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SAVOIR DISTINGUER L'ORIGINE DES BOULEVERSEMENTS
DE NOS CLASSIFICATIONS
Aujourdhui, on ne distingue plus classification
et phylogénie. Déjà, selon le souhait de Charles
Darwin lui-même, toute classification légitime des êtres
vivants doit être "généalogique" (les guillemets
signifient que Darwin employait le mot généalogie comme
nous employons phylogénie aujourdhui). Tout bouleversement
des phylogénies doit donc avoir des répercussions sur les
classifications.
Il est important de comprendre que les bouleversements de nos classifications
durant ces trente dernières années ont deux moteurs historiquement
distincts, mais dont les effets peuvent se conjuguer.
Lun est purement technique puisquil tient à lapplication
dans le champ de la systématique doutils biotechnologiques,
tout en utilisant les mêmes concepts sur le fond.
Lautre est beaucoup plus profond, il sagit de notre manière
de penser la hiérarchisation de la biodiversité, lalgorithmique
par laquelle nous nous assurons que lanalyse des structures du vivant
aboutira à une classification purement phylogénétique.
Dans beaucoup de journaux, lors de commentaires sur de nouvelles classifications,
on réduit une révolution scientifique qui a eu lieu avant
les phylogénies moléculaires au seul emploi ultérieur
des molécules. Nous allons distinguer, ci-dessous, ce qui relève
de lune et de lautre. La systématique moléculaire
napparaît moderne que parce quelle implique
des outils spectaculaires valorisés par nos sociétés
marchandes. Cette modernité là est vantée
parce que manufacturière ; mais elle occulte la vraie modernité,
qui est à léchelle temporelle de lhistoire des
idées.
La révolution hennigienne
La révolution hennigienne a permis avec un délai de cent
ans de réaliser le souhait de Darwin selon lequel les classifications
devaient suivre le plus fidèlement possible les généalogies
(nous dirions aujourdhui les phylogénies). Hennig a trouvé
le moyen de distinguer opérationnellement la question qui
est plus proche de qui ? de qui descend de qui ? (ce
que Darwin ne put faire). Il eût lidée simple et géniale
de nautoriser au sein dun cadre détude bien précis
(léchantillon dorganismes à classer) que les
regroupements despèces sur la base dun état
de caractère dérivé, en fait une innovation pour
le cadre détude. Le corollaire est quil sinterdit
de produire des regroupements sur le partage de létat primitif
du même caractère, état dont la naissance devait avoir
eu lieu en dehors du cadre détude, et donc devait signer
une parenté à une échelle plus large.
En faisant cela, il sassurait la production de groupes monophylétiques
(par exemple les oiseaux), groupes qui comprennent un ancêtre putatif
produisant pour la première fois linnovation (la plume) et
tous ses descendants (il ny a pas dorganismes à plumes
qui ne soient pas déjà classés parmi les oiseaux).
Il rendit non valide les groupes paraphylétiques (les reptiles),
ceux fondés sur les états primitifs partagés (la
poïkilothermie), comprenant un ancêtre commun mais une partie
seulement de ses descendants.
Une autre manière de parler des groupes paraphylétiques
consiste à constater que certains de leurs membres sont plus étroitement
apparentés à des organismes extérieurs au groupe
quà leurs collatéraux dans le groupe. Les reptiles
sont paraphylétiques puisque les crocodiles sont plus proches des
oiseaux quils ne le sont les lépidosauriens ou des tortues.
Si nous devions incorporer les fossiles, la situation des reptiles serait
pire encore : de nombreux groupes de thérapsides du Permien et
du Trias sont plus proches des mammifères quils ne le sont
des autres "reptiles". Hennig aboutit au classement par affinité
phylogénétique stricte, au détriment de classements
sur des critères impliquant la similitude globale, la "complexité"
ou encore des considérations adaptatives et écologiques,
en fait toutes sortes de prétextes à tous les excès
anthropocentriques.
