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Le volcan Krakatau
qui se situe dans le détroit de Sunda entre
les îles de Java et Sumatra. Le Krakatau
est le résultat de la subduction de la plaque
Indo-Australienne sous la plaque Eurasie. En 416,
l’effondrement du volcan a formé
un grand cratère (une caldera) large de
7 km. Les îles de Krakatau,
Verlaten et Lang sont les restes de ce volcan.
L'éruption et l'effondrement de la caldera
en 1883 ont produit une des plus importantes éruptions
jamais enregistrées sur la Terre et ont
détruit une grande partie du volcan Krakatau
laissant uniquement quelques résidus.
© Photos Landsat Pathfinder
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Les volcans dans le monde
Ceinture de feu interactive
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Un volcanisme spectaculaire, dangereux et
meurtrier, généralement dit « explosif » jalonne
les zones de subduction témoignant d’une
activité souterraine considérable.
On recense actuellement dans le monde 500 volcans
actifs, 90 % se situant autour du Pacifique (ceinture
de feu du Pacifique). On trouve également
des volcans liés à la subduction aux
Antilles, en Italie, en Amérique du Sud et
dans les îles Aléoutiennes.
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Le volcanisme au-dessus de
la plaque plongeante
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Convergences océan-océan
Quand il y a convergence entre deux plaques océaniques (subduction de
type Mariannes), il y a formation de chapelets d’îles volcaniques
qui s'élèvent au-dessus de la surface des océans pour constituer
un arc insulaire. Les arcs insulaires s’installent sur la plaque chevauchante.
Les principaux arcs insulaires se situent dans les Caraïbes (Petites Antilles),
l’Atlantique Sud (Sandwich du Sud) et le Pacifique Ouest.
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Les volcans dans les Andes

Comment
générer un magma en contexte de subduction
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Convergence océan-continent
Lorsqu'il y a convergence entre une plaque océanique et une plaque
continentale, il se forme un arc volcanique continental (les Andes, la Chaîne
des Cascades ou Cascades Range dans l'Ouest du continent nord américain).
Dans ce cas, les volcans se trouvent sur la marge de la plaque continentale et
forment un arc continental.
Les volcans des zones de subductions sont généralement
situés au-dessus de la plaque plongeante là où celle-ci
atteint une profondeur de 120 à 160 km.
La localisation de cette ceinture de volcans par rapport à la fosse
de subduction est donc directement liée au pendage de la plaque plongeante.
- Pour une plaque présentant un pendage fort, où sera la chaîne
volcanique ? …
à proximité de la fosse (c’est le cas des Mariannes ou l’arc
volcanique se situe à une centaine de kilomètres de la fosse),
- Pour une plaque avec un pendage faible, où sera la chaîne de
volcans ?… nettement plus loin de la fosse (c’est le cas du Chili
où la chaîne volcanique se situe entre 600 et 800 km).
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La formation de magmas sous les zones de subduction
est souvent très complexe. Entrent en jeu, la
fusion de la plaque plongeante, (basaltes et sédiments),
la fusion du manteau supérieur situé au-dessus
de la plaque plongeante (coin mantellique). Si on ajoute
la différenciation du magma lors de sa remontée,
sa rencontre avec une plaque continentale, on réalise
combien les magmas et donc les roches que l’on
retrouvera en surface peuvent être différents.
Cette grande variété de magmas (des basaltes
aux andésites) signe l’évolution
des zones de subduction : chaque roche naît
donc en raison de la fusion dans des contextes géodynamiques
différents d’ensembles lithologiques différents
et tout cela dans les durées géologiques.
L’observation des roches sera nécessaire à la
reconstitution de subductions passées.
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Comment fabriquer un magma
en contexte océan-océan
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Les ingrédients entrant en fusion
Entrent en subduction
des lithosphères océaniques,
plus ou moins anciennes donc plus ou moins froides
et donc plus ou moins hydratées et surmontées
de plus ou moins de sédiments !…
Des coins mantelliques à histoire variée
sont pénétrés par ces plaques
plongeantes diverses.
Des pressions et des températures croissantes
sont au rendez-vous.
Et l’un des rôles vedettes est tenu par … l’eau ! car c’est bien elle qui va permettre la fusion
des roches.
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Fusion grâce à l’eau

