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     Eau potable
Les maladies liées à l’eau

 








 

 

 

 

 

Dans la nature, l’eau n’est pas toujours source de vie, loin s’en faut. Elle véhicule en particulier nombre de micro-organismes, bactéries, virus et protistes en tout genre, qui y vivent et s’y développent, ainsi que nombre de parasites dont les hôtes ont besoin d’eau pour vivre ou se reproduire. Or de tels organismes peuvent engendrer des maladies parfois graves lorsqu’ils pénètrent dans le corps humain. L’eau est ainsi le vecteur de transmission privilégié de ces maladies que l’on dit hydriques.

Les micro-organismes abondent dans les eaux souillées par les déjections animales et humaines, et leur transmission à l’homme se fait par simple ingestion d’eau infectée. Ils se propagent donc rapidement dans les pays qui ne disposent pas de bonnes conditions d’hygiène.
Certaines bactéries, notamment le colibacille responsable des colibacilloses et le vibrion cholérique responsable du choléra, et certaines amibes, véritables parasites du corps humain, déclenchent de fortes diarrhées. Lorsqu’aucun soin n’est dispensé, ces pertes d’eau peuvent conduire à une déshydratation importante de l’organisme et entraîner la mort. La fièvre
typhoïde est due elle aussi à une bactérie qui, outre des troubles digestifs, provoque une forte fièvre.
L’Europe a beaucoup souffert par le passé d’épidémies dues à la mauvaise qualité de l’eau. La dernière d’entre elles fut une épidémie de choléra qui sévit au cours du XIX
e siècle faisant des milliers de victimes. Mais aujourd’hui, ces épidémies sont surtout le drame des pays chauds qui ne disposent pas de latrines septiques, ni de traitements des eaux. Dans ces conditions en effet, les matières fécales des personnes malades contaminent rapidement les eaux de boisson consommées par les personnes saines…

Les parasites pullulent dans les régions chaudes et humides, lieux de prédilection de leurs hôtes, mollusques ou larves d’insectes, dont certains affectionnent les canaux d’irrigation quand d’autres préfèrent les eaux courantes ou encore les eaux stockées. Ces parasites sont transmis à l’homme par pénétration à travers la peau.
La bilharziose par exemple, endémique en Afrique et en Asie, provoque des troubles graves du foie, de la vessie et des intestins. Elle est due à un tout petit ver, le schistosome, qui vit aux dépens de certains mollusques se développant dans les eaux stagnantes. Ces mollusques prolifèrent dans les champs irrigués où ils infectent les paysans qui y travaillent sans protection.
L’onchocercose est une maladie parasitaire que l’on trouve surtout en Afrique et qui engendre la cécité. Le parasite responsable est un ver véhiculé par une mouche, la simulie, dont les larves vivent dans les eaux courantes. Pour tuer cette larve et éradiquer la maladie, les eaux des rivières doivent être traitées aux insecticides pendant parfois plusieurs années.
L’agent responsable du paludisme, le plasmodium, est un protiste qui ne vit pas dans l’eau. Il parasite un moustique qui lui en a besoin et qui se satisfait de la moindre eau stagnante. Cette maladie, transmise à l’homme par la simple piqûre d’un moustique infecté, se traduit par des accès intermittents de fortes fièvres.
La dengue enfin est une maladie virale propagée par un moustique qui vit normalement dans les zones tropicales humides d’Afrique mais qui est également présent depuis une vingtaine d’années dans les régions chaudes et humides d’Amérique Latine. Elle a tendance aujourd’hui à gagner des régions au climat aride : là en effet, les populations démunies stockent leur eau dans des conteneurs où ce moustique peut venir pondre ses œufs. La forme la plus virulente de cette maladie déclenche des hémorragies : elle est très grave et peut être mortelle.

Aujourd’hui, ces maladies hydriques sont à l’origine de la mortalité très élevée des populations des pays en voie de développement. Dans le monde, environ 6 millions d’enfants meurent chaque année des suites de gastro-entérites, 100 millions de personnes souffrent en permanence de gastro-entérites hydriques, 260 millions d’individus sont atteints de bilharziose, 2 à 3 millions de décès sont observés chaque année parmi les 700 et 800 millions de sujets impaludés et 30 millions d’onchocercose sont dénombrés. La raison principale de cette situation catastrophique est la pauvreté. Nombre de populations ne disposent pas d’eau potable, les aménagements indispensables aux traitements des eaux usées et à la fabrication d’eau potable étant trop coûteux, ni même des soins que ces affections nécessitent, les infrastructures médicales n’étant pas suffisantes.

 

   
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