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Effondrement
d’une rue à Anchorage (Alaska, USA,
1964) en réponse à un tremblement
de terre. Avant le tremblement de terre, le trottoir
qui est dans le fossé (à gauche) était
au même niveau que la route (à droite). Le
graben présente un rejet vertical et horizontal,
respectivement de 3 et 4m.
Source : Earth Science
Photographs, U.S. Geological Survey Library.
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Température de la
plaque plongeante

Sismicité en Amérique
du Sud (1973-2003)

Localisation des principales
déformations inter et intra plaques
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Une des conséquences de la subduction
est l’introduction de matériaux froids
(la
lithosphère) dans
un milieu plus chaud (l’asthénosphère).
Du fait de la mauvaise conductivité thermique
des roches, la lithosphère océanique
plongeante ne se réchauffe que très
lentement. Cette inertie thermique permet le maintien
de la rhéologie de
la lithosphère qui conserve un comportement
cassant jusqu’à plusieurs centaines
de kilomètres de profondeur. La subduction
provoque donc un déséquilibre thermique
qui a été imagé en calculant
la forme prise par les isothermes autour de la plaque
plongeante. Le réchauffement des matériaux
lithosphériques se produit par conduction
jusqu’à l’obtention d’une
température homogène.
La subduction de la lithosphère océanique
provoque de nombreux tremblements de terre superficiels
et profonds, de forte magnitude. Ils sont principalement
dus aux frottements le long de la zone intra-plaque
et aux déformations internes de la plaque
plongeante et de la plaque chevauchante.
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Isobathes de la plaque plongeant
sous l’Amérique du sud

Variation des pendages des
plans de Wadati-Benioff

Âge des fonds océaniques

Âge du fond du
Pacifique vers la fosse des Mariannes
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Pendages des plaques
Déterminer l’emplacement des zones
de ruptures permet de dessiner les plaques et donc de
repérer leur angle de plongement.
Les pendages des plans deWadati-Benioff sont très variables : ils peuvent être faibles, environ 20° comme dans le cas de la fosse
de Chili (vers le 20°S), ou très forts et même verticaux comme
dans le cas de la fosse des Mariannes (vers le 20°N).
Or, il apparaît que la croûte océanique sous le Chili est
jeune, environ 50 Ma, alors que la croûte océanique qui subduit
sous les Mariannes est beaucoup plus ancienne, environ 160 Ma. L’âge
serait-il un facteur déterminant ?
L’âge de la croûte océanique
de la plaque Philippine qui rentre en subduction n’est
pas partout le même. Au Nord, cette croûte
océanique date d’environ 140 Ma, plus
au Sud, vers les Mariannes, d’environ 160 Ma.
Or, du Nord au Sud on constate que le pendage s’accentue
progressivement pour devenir pratiquement vertical.
On a donc ici « en direct » l’exemple
de l’évolution du plan de Wadati-Benioff
au cours du temps pour une même plaque.
La force de traction de la plaque plongeante étant
fonction de sa densité, plus celle-ci est âgée
plus la force qui la tire vers le bas est grande et
plus le pendage de la plaque plongeante est fort. Ainsi,
une lithosphère jeune et légère
aura plus de difficultés à s’enfoncer
dans le manteau (avec tendance à rester « collée » à la
plaque supérieure) alors qu’une lithosphère âgée
et lourde tombera rapidement sous son propre poids,
les frottements avec la plaque supérieure étant
alors limités. L’âge de la lithosphère
océanique serait bien responsable des différences
de pendage des plans de Wadati-Benioff.
Le pendage du plan de Wadati-Benioff a tendance
aussi à s’infléchir
en profondeur. C’est le cas sous la fosse d’Izu-Bonin (plaque Philippine)
où la plaque plongeante a un pendage d’environ 50° jusqu’à 500 km, puis ce plan de Wadati-Benioff devient de plus en plus horizontal. Ceci
s’explique par l’interaction entre la plaque plongeante et le manteau,
supérieur et inférieur. Le manteau inférieur étant
plus visqueux que le manteau supérieur, la plaque plongeante est freinée
entre ces deux manteaux (on appelle cette limite la couche D’, elle se
trouve environ à 670 km).
Pourtant, comme nous allons voir par la suite, il est possible qu’une
partie de la plaque plongeante pénètre à l’intérieur
du manteau inférieur.
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Magnitudes des séismes
en fonction du pendage du plan de Benioff