Déshydratation de
la croûte (selon Ringwood)
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| L’eau qui fait fondre les roches
(Fondre n’est pas dissoudre, bien sûr !…)
On a longtemps pensé que le magmatisme était la conséquence
de la friction entre les deux plaques, mais les calculs sur des modèles
(numériques) ont démontré que c’est peu probable : il y a en fait trop de fluides et des sédiments gorgés
d’eau qui agissent comme un lubrifiant pour que ceci soit possible.
Depuis ces dernières vingt années, géologues, géophysiciens
et géochimistes ont discuté sur les conditions physico-chimiques
qui permettent la fusion des roches en zone de subduction. Alors qu’il
est très facile de l’expliquer dans les zones de rifting
(remontée d’un manteau chaud), il est plus difficile d’expliquer
pourquoi il existe beaucoup de magma lorsqu’une plaque froide est
enfouie dans un manteau dans les zones de subduction.
C’est seulement en 1974 quand Ringwood suggère que les laves
d’arcs volcaniques seraient liées à la déshydratation
de la croûte océanique hydratée, qui se transforme
en une roche déshydratée (éclogite) à des
profondeurs de 100 km. La déshydratation de la croûte
(et de ses sédiments) entraînant une remontée de
fluides dans un coin mantellique facilite la fusion du manteau. Ce magma
peut donc remonter lentement et provoquer des éruptions volcaniques.
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Âge et thermicité
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Le rôle du temps…
Plus la plaque océanique est vieille et froide,
(actuellement les plus vieilles en surface sont d’âge
jurassique), plus elle aura de difficulté à fondre…
Avec des taux de subduction de 10 cm/an (vitesse au
niveau du Pacifique), il est possible de subducter
100 km de croûte océanique par Ma. Comme
l’eau du verre est refroidie par les glaçons,
le manteau est refroidi. Des calculs montrent qu’après
environ 6 ma de subduction océanique, les températures
du manteau supérieur ( coin mantellique) seront
en dessous des 950° nécessaires à la
fusion de la plaque !
Oui mais… si il y a convection dans le coin mantellique,
les températures peuvent rester au-dessus de
950°C permettant des fusions.
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Le devenir des sédiments
Prisme d’accrétion |  |
Le plancher des océans est recouvert
par une épaisseur de sédiments
allant jusqu’à 1 km résultat
d’une accumulation très lente de
particules biogéniques calcaires et siliceuses
scellées par des argiles très fines
qui ont été transportées
en suspension au milieu des océans ; leur épaisseur
est fonction de l’âge du fond océanique. À proximité des
continents, et au large, redistribués
par des forts courants au fond de la mer, il
existe des accumulations bien plus importantes,
de sédiments détritiques. Ces sédiments
finiront dans une zone de subduction.
Plusieurs destins sont possibles :
- Ils peuvent s’accumuler en prisme
d’accrétion
(par exemple au Sud du Chili).
- Ils peuvent être entraînés
dans la zone de subduction . Une partie va alors, grâce à son
eau, favoriser la fusion et participer aux matériaux qui constitueront
des magmas. Il semble que les sédiments
puissent également accompagner très longtemps la plaque plongeante.
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Sédiments subduits
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Un exemple : dans une zone d’arc insulaire,
comme les Mariannes (convergence océan-océan)
il n’y a pas d’apport sédimentaire
provenant du continent et l’arc n’émet
qu’une faible quantité de cendres volcaniques
(les éruptions de basaltes ne sont pas violentes).
Une boue « abyssale » arrive dans la zone
de subduction, portée par la plaque plongeante
(parfois d’une épaisseur de 500m).
Depuis les 40 Ma d’existence de ce système d’arc,
les 40 km3 de sédiments par km de longueur de l’arc ne sont
pas retrouvés en surface : ils ont dû être subduits,
mais comment ?
Lorsque la plaque plongeante se plie pour devenir pratiquement verticale,
sa flexure crée des horsts et des grabens. Les sédiments
sont enlevés des horsts et transportés dans les grabens
et donc piégés dans la plaque lithosphérique (pour
cette raison certains chercheurs y ont vu un contexte idéal pour
se débarrasser des déchets nucléaires…). Ainsi,
la croûte océanique se comporte t-elle comme une gigantesque
râpe.
Par ailleurs, la géochimie des roches volcaniques
montre que le magma des arcs volcaniques est peu contaminé par
les sédiments, ce qui indiquerait que les sédiments
peuvent être recyclés profondément à l’intérieur
du manteau, accompagnant longtemps le destin de la
plaque plongeante.

