Complémentarité analogique/numérique
C'est là que les simulations numériques prennent toute leur importance : transitions de phase, influence de la pression sur les propriétés physiques, géométrie sphérique sont accessibles aux modélisations sur ordinateur.
Ainsi, au cours des trente dernières années, une succession d'études numériques, d'abord en deux dimensions puis en cylindrique ( dès 1989, P. Machetel, Directeur de Recherche au CNRS) et enfin en trois dimensions (P. Tackley & al. 1993), ont systématiquement exploré l'influence des transitions de phase sur la convection dans le manteau, démontrant leur possible effet de filtre sur les mouvements convectifs verticaux.
Dans le cas de la convection thermochimique, Cinzia Farnetani, Maître de Conférences à l'Université Paris 7, chercheur à l'Institut de Physique du Globe de Paris, a étudié avec des simulations 3D l'influence de la transition de phase dans des conditions similaires au manteau terrestre : dans le régime de dôme, la transition de phase à 670km de profondeur retarde la montée du dôme, fonctionnant donc comme un filtre. Le dôme peut stagner un temps sous la zone de transition et générer entre-temps un panache secondaire, avant de percer dans le manteau supérieur.
D'autres expériences numériques explorent les déformations des panaches et les mélanges dans le manteau. Les modèles des panaches de Hawaï et d'Islande montrent que c'est la matière de la base du manteau qui est entraînée et donc que les hétérogénéités de composition des laves sont dues à la présence d'anciens matériaux subductés et non à des entraînements du manteau pendant l'ascension du panache.
Une telle étude en 3D est extrêmement coûteuse en temps de calcul, en raison des forts gradients de densité et de viscosité. Il ne serait donc actuellement pas possible de faire une étude exhaustive.
On voit alors l'intérêt de coupler théorie, simulations numériques et expériences analogiques. Ces dernières se font en 3D quels que soient les gradients de viscosité et de densité. Dans ce cas précis, elles sont donc le bon outil pour cartographier les différents régimes en l'absence de transition de phase. On peut ensuite comparer les deux approches sur quelques cas tests. Par exemple, on étudie un régime de dômes sans transition de phase, puis la flexibilité du code numérique est utilisée pour comprendre l'influence de la transition de phase sur ce régime de dômes.
En conclusion, les grandes questions encore en suspens :
Comme il est dit en conclusion de l'expérience à deux couches, une vision de convection mantellique hybride commence à se dégager, avec des courants descendants froids et extrêmement visqueux (les plaques) et une grande variété d'instabilités chaudes résultant de la convection dans un manteau hétérogène.
Nous avons interrogé Anne Davaille :
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