Cette révolution conceptuelle natteignit la communauté
internationale quà partir de 1967 et la France que vers le
milieu des années 1970. Ainsi, peu après le Prix Nobel français
de 1965, la systématique entra dans une situation quelque peu paradoxale
qui illustre assez bien lidée que nos politiques et nos financiers
se font de la modernité en sciences.
Les fonds et les postes de recherche abondaient dans les sciences explicatives,
alors en pleine phase de production car reposant sur un plateau technologique
et conceptuel consensuel et fascinant.
En parallèle, fonds et postes samenuisèrent jusquau
zéro recrutement entre 1975 et 1990 pour les sciences descriptives,
cest-à-dire pour une systématique qui paraissait désuète
de par les outils quelle mettait en uvre, alors quelle
subissait lune des plus puissantes lames de fond paradigmatiques
de toute son histoire.
La valeur heuristique de cette révolution na jamais été
et ne sera jamais financée à la hauteur de son importance
et de son impact, tandis que la production de résultats routiniers
voire de validité éphémère continue à
prospérer. Cette situation ingrate de la systématique était
peut-être le prix à payer pour son relatif endormissement
conceptuel au cours de la première moitié du vingtième
siècle, et pour le conservatisme de bien des systématiciens
français.
Les bouleversements dûs aux principes
de la systématique phylogénétique
Il convient à présent de dégager les bouleversements
engendrés dans nos classifications par cette révolution
conceptuelle et méthodologique. A la fin des années 1970,
il devint clair en France que certaines habitudes verbales allaient devoir
changer chez les systématiciens. Une foule de groupes "poubelles"
(procaryotes, protozoaires, algues, invertébrés) ou de groupes
assumés paraphylétiques (poissons, reptiles, gymnospermes,
prosimiens) par les tenants de la systématique "éclectique"
ou "évolutionniste", et dont certains remontaient à
Linné, époque dune science des classifications non
laïcisée, allait tomber en non validité, car ne reflétant
aucune réalité strictement généalogique, et
ceci avant même quon ait recours aux séquences dADN
pour déchiffrer larbre correspondant.
Pour donner une idée de lampleur de cette lame de fond, on
enseigne encore partout que les vertébrés
sont constitués de cinq classes : poissons, amphibiens, reptiles,
oiseaux, mammifères. Sans avoir recours à la moindre séquence
dADN, il devint rapidement clair que seulement deux des cinq étaient
monophylétiques : oiseaux et mammifères. Les poissons sont
paraphylétiques au moins à deux titres : parce que les actinoptérygiens
(truite) sont plus proches de non-poissons que sont les tétrapodes
(vache) quils ne le sont des chondrichthyens (requin) (actinoptérygiens
et tétrapodes sont tous des ostéichthyens) ; et par ce que
les dipneustes sont plus proches des tétrapodes (vache) quils
ne le sont des actinoptérygiens (truite).
On pourrait ajouter le coelacanthe qui est plus proche des tétrapodes
quil ne lest de tout autre poisson excepté les dipneustes.
Les amphibiens sont paraphylétiques parce que les fossiles des
groupes des anthracosaures et des seymouriamorphes sont plus proches des
amniotes quils ne le sont de tout autre amphibien actuel ou fossile.
Si lon exclut les fossiles, les trois groupes damphibiens
actuels (anoures, urodèles, gymnophiones) constituent bien un groupe
monophylétique, les lissamphibiens.
Les reptiles sont paraphylétiques parce que de nombreuses lignées
thérapsides du Permien et du Trias sont plus apparentées
aux non-reptiles que sont les mammifères (ce que lon reconnaissait
auparavant sous le terme de reptiles mammaliens) ; également
parce que les crocodiles et de nombreuses lignées de dinosaures
sont plus apparentés à des non-reptiles que sont les oiseaux
quils ne le sont à des lézards et à des tortues.
Un cas particulièrement éclairant est celui des téléostéens
qui regroupent la moitié des espèces de vertébrés.
Au début des années 1960, déminents zoologistes
français avaient déjà rendu les armes et prétendirent
quon devait se contenter dune classification pratique faute
de mieux, tellement le groupe était complexe, voire confus. Tout
au plus disposait-on de quelques grades pour empiler les poissons des
plus primitifs aux plus évolués.
