|
Face
nocturne de Vénus. Image obtenue le 10 février 1990
par le spectromètre NIMS de la sonde Galileo. Carte de la
couverture nuageuse de Vénus vers 50 kilomètres daltitude.
Léchelle bleu-jaune-rouge correspond à des températures
de plus en plus claires.
© CNRS/INSU/Observatoire
de Paris
Surface de Mars. Près du bord, des nuages de glace (cirrus)
sont présents au sein desquels on peut distinguer des structures.
Ces nuages se forment surtout la nuit lorsque la température
de l'atmosphère décroît, et se dissipent le
jour, sauf en altitude près de sommets volcaniques tels que
lOlympus Mons et lAscraeus Mons de ce cliché.
Le cycle de l'eau sur Mars, qui est couplé à celui
de la poussière en suspension soulevée par les tornades
martiennes, est un élément majeur de la météorologie
martienne. (Cliché NASA)
Surface glacée d'Europe, un satellite
de Jupiter. Sous sa très épaisse croûte de glace,
réduite cependant par endroits à une dizaine de kilomètres,
Europe pourrait abriter un océan d'eau salée. Cette
portion de surface est traversée de grandes fractures parallèles.
C'est le long de telles fractures, analogues aux rifts sous-marins
des fonds océaniques terrestres, que pourrait remonter l'eau
liquide des profondeurs qui gèlerait alors instantanément
aux températures régnant en surface. (Cliché
NASA)
|
Aux premiers temps de
leur formation, toutes les planètes du système solaire
ont possédé de leau. Mais leur devenir a donné
lieu à des scénarios très divers qui ont abouti
à des situations très disparates, suivant leur distance
au Soleil et leur taille. Cest ainsi que lon peut distinguer
deux familles de planètes : les planètes rocheuses
ou telluriques, plus proches du Soleil, que sont Mercure, Vénus,
la Terre et Mars et les grandes planètes gazeuses dites joviennes,
plus éloignées du Soleil, que sont Jupiter, Saturne,
Uranus et Neptune. Reste Pluton, la planète la plus retirée,
que lon connaît peu.
Mercure est la planète la plus proche du Soleil. Fortement
chauffée, son eau sest progressivement élevée
sous forme de vapeur deau vers les plus hautes couches de
son atmosphère. Là, elle a été dissociée
par le rayonnement ultraviolet
solaire, donnant de loxygène
et de lhydrogène
lequel, très léger, sest échappé
dans le milieu interstellaire. Cest aujourdhui une planète
sèche, sans atmosphère, mais qui contiendrait encore
une certaine proportion de glace emprisonnée en son sein
: des observations radar notamment donnent à penser quil
pourrait y avoir de la glace au fond des cratères situés
au niveau de ses pôles perpétuellement à lombre.
Bien que très semblable à la Terre par la taille,
la masse et la densité, mais plus proche du Soleil, Vénus
a connu un destin très différent. Elle a probablement
bénéficié, comme la Terre, deau liquide
et son atmosphère contenait comme celle de la Terre du
gaz
carbonique, un gaz à effet
de serre. Mais deux fois plus chauffée par le rayonnement
solaire, son atmosphère contenait aussi plus de vapeur deau,
un autre gaz à effet de serre. Cela a eu pour effet daugmenter
encore sa température superficielle et de favoriser ainsi
davantage lévaporation de son eau liquide. Cette boucle
infernale ne sest arrêtée que lorsque toute cette
eau fut vaporisée. Dans le même temps, dans la haute
atmosphère, comme sur Mercure, les molécules
deau atmosphériques étaient dissociées
par le rayonnement ultraviolet solaire. Aujourdhui, la quantité
de vapeur deau restante est faible : si elle était
liquide, elle formerait une pellicule de vingt centimètres
dépaisseur sur la surface de la planète.
Mars a déjà reçu la visite de plusieurs sondes
qui ont tourné en orbite autour delle et dont lune
sest posée sur son sol. Plus éloignée
du Soleil que la Terre, elle aurait été, dans un lointain
passé, partiellement recouverte par les flots ainsi quen
témoigne son sol très raviné. Elle aurait même
connu à ses débuts des conditions assez semblables
à celles de la Terre au même moment. Mais, sans que
les chercheurs sachent encore expliquer pourquoi, elle a perdu toute
son atmosphère. Elle sest alors refroidie. Son eau
liquide a également disparu. Quest-elle devenue ? Une
énorme calotte glaciaire est visible en son pôle Nord,
mais son volume est très faible au regard de toute leau
qui fut probablement présente aux premiers temps de la planète.
Bien sûr, une fraction de cette eau sest probablement
échappée dans lespace. Mais la communauté
scientifique pense quune partie de toute cette eau pourrait
bien être encore présente à létat
gelé dans le sol martien sous forme de pergélisol.
Pour tenter de résoudre cette énigme, la sonde "
Mars express " de lAgence Spatiale Européenne
qui doit être envoyée sur Mars en 2003 emportera à
son bord un robot à même de forer le sol martien sur
1,5 mètres de profondeur et danalyser les spécimens
ainsi prélevés.
L'eau
sur Mars (Bruno Bézard)
|
Détail
de l'atmosphère de Jupiter, montré en fausses
couleurs pour renforcer les contrastes, situé près
de la grande tache rouge de Jupiter, un phénomène
météorologique majeur de cette planète.
Le nuage blanc visible ici a été identifié
comme provenant de la condensation de la vapeur d'eau remontant
des profondeurs de Jupiter. De tels nuages sont associés
à une activité orageuse intense, que lon
peut observer sur la face nocturne de Jupiter.
Ils sont comparables aux nuages d'orages tropicaux terriens,
mais de beaucoup plus grande taille (plusieurs milliers de
kilomètres de diamètre). (Cliché NASA)
|
Au-delà de Mars,
les planètes volumineuses que sont Jupiter, Saturne, Uranus
et Neptune sont moins bien connues : elles contiennent en profondeur
de la vapeur deau et des nuages de glace deau, récemment
identifiés sur Jupiter par la sonde Galileo. Il est également
probable que leurs noyaux renferment de la glace. Dans les plus
hautes couches de leur atmosphère, une faible quantité
de vapeur deau a été récemment détectée
par le satellite ISO. Cette vapeur deau proviendrait de cristaux
de glace interplanétaires qui, en pénétrant
dans leur atmosphère, se seraient vaporisés. Quant
aux anneaux de satellites de ces planètes géantes,
ils contiennent beaucoup de glace deau. Un des satellites
de Jupiter, Europe, est même soupçonné de renfermer,
sous sa croûte de glace superficielle, de grandes quantités
deau liquide.
|