|

Caractéristiques, financement et subventions des six Agences
de l'eau.
|
Dans chaque bassin, un
comité de bassin, "parlement local de l'eau", élabore
une politique de gestion de l'eau conciliant les besoins du bassin
avec les orientations nationales. Une agence de l'eau est l'organisme
exécutif chargé de mettre en œuvre cette politique.
Un préfet et un délégué de bassin coordonnent
les actions menées dans les différents départements
et régions du bassin.
Les comités de bassin réunissent toutes les "familles"
de l'eau en vue d'émettre des avis et d'élaborer une
politique de bassin cohérente avec les orientations nationales
et avec les directives européennes. La concertation entre
les différents acteurs de l'eau est en effet la clé
de voûte du système français de gestion de l'eau.
Les comités de bassin élaborent des plans d'action
nommés SDAGE (Schémas Directeurs d'Aménagement
et de Gestion des Eaux), qui fixent les orientations fondamentales
de la politique de l'eau pour 15 ans. Deux principes majeurs sont
mis en œuvre : la gestion de l'eau doit évoluer vers
une gestion des milieux aquatiques, et elle doit donner priorité
à l'intérêt collectif. Il s'agit de garantir
un développement durable conciliant le développement
socio-économique avec la préservation des milieux
aquatiques et l'équilibre des usages de l'eau.
Pour élaborer les SDAGE, les comités de bassin s'appuient
sur les avis de commissions où siègent plusieurs milliers
d'acteurs et usagers de l'eau : usagers industriels, agriculteurs
et domestiques, associations de consommateurs, collectivités
locales, administration, élus locaux. Avant d'être
définitivement adoptés, les SDAGE sont mis en consultation
auprès des Conseils Généraux, des Conseils
Régionaux, de la Mission Interministérielle de l'Eau
et du Comité National de l'Eau et doivent, in fine, être
approuvés par les préfets coordonnateurs de bassin.
Les objectifs communs aux SDAGE des six bassins versants français
sont : une meilleure maîtrise des conséquences des
crues, grâce à une meilleure connaissance des zones
inondables, la poursuite de la lutte contre les pollutions, l'amélioration
de la qualité des eaux de surface, la satisfaction durable
de tous les usages de l'eau, la garantie de l'alimentation en eau
potable, la préservation des milieux aquatiques, la sauvegarde
des nappes aquifères et la protection des zones humides.
Si nécessaire, les priorités des SDAGE sont ensuite
déclinées à l'échelon local au niveau
des SAGE, qui concernent des unités hydrographiques limitées.
Le rôle des "Commissions locales de l'eau", organes
de concertation, est alors important.
Les agences de l'eau, créées en 1964, jouent un rôle
clé dans le développement de la politique de l'eau
en France. Ces établissements publics autonomes, sous la
double tutelle du ministère de l'Ecologie et du développement
durable et du ministère du Budget, mettent en œuvre
les orientations définies par les comités de bassin,
en vue de protéger les ressources en eau et d'assurer leur
dépollution.
Les agences de l'eau distribuent des aides financières aux
collectivités locales, aux industriels et aux agriculteurs
qui s'engagent à sauvegarder les ressources et la qualité
de l'eau. Elles contribuent ainsi au financement d'opérations
d'intérêt collectif pour l'aménagement des ressources
en eau, la lutte contre la pollution et la réhabilitation
des milieux aquatiques. Ni maître d'ouvrage, ni maître
d'œuvre, elles apportent leurs moyens techniques et financiers
aux personnes publiques et privées qui réalisent ces
opérations.
Pour subventionner ces opérations, les agences de l'eau perçoivent
des redevances auprès des utilisateurs de l'eau, calculées
selon le principe du "pollueur-payeur", en fonction des
quantités de pollution rejetées et des volumes prélevés.
L'action des agences de l'eau est planifiée sur 5 ans, sous
forme de "programmes d'intervention" qui fixent les priorités
d'action et leur financement pour chaque bassin. Ces programmes
doivent être adoptés par les comités de bassin
et approuvés par le Premier Ministre.
Les VIIe programmes d'intervention des Agences (1997-2001) prévoient
quelque 105 milliards de francs (16 milliards d'euros) d'investissements,
pour environ 51 milliards de francs (7,8 milliards d'euros) de redevances
perçues (le reste des investissements est financé
par les collectivités territoriales, les industriels et les
agriculteurs). Les subventions distribuées se répartissent
en aides à la dépollution (47 milliards de francs,
soit environ 7 milliards d'euros) et aides à l'aménagement
des ressources en eau (près de 10 milliards de francs, soit
1,5 milliards d'euros).

|