Puis, en 1967, la méthode de Hennig fut introduite en ichtyologie.
Il ne fallut que cinq années pour quune poignée dichtyologistes
parviennent à fournir une classification phylogénétique
pour la moitié des téléostéens (tous les téléostéens
non-acanthomorphes, ce qui est énorme), révolutionnant la
classification plus quelle ne lavait jamais été
depuis Cuvier et Valenciennes. Le volume de 1973, Interrelationships of
Fishes, en est dailleurs resté célèbre. Les
téléostéens étaient très riches en
caractères, mais on navait pas la méthode. A linverse,
il est des blocages dans le progrès des classifications qui tiennent
autant au manque de méthode quà une difficulté
réelle à délimiter des caractères.
Outre la reconnaissance précoce dun monophylum des deutérostomiens,
les véritables progrès en phylogénie des invertébrés
non-deutérostomiens tient à lintroduction conjointe
de ces nouveaux concepts et des analyses fondées sur des données
de séquences. Ceci tient au fait quà certains niveaux
taxonomiques, les caractères anatomiques deviennent si différents
que létablissement dhypothèses dhomologie
devient impossible. Un recours à des niveaux dintégration
plus petits mais de plus grande universalité est nécessaire
(ultrastructure cellulaire, synthèse de composés biochimiques,
séquences de gènes ou de protéines). Ceci est valable
également pour la phylogénie des protozoaires
(on dirait aujourdhui la phylogénie des eucaryotes) et celle
des procaryotes (phylogénie du vivant), nous y reviendrons.
Avant même larrivée des phylogénies moléculaires,
on savait que les échinodermes
étaient plus apparentés aux chordés quaux autres
invertébrés (tout en conservant lusage du nom "invertébrés"),
on disposait de scénarios évolutifs explicatifs mais non
testés pour raconter et enseigner lévolution des animaux
; scénarios qui seront ultérieurement réfutés
par les phylogénies moléculaires (par exemple la fameuse
lignée annélides-arthropodes ou encore lantériorité
du stade diblastique par rapport au stade triploblastique).
Hennig ayant été entomologiste, un cladogramme des insectes
na pas attendu les séquences dADN et de nombreux grades
comme celui des aptérygotes furent rapidement démantelés.
Il était clair également que le terme d'algues
ne recouvrait aucune unité historique particulière. Algues
brunes, rouges et vertes nétaient pas nécessairement
apparentées, sans quon sache toutefois comment les relier
au reste des lignées deucaryotes sur la base de caractères
dérivés partagés. Il devint vite clair que les algues
vertes étaient paraphylétiques : de nombreux groupes de
petites algues vertes ainsi que les charales étant plus proches
des embryophytes que des ulvobiontes. Toujours au sein du clade des chlorobiontes,
les bryophytes, les gymnospermes et les dicotylédones perdront
leur unité dès le milieu des années1980.
Des changements dûs aux phylogénies
moléculaires
Lénorme majorité de la production de résultats
en systématique moléculaire repose de nos jours sur des
données de séquences. Outre létape expérimentale
mais pionnière de Fitch et Margoliash en 1967 et les travaux de
léquipe de Goodman à partir de 1963, tous fondés
sur des séquences protéiques, le véritable choc culturel
date de 1977 lorsque Woese et Fox entreprennent de classer les bactéries
sur la base des séquences ribosomiques.
Ils découvrent que le monde vivant ne se divise pas en procaryotes
et eucaryotes mais en trois super-règnes, archaebactéries,
eubactéries et eucaryotes, et que le gouffre génétique
entre eucaryotes et archaebactéries est aussi large que celui qui
sépare eubactéries et eucaryotes. Le monde procaryote
révélait donc des niveaux de divergence insoupçonnés.
Woese et Olsen en 1986 eurent lidée dincorporer au
sein du jeu de données les séquences homologues 16S des
mitochondries et des chloroplastes. Constat frappant, ces séquences
mitochondriales et les chloroplastiques ne vinrent pas se placer dans
larbre à proximité de la séquence homologue
nucléaire de leur hôte eucaryote, mais bien à lintérieur
des eubactéries.
