute la matière organique
morte et celle-ci saccumule dans les sédiments. On
dit que le lac vieillit. Une telle situation, lorsquelle se
produit, saggrave encore lorsquil fait chaud car la
solubilité de loxygène dans leau (comme
celle de tous les gaz) diminue lorsque la température augmente.
Les régions littorales et les estuaires ne sont pas épargnés
par leutrophisation car leurs eaux sont peu brassées
et reçoivent beaucoup de rejets issus de lactivité
humaine. Cest en particulier le cas de nombreux estuaires
bretons.
Dans les cours deau rapides, en revanche, dont leau
est en permanence renouvelée et mieux oxygénée
et les algues constamment entraînées toujours plus
loin par le courant, aucune accumulation nest possible.
Ce processus naturel est très lent : il peut sétaler
sur des siècles ou des millénaires, et parfois sur
de plus longues périodes encore. Mais leutrophisation
peut être fortement accélérée par lapport
deffluents domestiques, industriels et/ou agricoles et conduire
à la mort de lécosystème aquatique en
quelques décennies voire même en quelques années.
On parle alors dhypereutrophisation ou encore de dystrophisation
(voir le chapitre Dégradations).
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