Préservation
   Réduire la consommation et limiter les pertes

 

 

 

 

 
Irrigation au Soudan 

 

 

 
L'agriculture représente 70% des prélèvements mondiaux en eau 

 

La façon la plus directe d’économiser l’eau est d’en réduire la consommation. Agriculteurs, industriels et ménages, chacun devra désormais prêter attention à la façon dont il use de l’eau, en évitant de la consommer de manière excessive ou intempestive.

L'agriculture utilise à elle seule, via l'irrigation, 70 % des prélèvements mondiaux en eau. Mais une grande partie de toute cette eau d'irrigation, jusqu'à 40 à 60 % en Afrique, est perdue par fuites et évaporation (voir le chapitre Dégradations). Les marges de progrès sont donc potentiellement énormes dans ce domaine. Or, réaliser ne serait-ce qu'une économie de 13 % des prélèvements agricoles permettrait d'épargner l'équivalent de la consommation mondiale des ménages ! L’enjeu est donc d’importance.
Outre la réduction des fuites, l’usage de techniques d'irrigation modernes, comme l’aspersion par gicleurs, rampes ou jets, le goutte-à-goutte, ou encore l’irrigation à l’aide de canaux souterrains, devra donc se généraliser car ces techniques permettent de notablement diminuer la consommation d’eau (voir le chapitre Usages). Elles se sont déjà beaucoup répandues dans les zones arides. Israël, notamment, est passé maître dans leur utilisation, associée à d'autres méthodes comme l'ensemencement des nuages pour déclencher la pluie.
Quant à remettre en cause l'irrigation, cela signifierait revenir sur un modèle de développement agricole défendu depuis près de 50 ans et qui a permis une hausse importante des rendements. De plus, pour certains pays, cela reviendrait ni plus ni moins à renoncer à l'autosuffisance alimentaire. L'Égypte est l’un des seuls pays à avoir fait ce choix politique, compte tenu du coût des nombreux barrages qu'elle aurait dû construire dans le cas contraire.

Les industriels (20 % des prélèvements globaux) devront eux aussi faire un effort en développant des technologies moins gourmandes, ou en utilisant une eau de qualité moindre pour les usages ne nécessitant pas de l’eau potable.

Les économies d'eau concernent également la consommation domestique (10 % des prélèvements globaux). On estime qu'aujourd'hui, en France, 15 à 25 % de l'eau potable consommée dans un immeuble est perdue pour cause de fuites, aux robinets, dans les toilettes, et dans les canalisations des parties communes, sans parler des pertes dans les réseaux d’adduction et de distribution. Dans certaines très grandes villes des pays en développement, comme Le Caire ou Mexico, les fuites dans les réseaux publics de distribution peuvent représenter jusqu'à 50 à 70 % de l'eau distribuée ! Pour faire des économies, l’entretien et la réfection des réseaux et des installations domestiques est donc indispensable.



 

   
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