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Calculer des expériences
Réalisez vous-mêmes des expériences numériques



CNRS-Géomanips

Exemple de modélisation numérique de l'extension.
© E. Burov





Calculer des expériences
Réalisez vous-mêmes des expériences numériques



Exemple de modélisation numérique de l'extension

L’ordinateur permet également de faire des modèles réduits et de les voir évoluer dans les conditions que le géophysicien impose.

Le dimensionnement des modèles en matériaux tels que sables ou silicone à l’échelle du laboratoire demeure un problème (notamment pour les rhéologies ductiles et les changements de rhéologies en fonction de la température).

Or, tout matériau peut être introduit avec ses caractéristiques physiques dans un ordinateur. Il est même possible de le déformer par des calculs. C’est la modélisation numérique qui permet aussi de changer la rhéologie et la température d’un matériel à tout moment pendant le déroulement de l’expérience.

Au delà des conditions pratiques (quelques clics sur un ordinateur…après beaucoup de calculs), la modélisation numérique offre un certain nombre d'avantages par rapport aux modèles analogiques :
- Pour remplacer la raclette ou l’aspirateur qui ajoutent ou enlèvent du matériel dans un modèle analogique, le calcul est performant pour introduire les processus de sédimentation et l'érosion.
- La modélisation numérique permet de tenir compte de la gravité (il faut une centrifugeuse pour les modèles analogiques)
- La modélisation numérique permet de quantifier les déformations, bilans de masse, etc…
- La modélisation numérique permet aussi de faire des expériences à faible énergie, énergie qui ne déclencherait aucune déformation dans un modèle analogique.

De plus avec les progrès exponentiels réalisés au niveau du matériel et des logiciels informatiques, les chercheurs sont capables de réaliser des expériences de plus en plus complexes dans un temps devenu maintenant raisonnable quelques jours au lieu de mois !

Néanmoins, subsiste l’extrême difficulté de réaliser des expériences numériques en 3 dimensions en raison de temps de calcul qui deviennent démentiels. Or, comme nous l’avons vu précédemment dans Géomanips, la géologie est une science qui se lit en 3 dimensions, de simples tranches dans un modèle analogique révèlent cette troisième dimension.

Nous vous proposons différentes expériences numériques pour découvrir comment se localise la déformation dans une zone en extension.
Pour ceci nous avons utilisé le code (ou logiciel) développé par Rodolphe Cattin, chercheur à l’École Normale Supérieur de Paris.

Dans ces expériences, le chercheur a simulé l’extension pour une rhéologie semblable à celle d’une croûte continentale. Puisque changer un paramètre aussi anodin que la vitesse d’extension dans un modèle géologique modifie sensiblement l’intensité et la localisation de la déformation obtenue et par conséquent la nature des structures géologiques obtenues, nous avons fait varier 3 paramètres dans ce modèle :
- la géométrie de la faille initiale,
- la friction entre les deux compartiments séparés par la faille
- la vitesse d’extension au cours du temps.


La géométrie d’une faille initiale permet de créer ou non d’autres failles secondaires. Dans ces expériences, nous avons choisi deux types de failles initiales, une plane l’autre listrique (ou faille courbe) : plus qu’une faille plane, une faille listrique permet de générer des bandes (ou zones) de déformation qui correspondant dans la nature à des failles satellites (ou conjuguées).


La friction joue également sur la localisation de la déformation : à faible friction, la déformation se localise sur la faille, à forte friction, la déformation est moins localisée.


La vitesse de mouvement d’une faille joue essentiellement sur l’amplitude de la déformation : plus la vitesse est rapide plus la déformation sera de grande amplitude.


Dans tous les cas on part d’un compartiment homogène figuré en bleu foncé , on y introduit une faille (plane ou courbe) et l’ordinateur va tirer sur les deux compartiments pendant 100 000 ans !

Plusieurs jours de calculs au laboratoire de l’École Normale Supérieure de Paris ont été nécessaires. Les images obtenues ont été montées en films afin de faciliter l’interprétation au visiteur de Géomanips. Bien entendu, vous ne pilotez pas en temps direct les calculs correspondants aux images, les résultats ont été enregistrés.

Quand ont été mises en place toutes les équations de base, ce qui peut représenter tout un travail de thèse, la multiplication des expériences est possible. Bien évidemment, les résultats doivent toujours être confrontés à la réalité du terrain !






 



Calculer des expériences
Réalisez vous-mêmes des expériences numériques




Dans chacune des cases correspondant aux trois paramètres, choisissez une caractéristique et démarrez l’expérience, pour 100 000 ans d’extensions…


GÉOMÉTRIE FAILLE
Plane - Listrique

COEFFICIENT DE FRICTION
0.1 (faible) - 0.6 (normal)
VITESSE (CM/AN)
1 - 2





 





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