Répartition des
séismes avec la profondeur

Évolution du plan de Benioff au Nord de la fosse des Mariannes.
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Magnitude des séismes et mécanismes
- On constate sur le terrain, qu’à l’aplomb
d’une
plaque de fort pendage, il n’y a pas de séismes de forte
magnitude (provoqués par des frottements internes à la
plaque), en revanche, au-dessus d’un plan de Benioff faiblement
incliné on aura déclenchements de séismes de fortes
magnitudes (provoqués par des frottements entre deux plaques).
-Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les tremblements
de terre dans la plaque plongeante ne traduisent pas seulement des compressions
(failles
inverses)
mais aussi des zones en extension (failles
normales). Les tremblements
de terre extensifs des premiers
100 à 300 km de la plaque sont la conséquence du bombement
de la plaque superficielle et du poids de la plaque qui tire cette dernière à l’intérieur
de l’asthénosphère.
Les tremblements de terre, les plus profonds, en compression, traduisent
la résistance de la plaque à s’enfoncer à l’intérieur
du manteau inférieur.
Longueur des plaques plongeantes
Quand les profondeurs des ruptures sismogéniques sont importantes,
elles indiquent une plaque très longue. Quand les foyers restent
superficiels, ils indiquent une plaque courte, comme en Amérique
Centrale.
Une question : les plaques sombrent-elles d’un seul tenant ?
Dans certains cas, la répartition des séismes n’est
pas continue. On peut localement avoir des séismes superficiels
suivant un plan bien défini, puis après une lacune sismique,
on retrouve plus en profondeur (plusieurs centaines de kilomètres)
un autre plan sismique (généralement plus incliné).
C’est le cas du Pérou, du Nord du Chili, de Java et de la
Nouvelle-Zélande.
Certains chercheurs pensent que la plaque plongeante peut se casser en
deux (slab break-off, en anglais). De ce fait, la partie la plus jeune
de la plaque remonterait légèrement (rebond) et la partie
la plus vieille descendrait par son propre poids dans l’asthénosphère.
La partie la plus ancienne de la plaque continuerait à se déformer
et à subir des ruptures à grande profondeur.
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Exemples d’images
tomographiques
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À la différence des méthodes
précédentes basées sur la localisation
des hypocentres des séismes dans une zone de
subduction, la tomographie sismique, méthode
spectaculaire, fournit des images en trois dimensions
de la lithosphère et du manteau supérieur, à partir
de l’étude des vitesses des différentes
ondes émises. Contrairement aux travaux de Wadati-Benioff
et de leurs successeurs, les séismes utilisés
par les chercheurs n’ont pas seulement pour origine
la plaque plongeante étudiée. Tout tremblement
de terre faisant vibrer la Terre peut être utilisé.
L’idée centrale pour interpréter
les données tomographiques est qu’une
variation des vitesses sismiques, par rapport à un
modèle de référence, se traduit
comme la traversée par les ondes d’un
milieu plus ou moins dense donc plus ou moins chaud
que celui présumé.
L’utilisation de cette méthode dans les
zones de subduction permet de mettre en évidence
des panneaux plongeants plus froids atteignant
quelquefois le manteau inférieur. Ceci est considéré comme
la continuité des subductions observées
en surface.
L’imagerie géophysique permet ainsi d’imager
de façon très spectaculaire la subduction
de la lithosphère à l’échelle
globale.
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Méthodes d’analyse
tomographique

Changements de phase

Coupe tomographique au niveau de l'arc des Tongas
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Principe de la tomographie
Les propriétés des ondes sismiques, principalement
leurs vitesses, sont liées à certaines caractéristiques
physiques des roches, comme la masse volumique et les constantes élastiques.
En reliant ces variations de densité et d’élasticité à des
changements de température ou de composition du milieu traversé,
la sismologie apparaît comme un outil de choix pour dévoiler
la structure du globe en profondeur, et donner des clefs pour la compréhension
de sa dynamique.
Cette nouvelle technique de visualisation des profondeurs de la Terre
a mis en évidence des régions chaudes et froides - ou plutôt
moins chaudes- dans le manteau. Celles-ci correspondent vraisemblablement à des
courants convectifs ascendants et descendants, qui sont cartographiés
fidèlement par les géophysiciens (voir le thème
convection).
Que dit la tomographie sur la longueur des plaques
subduites ?
Dans le paragraphe précédent, il
a été émis l’hypothèse
qu’au-delà de 670 km de profondeur, la
plaque ne se comporterait pas de manière cassante
mais de manière ductile (en raison de l’absence
de séismes nés au-delà de 670 km)
Un autre argument suggère que la plaque ne plonge pas sous cette
limite de 670 km : l’existence éventuelle de deux niveaux
de convection dans
le manteau, une grande cellule entre le noyau et la limite 670 km et
une plus petite de 670 km à la
base de la lithosphère, avec peu ou pas d’échange
de matériaux entre les deux niveaux.
Le manteau inférieur, plus dense que la plaque, s’opposerait à la
pénétration de la plaque plongeante. Vers la limite de
670 km, la plaque se mélangerait au manteau supérieur par
le biais de cellules de convection.
Certaines images des données tomographiques montrent des zones
froides
correspondant aux zones de subduction et descendant jusqu’à la limite
noyau-manteau, ce qui indiquerait que la plaque plongeante atteint l’interface
noyau-manteau et que, peut-être, un seul système de convection animerait
le manteau.
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