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En
France, l'eau est un service local dont le cadre est la commune...
depuis la Révolution ! C'est une loi de 1790 qui a confié
aux communes la responsabilité de la fourniture de l'eau
potable. La commune est donc la structure juridique de base pour
gérer les services d'alimentation en eau potable et d'assainissement
des eaux usées.
Les collectivités locales choisissent les modes de gestion
les plus appropriés pour ces services. Mais quels que soient
les modalités de regroupement de communes et le mode de gestion
retenu, ils restent responsables de la qualité et du coût
de ces services, de leur bon fonctionnement et des techniques utilisées.
Cependant, nombre de leurs décisions sont soumises à
l'approbation de leurs autorités de tutelle.
Les communes peuvent opter :
- Soit pour une gestion
ou "régie" directe de ces services : la
commune (ou le groupement de communes) assure directement le service
de l'eau et/ou de l'assainissement, avec son propre personnel,
et se rémunère auprès des usagers. La collectivité
territoriale finance les équipements nécessaires
et conserve la maîtrise des services et de leur gestion.
- Soit pour une gestion
déléguée : la commune (ou le groupement
de communes) délègue par contrat à une entreprise
privée l'exécution des services publics de l'eau.
Différents types de contrats sont possibles : affermage,
concession ou gérance, essentiellement. Dans une concession,
c'est l'entreprise qui finance et réalise les équipements
et qui en assure l'exploitation. Dans un affermage (forme de délégation
la plus répandue actuellement), c'est la collectivité
qui finance les équipements, mais elle en délègue
l'exploitation à une entreprise privée, qui se rémunère
directement auprès des usagers ; une partie du produit
des factures d'eau revient cependant à la collectivité
pour couvrir ses frais d'investissement. Dans une gérance,
la collectivité finance les équipements mais elle
les confie à une entreprise mandataire qui agit sous ses
ordres et pour son compte. Dans tous les cas, la collectivité
demeure propriétaire des installations, que celles-ci aient
été ou non réalisées et financées
par une société privée.
La plupart des communes
délèguent actuellement ces services à des sociétés
privées, car les savoir-faire, les techniques et les capacités
de financement requis, pour répondre aux exigences croissantes
de la législation sur l'eau, sont de plus en plus complexes
et élevés.
En 1995, sur un total de 29 000 unités de distribution de
l'eau en France, 2 109 unités desservaient des collectivités
de plus de 5 000 habitants. Elles représentaient seulement
7,7 % des unités de distribution, mais 73 % de la population
desservie, soit environ 42 millions d'habitants. Parmi ces 2109
unités :
- 24 % étaient
en régie directe ou assistée,
- 74 % étaient
en affermage ou en concession,
- 2 % en modes d'exploitation
divers.
Aujourd'hui, 76 % des
Français sont desservis en eau potable par des entreprises
privées en délégation. Les trois principales
entreprises sont : la Générale des Eaux-Vivendi,
la Suez-Lyonnaise des Eaux et SAUR International (Groupe Bouygues).
Quelques scandales récents ont conduit les élus locaux
à accroître leur vigilance. En effet, le manque de
concurrence et l'absence de transparence, dans certaines pratiques
des sociétés privées auxquelles les services
de l'eau avaient été délégués,
ont constitué autant d'abus sévèrement épinglés
par la Cour des Comptes. Ces scandales ont conduit le législateur
à adopter trois nouvelles lois : les lois Sapin, Barnier
et Mazeaud (voir Les lois françaises
sur l'eau).
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