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     Usages
Le détournement des eaux





Creusement d’un canal d’irrigation à Hetian dans la province chinoise du Sin-kiang.
© CNRS / Photo N. PETIT-MAIRE






Pompage d’eau d’irrigation à SHENDI (Soudan). L’eau provient du Nil.
© CNRS / Photo MILLER / RIVIERE








Irrigation et drainage. Entrée de l’eau dans une rizière
© INRA / J. M. Barbier

  

 

 

Les sociétés humaines ont de tout temps déployé des trésors d’imagination pour détourner de multiples manières l’eau nécessaire à leur culture et irriguer leurs champs.

Certaines méthodes se contentent de mobiliser les eaux de crues des rivières ou les eaux de pluie. Elles interviennent peu sur le cours des rivières et déplacent peu les eaux dans l’espace. Au bord de certains grands fleuves africains par exemple, les paysans cultivent les terrains susceptibles d’être légèrement inondés par les eaux grossies du fleuve à la saison des pluies, qu’ils ensemencent juste avant la montée des eaux. Très utilisée en Asie, mais également en Afrique, notamment pour la culture du riz, la construction de tout un réseau de petits canaux et de digues permet de récolter les eaux de crue des rivières, de les distribuer en contrôlant leur niveau dans chaque parcelle et de les y retenir. En Inde et au Brésil, se développe également l’usage de petites retenues d’eau, dites collinaires, édifiées en amont des vallées. Ces petits barrages en terre, de faible profondeur, récupèrent et stockent, pendant la saison des pluies, les eaux de ruissellement et les eaux de pluie, lesquelles peuvent ensuite être utilisées au profit des cultures.

D’autres méthodes cependant consistent à pratiquer de véritables détournements d’eau.
Le recours aux puits, notamment, permet de prélever toute l’année l’eau de certaines nappes souterraines, en d’autant plus grandes quantités que l’on sait aujourd’hui forer jusqu’à de grandes profondeurs et pomper l’eau mécaniquement.
Une autre pratique consiste à détourner l’eau des rivières, et à la transporter par canaux, parfois très loin de son lieu de prélèvement, jusqu’à des régions moins bien dotées où elle manque.
Enfin, une technique qui s’est beaucoup développée au cours du XX
e siècle est la construction, sur le cours des rivières, d’immenses barrages capables de stocker d’énormes réserves d’eau. De tels aménagements offrent un accès quasi permanent à l’eau.

Mais, si elles permettent de bénéficier toute l’année de grandes quantités d’eau, de telles pratiques ne vont pas sans présenter des inconvénients : aInsi, la multiplication de canaux et réservoirs en tout genre accroît-elle la perte d’eau par évaporation ; en outre, les grands barrages modifient les régimes hydrauliques, la qualité des eaux et les équilibres de la flore et de la faune des cours d’eau sur lesquels ils sont établis (voir le chapitre Dégradations).


 

   
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