En France
La qualité des eaux d'alimentation française





 

Un bilan de la qualité des eaux d'alimentation françaises a été réalisé, sur la période 1993-1995. Il concerne :

  • La qualité des eaux de surface utilisées pour produire de l'eau alimentaire :
    en France, 1295 captages d'eau superficielle (lacs ou cours d'eau) produisent 37 % du volume d'eau d'alimentation distribué annuellement. Pour 93 % de ces captages en eau superficielle, les limites impératives de la directive européenne du 16 juin 1975 sur la qualité des eaux brutes ont été respectées. Pour les 80 captages en eau superficielle qui n'ont pas respecté cette limite, le problème dominant a été celui des nitrates, essentiellement dans l'Ouest de la France.

  • La qualité des eaux distribuées dans les unités desservant au moins 5 000 habitants :
    Pour les 2109 unités de distribution de plus de 5000 habitants qui desservent, en France, 73 % de la population, près de 1 million de mesures par an ont été réalisées pour les seuls paramètres comportant une "concentration maximale admissible", selon la directive européenne du 15 juillet 1980. Le tiers de ces mesures portaient sur des paramètres bactériologiques, les deux autres tiers sur des paramètres physico-chimiques. Entre 1993 et 1995, le nombre de mesures concernant les produits phytosanitaires a augmenté de plus de 18 %.


Le bilan de ces analyses montre que :

  • Au total, pour l'année 1995, 1 643 dépassements de normes ont été détectés en France pour les unités de distribution de plus de 5 000 habitants. Mais les unités de très petites dimensions, qui ne desservent que peu d'habitations en zone rurale, ne sont pas prises en compte dans ce bilan, alors même que leur petite taille les expose à des risques accrus de dépassement des normes.

  • Les paramètres dominants responsables de ces dépassements de normes ont été : la microbiologie (risque bactérien), certains pesticides (atrazine et simazine), la turbidité, les nitrates et l'aluminium. Cependant, quelques cas de non conformité chimique susceptibles d'entraîner des risques pour la santé (fluor, arsenic et sélénium) ont également été observés, faisant en principe l'objet de mesures correctives sans délais.

  • Pour tous les paramètres, à l'exception des nitrates, une nette tendance à l'amélioration sur la période 1993-1995 a été observée. Mais les situations de non-conformité qui ont persisté ont permis de dégager deux grandes priorités nationales :
    • Le risque bactérien : une meilleure protection de l'environnement immédiat des captages et un meilleur traitement de l'eau amélioré devraient permettre d'améliorer les résultats à cet égard.
    • Les nitrates et les pesticides : de grandes disparités régionales ont été observées. Pour les nitrates, une grande majorité des dépassements était concentrée sur un grand quart nord-ouest de la France. Pour les pesticides : l'atrazine concernait de nombreuses régions agricoles, notamment la Basse-Normandie, les Pays de la Loire et la Bretagne, et la simazine principalement la Bretagne. Pour les nitrates, "les cas les plus graves ont été neutralisés par des solutions draconiennes telles que la dilution, la fermeture des captages les plus touchés et le traitement de dénitratation", selon le Ministère. Mais "la qualité moyenne évolue peu car elle dépend d'opérations visant à la maîtrise de la fertilisation dans les zones d'alimentation des captages, dont les effets ne sont pas immédiats. Il est impératif d'accélérer la mise en œuvre de ces mesures." Pour l'atrazine et la simazine, les engagements internationaux de la France ne pourront être satisfaits que par "une forte restriction d'usage de ces herbicides particulièrement solubles ou le recours à des traitements d'élimination complémentaires".

  • Au cours de la période 1993-1995, enfin, il n'a pas été découvert de nouveaux paramètres qui auraient été des causes importantes et généralisées de non-conformité, à l'exception toutefois d'un sous-produit de dégradation de l'atrazine (la déséthyl-atrazine). Toutefois des données récentes confirment l'émergence de plusieurs molécules de pesticides, notamment le diuron, retrouvées dans les eaux d'alimentation françaises.


 

   
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