Beaucoup voient dans cet arbre resté célèbre la preuve
définitive de lorigine endosymbiotique des mitochondries
et des chloroplastes. A la fin des années 1980 eut lieu une polémique
sur la paraphylie des archaebactéries, larbre du vivant senracinant
sur les eubactéries.
Actuellement, la discussion sur la position de la racine du vivant est
vive et brasse même des arguments en faveur dun enracinement
eucaryote. Enfin, des amplifications géniques effectuées
sur des micro-organismes non identifiés de divers milieux suggèrent
des divergences génétiques affolantes.
Le monde bactérien ne nous montrerait que la partie émergée
de son iceberg génétique : il existerait de nombreuses
espèces dont la divergence avec les espèces actuellement
connues est comparable aux divergences maximales des espèces connues
entre elles.
La phylogénie et donc la classification des eucaryotes est aujourdhui
en pleine phase de défrichage, pour ne pas dire en
déchiffrage. Les phylogénies moléculaires nous révèlent
des parentés insoupçonnées, une fois évacués
les artéfacts de reconstruction phylogénétique.
Les lignées eucaryotes dépourvues de mitochondries comme
les microsporidies ne sont plus considérées comme basales
(nayant pas encore connu lévénement dendosymbiose),
mais au contraire comme des lignées très tardives ayant
perdu secondairement leurs mitochondries.
Durant des décennies, le peu de caractères ultrastructuraux
comparables entre champignons, chlorobiontes (plantes vertes) et métazoaires
ne permettaient pas déclaircir les affinités des champignons.
Ces dernières années, plusieurs phylogénies moléculaires
indépendantes attestent une parenté champignons-métazoaires
à lexclusion des végétaux.
Nous sommes donc plus proches dun bolet que dune pâquerette.
Plus exactement, les champignons sont groupe-frère des microsporidies,
et le tout est groupe-frère dun clade composé des
choanoflagellés et des métazoaires. Les quatre groupes forment
le clade des opisthokontes.
Les chlorobiontes, quant à eux, sont groupe-frère des algues
rouges (rhodophytes).
Ciliés, dinophytes et apicomplexés (sporozoaires et hématozoaires)
forment le clade des alvéolobiontes déjà reconnus
sur la base de caractères cellulaires.
Algues brunes, diatomées, chrysophytes, xanthophytes, eustigmatophytes,
oomycètes, hyphochytridiomycètes forment le clade des straménopiles.
Straménopiles, haptophytes et cryptomonadines forment le clade
des chromistes.
Hormis ces clades, les interrelations dune bonne quinzaine de grandes
lignées eucaryotes sont encore aujourdhui si peu fiables
quil est raisonnable de considérer quelles restent
encore à découvrir, sans parler dune nécessaire
redéfinition de certaines dentre-elles comme les amibiens,
certainement proches des foraminifères. Au sein des chlorobiontes,
si les phylogénies moléculaires confirment la paraphylie
des bryophytes et des gymnospermes, une production de résultats
contradictoires rendent confuses les relations des ginkgoales, coniférales,
cycadales, gnétales et angiospermes. Au sein des angiospermes,
la monophylie des monocotylédones est confirmée mais les
dicotylédones sont paraphylétiques. Notamment, le clade
des eudicotylédones exclut des dicotylédones dites primitives
telles les pipérales, magnoliales, laurales, cératophyllales.
Au sein des métazoaires, le fait de nêtre composé
que de deux feuillets embryonnaires primitifs natteste aucune parenté.
Au sein des bilatériens, protostomiens et deutérostomiens
sont tous deux des clades. Lune des avancées majeures des
phylogénies moléculaires est davoir détecté
une division profonde au sein des protostomiens, rompant totalement avec
nos habituels acoelomates, pseudocoelomates et coelomates. Les phylogénies
récentes montrent que les modalités de formation dune
cavité coelomique sont multiples et surtout récurrentes.
