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Epuration
verte des eaux usées domestiques
Site
expérimental pour la réhabilitation
des eaux polluées
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Lorsque le rejet deaux
polluées ne peut être évité, la seule
issue possible est de les assainir avant de les renvoyer dans lenvironnement.
Cela concerne essentiellement les eaux usées urbaines et
industrielles.
Dans les pays industrialisés, les eaux domestiques usées
sont le plus souvent collectées et acheminées
vers des stations d'épuration, avant d'être rejetées,
débarrassées d'une grande partie de leur pollution,
dans le milieu naturel. Afin de généraliser encore
davantage ces pratiques, la directive européenne du 21 mai
1991 impose désormais, à l'ensemble des pays de la
Communauté et dans des délais déterminés,
leur extension à des villes de moindre importance. Elle fixe
en outre les conditions dans lesquelles le contrôle des rejets
des stations d'épuration doit être effectué.
Alors quen 1995, 89 % de la population française
était déjà raccordée à un réseau
d'assainissement, avec cette directive, ce seront toutes les communes
de plus de 2000 habitants qui le seront, d'ici à la fin de
l'an 2005.
Cette directive impose également aux petites collectivités
ainsi quaux habitats dispersés, qui utilisent en règle
générale des procédés plus rustiques
tels que fosses septiques ou simples lagunages, un certain degré
d'épuration des eaux usées avant leur rejet dans le
milieu naturel, dont elle fixe les valeurs limites.
Quant aux effluents
industriels, ils renferment toutes sortes de polluants : non
seulement des rejets organiques,
mais aussi des éléments toxiques parfois très
difficiles à éliminer, comme des métaux lourds,
des poisons organiques, des détergents, des hydrocarbures
ou des solvants.
Les usines peuvent être raccordées à un réseau
urbain d'égouts. Leurs eaux usées sont alors traitées
dans des stations d'épuration classiques en même temps
que les eaux urbaines. Cette épuration mixte est souvent
techniquement et économiquement avantageuse. Mais elle n'est
possible que si les effluents industriels ne renferment pas de substances
toxiques pour le personnel ou susceptibles dendommager le
matériau des réseaux d'égouts, ou encore de
nuire à l'exploitation des stations d'épuration ;
en particulier, ils doivent être biodégradables
et ne pas contenir de substances inhibant la croissance des bactéries
qui réalisent l'épuration biologique. Les effluents
industriels sont donc souvent prétraités avant d'être
mélangés aux eaux urbaines : ils sont homogénéisés
et refroidis, débarrassés des huiles, graisses et
hydrocarbures ; les rejets acides ou alcalins sont neutralisés,
et les sulfures et les éléments métalliques
éventuellement présents éliminés.
Les usines peuvent aussi être équipées de leur
propre station d'épuration ou fonctionner en circuit fermé
en recyclant leurs eaux.
À leur arrivée dans une station d'épuration,
les eaux brutes subissent d'abord un prétraitement de dégrossissage,
destiné à extraire le plus possible de gros éléments,
ou d'éléments gênants pour les traitements
ultérieurs.
Il consiste en un dégrillage et un tamisage (leau
traverse une grille et un tamis qui retiennent les déchets),
un dessablage (évacuation des sables et graviers déposés
au fond des bassins), un déshuilage (récupération
des graisses remontées en surface grâce à une
injection dair) et enfin, une évacuation et un
traitement des sables et déchets ainsi récupérés.
Puis
l'eau subit un premier traitement de décantation,
destiné
à éliminer les particules de plus grosse taille,
lequel est parfois suivi de traitements physico-chimiques plus
poussés
(coagulation, floculation, clarification par décantation
ou flottation), en vue d'éliminer les particules fines et
très
fines.
Tous ces traitements éliminent au mieux 70 à 80 %
de la pollution organique carbonée. En revanche, ils ne
suppriment qu'une faible partie de la pollution due à l'ammoniac,
aux nitrates et aux phosphates.
Ces traitements sont donc complétés par une épuration
biologique visant à éliminer les matières
organiques carbonées et une partie
de l'azote.
Elle consiste à faire "digérer" et
minéraliser la pollution organique par des bactéries,
comme cela se passe naturellement dans les écosystèmes
aquatiques (voir le chapitre Écosystèmes
aquatiques continentaux) : les bactéries oxydent les
composés organiques carbonés, produisant environ
un tiers de gaz
carbonique et d'eau, et deux tiers de biomasse bactérienne
(boues en excès). On peut accélérer ce
processus en oxygénant l'eau, l'épuration s'effectuant
dans des bassins aérés où les bactéries
sont en suspension dans l'eau (procédé à boues
activées). On peut aussi faire passer les eaux usées
dans des lagunes artificielles où l'épuration
naturelle se développe, dès lors que le temps
de rétention hydraulique est suffisamment long. On peut également
faire ruisseler l'eau à travers des lits de matériaux
solides et poreux (charbons, argiles, billes de polystyrène...),
sur lesquels des bactéries ont été fixées
en grand nombre.
D'autres procédés
d'épuration complémentaires peuvent être
mis en uvre : procédés biologiques pour la
pollution azotée, procédés physico-chimiques
ou biologiques pour la pollution phosphorée.
Hors grandes stations d'épuration, il existe des systèmes
biologiques extensifs valables pour de petites communautés,
ou pour des effluents d'origine agricole ou agro-alimentaire.
Quand on vise des rendements d'élimination supérieurs
à 90 %, on utilise parfois des traitements de finition
:
adsorption sur charbon
actif pour éliminer les matières organiques
carbonées non biodégradables (détergents, pesticides,
...), et/ou désinfection par des traitements physiques ou
chimiques pour éliminer tout germe pathogène.
Enfin, se pose le problème du devenir des boues issues
de cette épuration. Elles forment des déchets volumineux,
qui contiennent 95 à 99 % d'eau, mais aussi des matières
organiques et parfois, des micro-polluants organiques ou minéraux.
Ces boues sont tantôt incinérées, tantôt
mises en décharge, tantôt utilisées sous forme
déshydratée comme engrais en agriculture. Mais cette
dernière utilisation nest pas sans risque, car elle
peut entraîner une contamination des sols, notamment par des
métaux lourds ou des microbes pathogènes qui peuvent
ensuite entrer dans la chaîne alimentaire.
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