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Flux de chaleur sur la
terre

Pour se repérer dans une zone de
subduction
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Les mesures de flux thermiques complètent le
panorama que l’on peut avoir sur le terrain en
zone de subduction. Au niveau des fosses de subduction,
le flux de chaleur est faible (50 mW.m-2), peu différent
de celui des continents.
Au front volcanique, l’on mesure plus de 100 mW.m-2. Ce fort flux
de chaleur correspond à la source magmatique proche de la surface
qui alimente les arcs volcaniques.
Sous le bassin arrière-arc, quand il existe, le flux de chaleur élevé est
relatif à la diminution d’épaisseur de la lithosphère
et à la présence éventuelle d’une dorsale
océanique.
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Bassins arrière-arcs dans l’ouest
pacifique
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La complexe zone d’arrière-arc fournit
de nouveaux indices sur le terrain du plongement d’une
plaque.
La subduction provoque parfois une déformation extensive dans
la plaque supérieure , faisant naître des bassins arrière-arcs,
dits encore bassins marginaux. Ils se localisent au-dessus du plan de
Wadati-Benioff et correspondent à une accrétion océanique
similaire à ce qui se passe au niveau des grandes dorsales océaniques.
Ces bassins représentent 10% de la surface de la lithosphère
océanique, on les trouve sur toute la surface de la Terre et ils
sont très nombreux dans l’Ouest Pacifique.
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Formation d’un bassin marginal en domaine océanique

Évolution de la
mer du Japon
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La cause de la formation des bassins d'arrière-arcs
est complexe, on envisage aujourd’hui deux modes
de formation:
- Initiation lorsqu'un arc insulaire, zone
de faiblesse au-dessus de la subduction d’une
lithosphère
océanique sous un continent, se fend longitudinalement.
Les deux parties de l'arc ainsi constituées
peuvent ensuite s'éloigner l'une de l'autre
de quelques centaines de kilomètres. Il
apparaît
dans l'espace intermédiaire ainsi formé,
de lithosphère amincie, un mini-bassin océanique
où se créent des petites dorsales
d'accrétion.
La moitié de l'arc, généralement
la plus proche d'un continent, située à l'opposé de
la fosse de subduction devient "volcaniquement" inactive,
et constitue un arc rémanent qui s'enfonce
progressivement sous l'eau. L'autre moitié,
faisant face à la
subduction, reste le siège du volcanisme.
Ce type d’ouverture arrière-arc semble être
le plus fréquent. Il correspond au cas de
la mer du Japon par exemple, puisque de nombreux
arguments
géologiques permettent de montrer que l’arc
japonais était soudé au continent
chinois avant l’ouverture du bassin océanique.
- Initiation d’une subduction intra-océanique
qui piège une partie de lithosphère
océanique. Le plus souvent, il n’y
a pas de dorsale dans le bassin qui est hérité de
l’ancien
océan et l’arc volcanique se développe
sur une croûte initialement océanique.
Ce cas serait applicable au Bassin des Aléoutiennes
situé en arrière de l’arc volcanique
des îles Aléoutiennes au Sud de l’Alaska.
Notons que les bassins arrière-arc existent
hors du contexte Pacifique : le Bassin Caraïbe
par exemple et certains bassins méditerranéens
(le bassin Tyrrhénien et le Bassin Egéen).
Leurs origines sont actuellement discutées.
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