Le fond de la boîte a été tapissé par
un film lisse qui n’induira qu’une faible
friction à la base des couches de sables accumulées.
Film de l’expérience
Deux vues du prisme
expérimental
Tout débute par la propagation d’un
décollement qui prend naissance à la
base de la butée rigide. Ce décollement émerge à l’avant
de la butée et forme un chevauchement d’une
nappe de sable sur du sable situé plus en avant : c’est le début de la formation d’un
prisme d’accrétion.
De nouveaux décollements prennent naissance à l’avant
engendrant de nouveaux chevauchements. Remarquons que
les unités qui s’empilent sont beaucoup
plus longues que dans l’expérience précédente.
Chaque unité nouvellement formée s’insinue
et s’accole (on dit « s’accrète »)
sous la précédente. Ainsi le prisme s’épaissit
avec une pente finale forte
Le chercheur vous répond
Quelles sont vos principales
observations ? "Nous avons une forte friction à la
base - friction maximum. La pente du prisme est différente
(de l’expérience précédente).
La pente est beaucoup plus forte et également
les structures internes sont différentes :
le prisme se construit par sous charriage d’unités
successives à la base du prisme, l’épaississement
se fait donc par accrétion successive d’unités
les unes sous les autres, contrairement au cas précédent
(faible friction) où les unités s’accrètaient
au front du prisme."
Comment interprétez – vous
votre expérience ? Pouvez - vous en confronter
les résultat à vos observations dans
la nature ?
« Le prisme que nous avons formé ici
est caractérisé par une forte friction à la
base. Dans ce cas particulier, le film plastique à la
base du modèle était rugueux. La
structure qui se développe est caractérisée
par une pente d’équilibre très
forte, beaucoup plus forte que dans le cas précédent.
L’accrétion des sédiments se
fait également de façon différente.
Nous avons des unités beaucoup plus longues
qui viennent s’enfoncer les unes sous les
autres et l’épaississement se développe
par accrétion successive d’unités à la
faveur de ces chevauchementsà vergence (calque
manip) systématiquement vers la mer.
On peut comparer avec ce profil sismique (du prisme qui se développe à la
marge du Costa Rica), caractérisé lui aussi par une pente d’équilibre
assez forte et des chevauchements à vergence vers la mer qui limitent
des unités assez longues comme on le voit mieux ici sur l’interprétation
que j’ai proposée pour ce profil.
Ainsi grâce à ce type d’expérience qui fait varier
des paramètres très simples comme la friction à la base,
on arrive à retrouver les paramètres mécaniques importants
dans la nature pour le développement de ces structures sédimentaires."
Structure du prisme du Costa-Rica
On peut donc comparer la coupe visible sur le côté de
la boîte expérimentale au profil sismique
relevé au large du Costa Rica. Tous deux sont
caractérisés par une pente assez forte : 20° dans l’expérience, 6° au
large du Costa-Rica et des chevauchements.