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     Usages
De multiples systèmes d’irrigation










Système d’irrigation des terres cultivées à Shendi au Soudan.
© CNRS / Miller - Rivière 








Un autre mode d’irrigation localisée. Ici, l’irrigation est localisée sur une colonne verticale de substrat.

© INRA / F. Lemaire 








Irrigation par aspersion.
© INRA / F. Lemaire 

 

Qu’elle soit récupérée par gravitation ou par pompage, l’eau d’irrigation doit être ensuite amenée aux différentes parcelles du périmètre à irriguer. Aujourd’hui, du plus archaïque au plus perfectionné, les systèmes d’irrigation sont légion.

Une technique traditionnelle consiste à utiliser un canal à ciel ouvert, qui apporte l’eau par gravité à tout un réseau de canaux de plus en plus petits, lesquels permettent de la distribuer à de nombreuses rigoles d’arrosage. L’eau en excédent est ensuite évacuée par un réseau de fossés collecteurs. Pour éviter les pertes par infiltration, les canaux en terre d’antan sont aujourd’hui souvent remplacés par des canaux pourvus d’un revêtement imperméable, ou encore par des canaux préfabriqués, étanches, et posés sur des supports afin de pouvoir facilement régler leur déclivité. Mais ces canaux, qui doivent suivre les pentes, forment un réseau souvent dense et complexe qui occupe les sols et gène le travail agricole. Une autre technique a donc été développée qui consiste à utiliser des canalisations enterrées dans lesquelles l’eau est conduite aux rigoles sous basse pression.
L’arrosage proprement dit des parcelles peut ensuite se faire par ruissellement de l’eau sur les sols, par submersion du champ, ou encore par infiltration dans le proche sous-sol. Mais ces modes traditionnels d’irrigation présentent l’inconvénient majeur d’être très gourmands en eau, une eau dont plus de la moitié est perdue par évaporation.

Des techniques modernes d’irrigation, plus sophistiquées mais plus efficaces puisqu’elles permettent de diminuer la consommation d’eau, sont aujourd’hui mises en œuvre dans les pays les plus riches. Elles sont de deux types, le goutte-à-goutte et l’aspersion.

Dans son principe, le goutte-à-goutte, ou irrigation localisée, n’est en fait qu’une amélioration des techniques traditionnelles. Il consiste à apporter l’eau sous faible pression jusqu’aux racines de chacune des plantes et à la distribuer au compte-goutte, en surface ou en souterrain, à l’aide de petits tuyaux, posés sur le sol ou enterrés. Bien menée, cette technique permet de notablement diminuer la consommation d’eau : elle n’humidifie que la portion de sol située au voisinage immédiat des racines, et elle limite les pertes par évaporation, ruissellement ou infiltration profonde. Cependant, elle ne peut être utilisée que pour des cultures en ligne, telles les cultures maraîchères et fruitières, et elle nécessite l’usage d’une eau filtrée afin de ne pas obstruer les petits tubes par lesquels l’eau est distribuée.

L’irrigation par aspersion est différente dans son principe car elle n’utilise pas la gravité mais des canalisations enterrées où l’eau circule sous forte pression. Ces canalisations distribuent l’eau à des tuyaux mobiles qui alimentent des systèmes d’aspersion. Ceux-ci arrosent les parcelles, comme le ferait la pluie, en projetant l’eau sous pression au-dessus des plantations. L’eau retombe alors en une fine pluie artificielle sur les plantes. Comme le goutte à goutte, l’aspersion permet de grandement limiter la consommation d’eau. Cette forme d’irrigation est adaptée à toutes les configurations et natures de terrains, ainsi qu’à toutes les cultures, mise à part celle du riz pour lequel il n’y a pas de meilleur mode d’irrigation que la submersion.
Outre qu’elles permettent d’utiliser moins d’eau, ces techniques modernes permettent également d’utiliser une eau enrichie en produits fertilisants et pesticides. Elles peuvent aussi être automatisées, et pilotées à l’aide d’appareils de mesure de l’état d’humidité des sols, voire depuis peu de l’état hydrique des plantes, qui permettent de connaître avec précision à quel moment il est le plus judicieux d’arroser. En revanche, elles nécessitent une infrastructure qui coûte cher à mettre en œuvre ce qui en limite fortement l’usage, notamment dans les pays pauvres.


 

   
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