Un des grands clades nouvellement montrés est celui des animaux
qui possèdent une cuticule et muent, comme les crustacés
et les insectes : cest le groupe appelé ecdysozoaires,
qui regroupe de nombreux phylums autrefois considérés comme
non apparentés et pulvérise lhypothèse classique
de la lignée annélides-arthropodes, fondée en partie
sur une métamérisation (segmentation transversale du corps)
qui se révèle certainement convergente. Au sein des arthropodes,
il semble aujourdhui que nos insectes soient des crustacés
terrestres !
En revanche, la phylogénie moléculaire des deutérostomiens,
qui regroupent notamment les échinodermes (oursins, étoiles
de mer, etc.) et les vertébrés, a plus confirmé des
résultats connus quelle nen a défié,
et à ce niveau les résultats moléculaires manquent
encore de fiabilité. Au sein des vertébrés, la phylogénie
des sarcoptérygiens basaux a fait couler beaucoup dencre,
au sujet des relations coelacanthe-dipneustes-tétrapodes. Pour
ce qui concerne les relations des tétrapodes actuels, les phylogénies
moléculaires nont amené que des polémiques
sans suite du point de vue strictement taxonomique (par exemple la polémique
autour des Haemothermia -oiseaux et mammifères- au début
des années 1980), mais fructueuses du point de vue méthodologique.
La position phylogénétique des tortues a été
beaucoup discutée ces dernières années, plusieurs
phylogénies moléculaires les montrant comme des diapsides.
Dautre part, au sein des téléostéens, lénorme
bouquet de 14 000 espèces de téléostéens à
nageoires épineuses, les acanthomorphes, au sein desquels les relations
demeuraient largement incomprises, commence à être efficacement
défriché. Des résultats spectaculaires sont en cours
de publication, corroborés par plusieurs équipes indépendantes,
plusieurs gènes indépendants, et fondés sur la prise
en compte de plus de cent taxons simultanément. Parmi les résultats
inattendus, signalons une relation étroite entre les gadiformes
(morue) et les zeioïdes (Saint-Pierre), et une autre entre les pleuronectiformes
(poissons plats) et les chinchards.
Au sein des mammifères, groupe étudié depuis des
siècles, la situation est singulière. En ce qui concerne
leurs relations inter-ordinales, plus les données saccumulent
et plus le degré de conflit entre les conclusions augmente, autrement
dit plus on séloigne dun consensus. Les relations inter-ordinales
qui semblent se confirmer conjointement par plusieurs analyses moléculaires
de diverses équipes nont que peu de rapports avec les relations
fondées sur lanatomie comparée. Elles semblent notamment
faire émerger un clade des ordres de mammifères placentaires
africains (Afrotheria). Quelques percées spectaculaires cependant
: lorigine des cétacés a fait lobjet déclaircissements
congruents du côté paléontologique comme du côté
moléculaire. Les cétacés sont des artiodactyles,
et même le groupe-frère des hippopotamidés !
La phylogénie interne de certains ordres a gagné en fiabilité,
notamment au sein des carnivores et des primates.
Quoi quil en soit, cest lensemble de la classification
du Vivant et la vision que nous avons de son histoire qui sont actuellement
modifiés dans des proportions inconnues depuis cent cinquante ans.
Par la conjonction du progrès méthodologique dune
part, et de nouveaux outils technologiques, ordinateur et techniques moléculaires
dautre part, jamais en systématique nous navons eu
limpression de comprendre autant et aussi vite depuis Darwin. Il
reste un travail important à faire en matière déducation,
dans tous les pays. Il faut savoir quà lécole
primaire, on enseigne encore à lénorme majorité
des enfants une première approche du vivant non laïcisée.
Cette approche continue à mettre lhomme au centre du monde,
critère qui ne tient aucun compte du déroulement évolutif
passé. En dautres termes, en cours de sciences on
délivre encore une classification culturelle du vivant,
au lieu de délivrer une classification scientifique. Pourtant,
les enfants saperçoivent assez vite que " invertébrés
" na pas de sens en tant que groupe négatif. Il faut
changer les choses, et la France est en avance en cette matière.

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